Depuis le premier jour où il a vu St-Pierre, l'instructeur des lanceurs T.J. Stanton a remarqué «une tonne de différences» avec ce qu'il observe, ces temps-ci. «Il a énormément amélioré la qualité de ses lancers, sa vélocité, son contrôle d'un tir à effet. Il me semble beaucoup plus à l'aise sur un monticule», notait le releveur d'expérience.
L'ex-receveur converti en releveur accompagne l'équipe à l'extérieur, même si son nom n'est pas dans l'alignement de 22 joueurs en ce début de saison. Les Capitales ont plutôt décidé de lui donner le temps d'apprivoiser son nouveau métier. Si sa progression continue ainsi, il pourrait être «activé» lors du séjour à Rockland, les trois premiers jours du mois de juin.
«Le plus difficile, pour quelqu'un n'ayant jamais fait cela, c'est de savoir maîtriser l'inclinaison du monticule. Quiconque n'y parvient pas peut se défaire le bras. Ce n'est pas la même chose de lancer sur une butte que de le faire sur une surface plate. Max a appris à se servir de ses jambes, de son corps, et non pas seulement de son bras. Il est réceptif à ce qu'on lui dit, mais personne ne tente de l'influencer. Il regarde les autres lanceurs, il s'informe, les gars le conseillent et il développe son propre style. Sa rapide est explosive et précise, mais il commence à contrôler une cassante, à ne pas la téléguider», précisait Stanton.
Seul face à l'adversaire
Selon lui, personne ne peut venir en aide à un lanceur qui se retrouve au centre du losange, seul face à l'adversaire. «Le monticule, c'est une île, on peut facilement s'y noyer. D'où l'importance de savoir comment y survivre», illustrait-il.
Le principal intéressé voit lui aussi un changement entre l'artilleur qu'il devient et le receveur qui voulait lancer. Il apprécie la sagesse des entraîneurs de l'équipe, «qui n'ont pas voulu me pitcher là-dedans», souligne le joueur de 32 ans.
Multiples tâches
«Quand j'étais receveur, je voyais le lanceur d'une façon, mais c'est fou tout ce qu'il y a à faire. Un lanceur ne fait pas que lancer, il doit aussi retenir des coureurs sur les sentiers, lancer en position arrêtée, couvrir les buts selon l'endroit où la balle est frappée. Il se passe tellement de choses, il faut savoir quoi faire. Lancer vers le marbre, ce n'est pas la même chose que de le faire vers le deuxième but à partir du marbre», indiquait le vétéran de 15 saisons dans les ligues mineures, mais qui détient le statut de recrue dans la ligue Can-Am parce qu'il a changé de position.
Jusqu'à ce qu'il soit inséré à la formation, St-Pierre développera son deuxième lancer et sa confiance «pour survivre au monticule». Il prend son rôle au sérieux, par respect pour ses coéquipiers, qu'il adore déjà. «Je ne veux pas nuire à l'équipe, surtout que je prends la place à quelqu'un. J'ai déjà frappé des rapides à 100 milles à l'heure, mais ces lanceurs ne faisaient que tirer. Moi, je veux aussi lancer avec ma tête», notait celui qui veut atteindre un niveau où le gérant pourrait lui faire confiance dans n'importe quelle situation.
NOTES : Les Capitales ont quitté Worcester pour Newark, hier midi, sous la pluie... Le gérant prévoyait assister au match des Mets de New York, en soirée... Bryan Rembisz sera le partant, aujourd'hui, contre les Bears...