De réfugié à garde des Nuggets

Emmanuel Mudiay a fui le Congo avec sa... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Emmanuel Mudiay a fui le Congo avec sa mère quand il avait cinq ans. Il joue maintenant dans la NBA. Le message qu'il avait à livrer aux jeunes du Patro Laval est simple : il faut croire en ses rêves.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Réfugié aux États-Unis pour fuir la guerre au Congo, il joue maintenant dans la NBA. Alors quand Emmanuel Mudiay vous dit de «rêver gros», faut le croire!

«Que vous vouliez devenir médecin, joueur de la NBA ou infirmière, ne diminuez jamais vos rêves», a lancé le garde des Nuggets de Denver aux jeunes du Patro Laval, lundi après-midi, dans le quartier Saint-Sauveur de Québec. On inaugurait un gymnase entièrement rénové pour plus de 40 000 $ grâce au programme conjoint de NBA Canada et BMO.

Si le Patro Laval voit son gymnase de rêve prendre vie après six mois de démarches, Mudiay, lui, a mis près de 13 ans pour réaliser le sien. «Je joue au basketball depuis que j'ai six ans, alors c'est tout ce que je connais!» explique le sympathique athlète de 21 ans, dans un mélange de français hérité de son Congo natal et d'anglais d'une vie passée aux États-Unis.

«À leur âge [les jeunes du Patro Laval], je répétais à ma mère : "Un jour, je vais jouer dans la NBA". Plusieurs personnes m'ont dit que ça n'arriverait jamais, alors vous ne me verrez jamais dire à un jeune de laisser tomber son rêve», sourit-il.

Quand il parle de devenir pro du basket ou infirmière, ce n'est pas par hasard. Therese Kabeya, qui accompagne fiston à Québec, a fait sa technique infirmière au Cégep du Vieux-Montréal dans les années 80, avant de rentrer au Congo et de se marier. Mais Jean-Paul Mudiay est mort d'une crise cardiaque, la laissant avec trois jeunes garçons et bientôt la guerre civile à affronter à Kinshasa. Le quatuor est débarqué à Dallas en 2001. C'est encore dans la troisième ville du Texas qu'Emmanuel habite dans l'entre-saison, auprès de sa mère.

«Les jeunes qui ont peu de choses sont souvent oubliés, mais c'est eux que je veux aider. J'ai grandi comme ça! Un gymnase comme celui-ci les garde loin des problèmes. Au lieu d'être dans la rue à faire ce qu'ils ne devraient pas, ce projet leur donne un endroit pour se rassembler autour du sport», croit-il avec force.

Retour au Congo

En juillet, le gaillard de 6' 5'' et 200 lb est retourné où il est né. Sa première visite au Congo depuis l'âge de cinq ans, il en a maintenant 21. Voir ses compatriotes vivre dans un tel dépouillement l'a bouleversé.

«J'en ai parlé avec ma mère, en revenant. Si elle n'avait pas décidé de quitter, je serais à leur place, aujourd'hui. Je bénis Dieu chaque jour d'avoir eu cette chance. Je suis Américain et tout ce que je connais est aux États-Unis, mais je n'oublie jamais d'où je viens», insiste celui qui envisage de retourner en République démocratique du Congo dans un contexte d'aide impliquant le basket. C'était déjà le cas cette fois-ci aux côtés du pivot du Magic d'Orlando, Bismack Biyombo, lui aussi Congolais d'origine.

Le retour à Denver se fera dans les prochaines semaines. Le poste de meneur de jeu partant que Mudiay occupait à sa première saison et demie ne lui est plus assuré. Le premier choix des Nuggets en 2015 l'a perdu en cours de campagne, l'hiver dernier. Denver n'a pas participé aux séries depuis quatre ans et l'entraîneur Michael Malone continue de brasser les cartes.

«Ma blessure au dos est guérie, je suis à 100 %. J'ai confiance en mes moyens et je crois que le garde de pointe partant, ça devrait être moi. Je ne suis pas inquiet pour la suite», conclut l'un des leaders d'«une équipe très jeune qui gagne en maturité».

Le gym se refait une beauté

Institution communautaire créée en 1910, le Patro Laval dessert surtout Saint-Sauveur et Saint-Roch, deux quartiers centraux défavorisés et multiethniques de la basse ville de Québec. Dans tout le Canada, sept communautés ont profité cette année du programme de la NBA pour retaper leurs installations de basketball. Le Patro Laval a mis la main sur un chèque de 31 000 $ et quelque 12 000 $ en équipements, paniers, ballons et gilets. À part quelques retouches pour le centenaire de 2010, le grand gymnase de l'immeuble de la rue Bigaouette n'avait sans doute pas été touché depuis près de 50 ans. On est d'abord ébloui par le blanc des murs, avant de remarquer les conduits d'aération tout rouges et la ligne bleue qui fait le tour. Panneaux et paniers sont flambant neufs, alors que le plancher a été bien nettoyé. Une série de cours NBA Junior s'y installera entre autres cet automne, avec tout le matériel adapté aux petits de quatre à sept ans.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer