La Formule E, aux antipodes de la F1

Le Suisse Sebastian Buemi, meneur au classement des... (La Presse canadienne, Ryan Remiorz)

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Le Suisse Sebastian Buemi, meneur au classement des pilotes, a effectué quelques tours sur le circuit urbain du ePrix de Montréal, piste qui passe tout près de l'église Saint-Pierre-Apôtre.

La Presse canadienne, Ryan Remiorz

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Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne
Montréal

L'amateur de course qui assistera à l'ePrix de Montréal ce week-end ne doit pas confondre Formule 1 et Formule électrique (FE), car les deux disciplines sont différentes à bien des niveaux.

Circuit urbain

D'abord, la course se déroulera sur un circuit urbain de 2,75 km ponctué de 14 virages qui emprunte les rues du centre-ville, en passant devant la maison de Radio-Canada, et non sur le traditionnel circuit Gilles-Villeneuve utilisé pour le Grand Prix de F1 du Canada chaque année. Ce choix a été fait en raison de la durée de vie limitée des batteries.

«Il ne faut pas comparer les circuits, a déclaré Alain Prost, un ex-pilote de F1 qui milite en faveur du développement de la FE. On fait des circuits de FE en ville parce que les voitures électriques ne sont pas adaptées à des circuits traditionnels. Si vous roulez sur une piste de plus de 4 km comme au circuit Gilles-Villeneuve, dans les grandes lignes droites, avec l'autonomie, ce n'est pas possible. Ce serait une erreur de comparer une FE à une F1.»

Moteur électrique

De plus, contrairement aux bolides de F1, ceux de FE ont tous le même châssis et émettent très peu de son, car elles sont propulsées par un moteur électrique dont le bruit est plus élevé de seulement 10 décibels par rapport à une voiture de tourisme à moteur essence.

Elles atteignent également des vitesses de pointe beaucoup moins importantes - environ 370 km/h en F1 contre 225 km/h en FE, règlement de la FIA oblige - et présentent une autonomie beaucoup plus faible. D'ailleurs, les pilotes doivent changer de voiture vers la mi-course, puisque la batterie de leur bolide est complètement épuisée. La série assure cependant que ce «problème» sera réglé dès sa cinquième saison d'existence, dans deux ans.

«De l'extérieur, les voitures de F1, d'IndyCar et de FE sont pratiquement identiques, sauf quelques détails au niveau aérodynamique, a expliqué le porte-parole du ePrix de Montréal, Patrick Carpentier. Mais tous les châssis sont pareils, parce qu'on veut que les équipes se concentrent sur le développement des batteries et des moteurs. La différence est là.»

«C'est impossible de les comparer [les voitures de F1 et de FE], a renchéri le meneur au championnat Sebastian Buemi, qui a également piloté pour Toro Rosso en F1. Les voitures sont plus lourdes, à cause des batteries, l'appui aérodynamique n'est pas pareil, et elles glissent différemment dans les virages. C'est donc très difficile de les comparer.»

Fanboost

Les spectateurs pourront aussi contribuer aux succès des pilotes en piste, par l'entremise du FanBoost. Ce système leur permet de donner une décharge supplémentaire de 100 Kj aux trois pilotes les «plus populaires», et ce, à chaque course.

Les amateurs de course auront le choix entre 20 pilotes, bien que très peu d'entre eux soient connus - il n'y a aucun Canadien. La plupart ont fait carrière en Europe ou ont été pilotes en F1. C'est le cas de l'Allemand Nick Heidfeld, des Brésiliens Nelson Piquet fils et Lucas di Grassi, des Français Nicolas Prost et Jean-Éric Vergne et du Suisse Buemi, notamment. Ce dernier est d'ailleurs champion du monde en titre de FE, et il tentera de devenir ce week-end le premier pilote à défendre son titre avec succès.

Les points de la course sont attribués aux 10 premiers pilotes classés, et le vainqueur reçoit 25 points, contre 18 pour le détenteur de la deuxième place et 15 pour celui qui termine troisième. De plus, la position de tête rapporte trois points, et un point est attribué pour le meilleur tour en course au lieu de deux comme ce fut le cas lors des deux saisons précédentes.

La table est donc mise pour deux séances d'essais libres qui auront lieu en matinée samedi et dimanche, suivies des qualifications à midi et d'une course à compter de 16h03. Les épreuves seront d'une durée approximative d'une heure.

L'ePrix de Montréal reviendra en 2018 et 2019.

***

Porsche quitte Le Mans... pour l'électrique

Le constructeur Porsche a annoncé vendredi qu'il allait quitter fin 2017 la catégorie reine du Championnat du monde d'endurance (WEC), le LMP1, pour s'engager en Formule électrique à partir de la saison 2019.

La décision de Porsche n'est pas une surprise, elle était même largement attendue, surtout après le retrait d'Audi, autre filiale du groupe Volkswagen, du LMP1 avant le début de la saison actuelle.

Elle fait partie de «la nouvelle stratégie et du réalignement du programme de sport automobile de Porsche», précise le communiqué de la firme de Stuttgart.

Ce choix de retirer les 919 Hybrid laisse Toyota comme seul constructeur du LMP1, ce qui remet évidemment en cause la viabilité de la catégorie reine de l'endurance.

L'arrivée éventuelle d'autres participants de poids en LMP1, comme Peugeot, n'est en effet pas espérée avant au moins 2020.

Dans un communiqué, l'Automobile Club de l'Ouest (ACO), promoteur du WEC, explique regretter «ce départ précipité, comme la brutalité de cette décision de la part de ce constructeur couronné des plus beaux lauriers de l'Endurance».

Porsche a notamment remporté 19 victoires lors des 24 Heures du Mans, l'épreuve phare du WEC, dont l'édition 2017 en juin dernier.

Le constructeur allemand précise néanmoins dans son communiqué qu'il continuera d'engager des 911 dans la catégorie GT du WEC.Lundi, un autre constructeur allemand de renom, Mercedes, a annoncé qu'il allait quitter le championnat allemand de voitures de tourisme, le DTM, fin 2018 pour lui aussi s'engager en Formule E lors de la saison 2019.

BMW et Audi, qui participeront à la Formule E en tant qu'écuries à part entière dès la saison prochaine, réfléchissent également à un retrait du DTM, ce qui entraînerait de facto sa disparition.  AFP




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