Une amitié qui dure entre Pierre-Luc Laforest et Justin Morneau

L'instructeur des frappeurs des Capitales, Pierre-Luc Laforest, et... (Le Soleil, Carl Tardif)

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L'instructeur des frappeurs des Capitales, Pierre-Luc Laforest, et le joueur de premier-but des Twins du Minnesota, Justin Morneau, entretiennent une belle amitié qui remonte à 2003.

Le Soleil, Carl Tardif

<p>Carl Tardif</p>

Carl Tardif
Le Soleil

(Winnipeg) Pierre-Luc Laforest était excité à l'idée de quitter Winnipeg pour se rendre à Saint Paul. Non, l'instructeur des frappeurs des Capitales n'avait rien contre la ville des Goldeyes, des Jets et des Bombers, c'est qu'il prévoit avoir beaucoup de plaisir au Minnesota, où il retrouvera l'un de ses meilleurs amis, soit le premier-but des Twins du Minnesota, Justin Morneau.

Les Twins disputent une série de trois matchs contre Cleveland dans la ville cousine de Minneapolis, située tout juste en face de Saint Paul. «Il m'a dit que je ne retournerais pas coucher à l'hôtel, vendredi, parce qu'une fois qu'on aura mis les pieds dans son cellier, on n'en sortirait pas», blaguait Laforest, lui-même un grand connaisseur de vin.

L'amitié entre les deux joueurs de baseball canadien remonte au début des années 2000, lorsqu'il jouait l'un contre l'autre dans la Ligue d'automne de l'Arizona. À l'époque, ils occupaient aussi la même position de receveur.

«En 2003, au Panama, on a joué pour le Canada au tournoi de qualification pour les Jeux olympiques et c'est à ce moment que nous sommes devenus de bons chums. Il n'y a pas une journée où l'on ne faisait pas quelque chose ensemble. II a ensuite déménagé près de chez moi, on était quasiment des voisins», rappelait Laforest, qui a même été hébergé chez Morneau pendant la construction de sa maison.

Pas la même direction

Pendant ces deux saisons, Laforest et Morneau jouaient au niveau AAA, le premier à Durham et le second à Rochester. Malgré le fait que leur carrière n'ait pas pris la même direction, la gloire et l'argent de l'un ne l'a pas éloigné de l'autre.

«Je n'oublierai jamais la journée où il a signé son contrat. On faisait du covoiturage et au début de la semaine, il disait avoir reçu une offre de 69; le lendemain c'était rendu à 72; puis à 74. Et un bon matin, il me regarde et me lance : "Putain, je suis riche!!!" Il venait de signer un contrat de 80 millions $ [pour une durée de 13 ans]. Mais après toutes ces années, ça ne paraît même pas qu'il est multimillionnaire... à moins de voir ses 17 chars», lance-t-il en riant.

Laforest souligne que Morneau a gardé ses valeurs en dépit de sa fortune. Mieux encore, il est toujours loyal à ses amis et à ses origines. Lorsqu'une équipe canadienne se pointe en Arizona pendant la saison morte, il en prend soin, l'invite à la maison, organise un souper de groupe.

«Justin, c'est le coéquipier idéal, il est rassembleur. Je le considère comme étant une perle rare. Encore aujourd'hui, on se parle une fois par mois, on s'envoie des textos.»

Un noël mémorable

Laforest a encore souvenir de l'invitation de dernière minute à un party d'Halloween, où Morneau lui avait réservé un billet d'avion. Ou encore, cette fête de Noël à la résidence du joueur des Twins, en Arizona.

«Quand je suis entré, j'ai croisé Steve Nash [le joueur de basketball] et on a jasé pendant quelques minutes. Et après avoir marché un bon mille et demi pour me rendre au salon, qui était là? Wayne Gretzky. J'ai pris une photo de ma blonde avec Justin, Gretzky et Nash, trois joueurs par excellence canadiens dans trois sports professionnels. On avait tellement eu de fun, Gretzky avait même changé le message téléphonique de Justin en disant: "Bonjour, ici Wayne, le secrétaire personnel de M. Morneau..." À tout moment, Justin invite des joueurs de hockey chez lui, il connaît tout le monde.»

Morneau, une superstar anonyme

La carrière de Justin Morneau ne tient qu'à un fil, lui qui multiplie les commotions cérébrales depuis trop longtemps. «Je pense qu'il est rendu à huit ou neuf, c'est rendu dangereux. Il a recommencé à jouer, mais ça ne prendrait qu'un petit contact sur la tête pour qu'il retombe», raconte son ami Pierre-Luc Laforest avec une pointe de déception dans la voix.

À son sommet, Morneau était l'un des meilleurs frappeurs du baseball. Entre 2006 et 2009, il a frappé 118 circuits et produit 470 points, remportant le titre de joueur par excellence de la saison 2006 de la Ligue américaine avec une moyenne de ,321, 34 circuits et 130 points produits. «S'il avait joué dans une ville majeure comme New York, Boston, Atlanta, il aurait été une superstar. Dans mon esprit et dans mon coeur, il est une grande vedette, mais surtout un gars simple et généreux. Encore aujourd'hui, il s'implique avec Baseball Canada», a souligné l'instructeur des lanceurs des Capitales.

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