Usain Bolt vit une histoire d'amour avec la ville d'Ostrava

Le sprinteur jamaïcain et champion du monde au... (AP, Petr David Josek)

Agrandir

Le sprinteur jamaïcain et champion du monde au 100 m et 200 m, Usain Bolt, prendra sa retraite après les Mondiaux de Londres en août.

AP, Petr David Josek

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Ostrava, République tchèque

«C'est presque comme à la maison.» À mille lieues du décor de carte postale de sa Jamaïque natale, la légende du sprint Usain Bolt a noué au fil de sa carrière une relation spéciale avec l'austère ville d'Ostrava, où il s'alignera mercredi pour la neuvième et dernière fois.

Lancé dans une tournée d'adieux avec en point d'orgue les Mondiaux de Londres (4-13 août), le recordman du monde du 100 m (9,58 s) et du 200 m (19,19 s) pouvait difficilement éviter de faire un crochet par la République tchèque pour saluer un public qui l'a vu grandir au fil des années.

Bolt a débarqué à 20 ans en 2006 dans cet ancien berceau de l'industrie sidérurgique et minière du pays. Deux années plus tard, il devenait triple champion olympique à Pékin. Autant dire que la ville a suivi pas à pas l'ascension foudroyante du prodige, qui n'aura manqué que deux éditions de cette compétition en 11 ans (2013 et 2014).

Preuve de la trace laissée par le Jamaïcain à Ostrava et des liens particuliers qui les unissent : l'un des hauts fourneaux à l'arrêt de la ville a été rebaptisé la Tour Bolt, et un café porte le nom du sprinteur dont la signature trône sur l'un des murs de l'établissement.

Aux petits soins

«Je suis très heureux de revenir ici parce que c'est l'une de mes compétitions préférées, a expliqué l'athlète âgé de 30 ans. Courir ici pour la dernière fois, c'est un sentiment incroyable parce que je suis venu ici tellement souvent... C'est presque comme à la maison. Le public a toujours été extraordinaire. Quelle que soit la météo, les fans répondent toujours présent et le stade est toujours plein.»

À l'origine de cette histoire d'amour entre Bolt et Ostrava, il y a un Slovaque : Alfons Juck. Le directeur de la compétition a repéré le Jamaïcain dès son titre de champion du monde junior sur 200 m en 2002 et l'a une première fois convié en 2004. Une blessure retardera la première rencontre, mais le mariage sera immédiat.

Le secret de cette fidélité jamais démentie? Des organisateurs aux petits soins pour leurs vedettes et capables grâce à cette méthode de réunir un plateau de rêve dans la troisième ville de République tchèque (Bolt, Wayde Van Niekerk, Mo Farah, David Rudisha, Christian Taylor...).

«Nous avons réussi à établir dès le départ de très bonnes relations avec son entraîneur, qui apprécie notre approche, a détaillé Alfons Juck à propos de Bolt. Nous donnons la priorité à Usain dans toute la préparation de la réunion, même pour la date, qui est définie selon ses disponibilités. On essaye de faire tout ce qui est nécessaire pour le satisfaire, on s'adapte à lui et c'est ce qui fait la différence. Ce n'est pas une question de prime de participation, tout le monde peut lui payer la même somme que nous.»

Console de jeux

Exemple de ce traitement de choix : un jet privé est mis à la disposition de Bolt pour effectuer le trajet Londres-Ostrava. «Notre ville est difficile d'accès et les avions qui arrivent ici sont petits. C'est compliqué pour lui avec ses grandes jambes», a justifié Alfons Juck, qui réserve toujours la même chambre pour Bolt dans l'un des grands hôtels de la ville avec l'indispensable console de jeux pour divertir la vedette.

La retraite du géant du sprint aura toutefois des répercussions sur une discipline et des compétitions désormais en quête d'une autre tête d'affiche de la trempe de Bolt. Une entreprise qui s'annonce d'ores et déjà des plus délicates et questionne une partie de l'avenir de l'athlétisme, englué dans des scandales de dopage et de corruption.

«Il y aura de nouvelles étoiles, mais il n'y aura pas de nouveau Bolt, reconnaît Alfons Juck, fataliste. Il est tellement spécial. Il a battu des records impossibles à battre et en plus il a ce charisme et cette personnalité uniques. Personne ne pourra l'égaler.»

Ostrava devra donc faire sans Bolt mais pourra toujours se consoler avec cette promesse de Sa Majesté Usain : il reviendra en 2018, mais cette fois en simple spectateur.

Dernière occasion pour De Grasse de détrôner Bolt au 100 m

Andre De Grasse a travaillé sur ses départs... (La Presse canadienne, Darryl Dyck) - image 3.0

Agrandir

Andre De Grasse a travaillé sur ses départs cette saison, mais il est un peu en retard dans sa préparation puisqu'il est retourné sur les bancs d'école en automne pour obtenir son diplôme en sociologie à l'Université Southern California.

La Presse canadienne, Darryl Dyck

Andre De Grasse sait très bien quelle question s'en vient - elle finit toujours par être posée.

Le sprinter canadien discutait avec les journalistes sous un chapiteau sur la terrasse du neuvième étage d'un luxueux hôtel du centre-ville de Vancouver quand quelqu'un a finalement posé une question sur Usain Bolt.

«Je suis habitué, a admis De Grasse, affichant un large sourire. Il est l'un des meilleurs. Pour qu'on arrête de me poser des questions à son sujet, je dois le battre.»

Natif de Markham, en Ontario, et âgé de 22 ans, De Grasse aura vraisemblablement une dernière chance de détrôner l'homme le plus rapide au monde.

Bolt prévoit prendre sa retraite après les Championnats mondiaux d'athlétisme présentés en août, à Londres. Le Jamaïcain âgé de 30 ans participera au 100 mètres et au relais 4 x 100 mètres. «Ce sera un grand moment, a mentionné De Grasse. Il est le meilleur de tous les temps. Vous voulez toujours affronter les meilleurs, et il est une légende.»

À Vancouver en raison de la Classique Harry Jerome présentée mercredi à Coquitlam, De Grasse a terminé deuxième derrière Bolt au 200 mètres lors des Jeux olympiques de Rio, l'été dernier.

À ses premiers Jeux olympiques, De Grasse a aussi récolté le bronze au 100 mètres et au relais 4 x 100 mètres, pendant que Bolt réussissait le triplé. Le Canadien croit toutefois que la porte est ouverte pour une surprise en août. «Tout le monde sait qu'il a un peu ralenti, a affirmé De Grasse. Il est plus âgé, mais il est toujours l'homme à battre. Il signe toujours de bons chronos.»

Bolt et De Grasse ont fait les manchettes pendant les Jeux de Rio, alors que la nouvelle sensation a poussé l'étoile à se dépasser un peu plus - les deux échangeant un sourire en arrivant à la ligne d'arrivée en demi-finale du 200 mètres. «C'est très amical, a dit De Grasse. Il dit des choses, je dis des choses. Mais nous nous entendons bien.»

Détenteur de huit médailles d'or olympiques et du record mondial au 100 mètres (9,58 secondes), Bolt n'a pas beaucoup couru cette saison. Il a signé un chrono de 10,03 en Jamaïque plus tôt en juin.

Pour sa part, De Grasse a franchi la distance en 9,69 avec un vent favorable supérieur à la limite pour remporter le titre à Stockholm le 18 juin, avant de s'imposer à nouveau trois jours plus tard à Oslo.

L'épreuve de mercredi sert de préparation pour les Championnats canadiens d'athlétisme, qui auront lieu du 3 au 9 juillet à Ottawa.

De Grasse a travaillé sur ses départs cette saison, mais il est un peu en retard dans sa préparation puisqu'il est retourné sur les bancs d'école en automne pour obtenir son diplôme en sociologie à l'Université Southern California.  La Presse canadienne




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer