Endeuillé, le sport espagnol poursuit ses activités

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Un ruban noir a été installé sur un kiosque d'articles du FC Barcelone en guise de commémoration le lendemain des attentats en Catalogne.

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Agence France-Presse
Madrid

Endeuillé par les attentats en Catalogne, le sport espagnol tente dans la douleur de garder le cap. Mais les questions de sécurité affleurent alors que débutent cette fin de semaine deux événements sportifs planétaires : le Championnat d'Espagne de soccer et le Tour d'Espagne cycliste.

Lancée à Nîmes, en France, samedi et dimanche, la Vuelta fera son entrée en Espagne mardi, alors que l'arrivée de la quatrième étape sera jugée à Tarragone, tout proche de Barcelone et Cambrils, les deux villes visées par les attentats. La veille, les cyclistes auront bouclé la troisième étape en Andorre, principauté enclavée entre France et Espagne, où des «mesures extraordinaires» ont été adoptées.

Vendredi, une minute de silence a précédé la présentation officielle des équipes du Tour d'Espagne. Devant un grand écran affichant un ruban noir, les leaders des formations l'ont respectée la mine grave, les quatre coureurs catalans du peloton devant eux.

Vivre normalement

La Vuelta, comme la plupart des courses cyclistes, est une épreuve par nature éminemment complexe à sécuriser avec des millions de spectateurs sur le bord des routes et d'importantes concentrations de public dans les villes-étapes. Mais le peloton refuse de céder à la psychose.

«Je crois qu'il ne faut pas y penser, cela n'apporte rien», a expliqué l'Espagnol Alberto Contador, triple vainqueur de la Vuelta. «Le mieux pour rendre hommage aux victimes, c'est de continuer à vivre notre vie normalement.»

Le Français Romain Bardet, troisième du récent Tour de France, juge les courses cyclistes «très vulnérables face à ce genre d'événement», mais dit croire que les autorités «font le maximum» pour garantir la sécurité. «Je suis content que la Vuelta ait lieu et permette aussi de montrer qu'à travers le sport, on peut donner des émotions positives. Ce serait une bonne chose qu'on parle de l'Espagne et que cela puisse apaiser un peu le deuil.» 

Solidarité entre rivaux

Au soccer, on a remisé vendredi les habituelles rivalités et polémiques au profit de marques de soutien en hommage aux victimes des attaques pour le coup d'envoi, en soirée, de la 87e saison de la Liga.  En matinée, les joueurs du FC Barcelone ont respecté une minute de silence à l'entraînement. Dans une communion rare, le Real, grand rival du club catalan, a fait de même.

Indépendamment de la couleur de leur maillot, la plupart des joueurs ont fait part ces dernières heures de leur émotion et de leur solidarité. «Nous n'allons pas céder», a écrit sur son compte Facebook l'Argentin Lionel Messi, attaquant vedette du Barça. «Nous sommes les plus nombreux et nous voulons vivre dans un monde en paix, sans haine, où le respect et la tolérance sont les bases de la coexistence.»

Des propos qui font écho à ceux du capitaine du Real, Sergio Ramos, qui a lancé sur Twitter : «Non au terrorisme, non à la dictature de la peur.» Et chacun de laisser un message de soutien sur les réseaux sociaux, de Raphaël Varane à Samuel Umtiti, de Cristiano Ronaldo à Luis Suarez.

Le mythique FC Barcelone, qui recevra dimanche le Betis Séville avec des brassards noirs et des maillots commémoratifs comportant le mot «Barcelona» dans le dos, a mis en berne les drapeaux flottant au-dessus du Camp Nou, considéré comme le plus grand stade d'Europe avec ses 99 354 places. 

«Les joueurs sont des êtres humains», a résumé Josep Vives, porte-parole de la direction du Barça, au micro de la radio Cadena Cope. «Ils se savent aussi vulnérables que ces gens qui se promenaient au soleil dans une rue de Barcelone.»

Partout en Espagne et en Catalogne, un même recueillement. Toute la fin de semaine, les matchs de première et deuxième divisions seront précédés d'une minute de silence.

***

La douleur plutôt que les compétitions

«Aujourd'hui, nous ne pouvons pas parler de sport». La presse sportive espagnole s'est refusée vendredi à évoquer ses habituels sujets de prédilection, endeuillée comme toute l'Espagne par les attentats ayant frappé Barcelone et la Catalogne. Pas de photo du Real Madrid en première page du quotidien sportif madrilène Marca, le plus lu du pays, mais une page blanche avec, au centre, des reproductions des unes de plusieurs journaux européens dédiées aux attaques. Le logo est accompagné d'un ruban noir, tout comme celui des journaux barcelonais Sport et Mundo Deportivo

«Douleur» titre le quotidien madrilène As, dont le logo, habituellement rouge, est en noir. «En un jour comme celui-ci, c'est très difficile de confectionner un journal sportif. Pire, c'est presque absurde», écrit le directeur Alfredo Relaño. L'autre grand quotidien sportif barcelonais de langue espagnole, Sport, ose un titre en catalan  : Tots units fem força  (Tous ensemble nous sommes forts). Une phrase tirée de l'hymne du FC Barcelone. En pages intérieures, ces journaux restent malgré tout concentrés sur l'actualité sportive, mais Marca, comme Mundo Deportivo, consacre plusieurs pages aux attentats, très loin de leurs habituels centres d'intérêt.




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