L'Indianapolis Motor Speedway, pièce d'histoire

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Fernando Alonso (à droite) fait ses débuts à Indianapolis dimanche. Le double champion du monde de F1 s'est classé cinquième, le plus haut rang chez les recrues, lors de la dernière journée d'entraînement.

AFP, Chris Graythen

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Agence France-Presse
Indianapolis

Plusieurs le considèrent comme «La Mecque» du sport automobile, un circuit de légende à la fois magnifique et démoniaque : l'Indianapolis Motor Speedway, qui accueille dimanche sa 101e édition des 500 milles, est une pièce d'histoire, fascinante et effrayante.

Le tracé de 4 kilomètres est pourtant simple : il s'agit d'un rectangle, avec quatre virages relevés à 9 degrés et deux longues lignes droites d'un kilomètre chacune. Mais derrière cette apparence simpliste, la piste est particulièrement complexe à apprivoiser, notamment en raison des vitesses atteintes.

Les monoplaces croisent à près de 400 km/h dans les lignes droites. Approcher des virages à une telle allure est une gageure. Malgré les apparences, les quatre virages sont tous différents et le vent peut avoir une influence énorme sur l'appui des voitures et leur capacité à passer les courbes à fond.

«Cette piste peut être très changeante selon les moments. Le vent est très important, notamment à l'approche des virages 1 et 3 [après les longues lignes droites]», souligne Mario Andretti, légendaire pilote américain vainqueur à Indianapolis en 1969 et champion du monde de Formule 1 en 1978.

«Le virage no 1 ressemble presque à une épingle à cheveux quand vous arrivez à cette vitesse et si vous voulez le passer à fond vous devez vraiment avoir confiance dans la voiture. Cet endroit peut vous rendre fou!» a résumé Andretti.

Tous les yeux sur Alonso

Même un pilote confirmé comme Fernando Alonso, qui effectue ses débuts à Indianapolis dimanche, a fait preuve d'une certaine retenue pour ses premiers tours de roue sur l'ovale, début mai. «J'étais convaincu à 100 % que j'allais passer le virage no 1 à fond... mais mon pied, lui, n'était pas à fond sur l'accélérateur. À ce moment-là, mon pied avait sa propre vie, il était déconnecté de mon cerveau», expliquait l'Espagnol en souriant à l'issue de sa première séance d'essais.

Dimanche, tous les yeux seront tournés vers Alonso. Pourtant, il n'a jamais couru sur un ovale, n'a jamais piloté en IndyCar et n'a pas participé à un départ lancé en 20 ans. Et c'était en karting...

En quête de la «triple couronne» (Grand Prix de Monaco, 500 milles d'Indianapolis et 24 Heures du Mans), le double champion du monde de F1 a pris congé du GP de Monaco cette fin de semaine, où il est remplacé par le retraité Jenson Button. Déjà double vainqueur en Principauté, Alonso sera au départ dimanche à Indianapolis sur une McLaren-Honda d'IndyCar.

Vendredi, Alonso est longuement demeuré avec le directeur de course, Brian Barnhart, après la réunion des pilotes. Il a passé une bonne quinzaine de minutes à lui poser de nombreuses questions.

L'Espagnol de 35 ans s'est classé cinquième - le plus haut classement chez les recrues - lors de la dernière journée d'entraînement. «Je ne ressens toujours pas d'émotion. On ne peut pas se le permettre avant lundi tellement notre esprit est si concentré sur la course.»

C'est le genre d'intensité qui sera nécessaire pour remporter cette 101e édition, dont le favori est Scott Dixon (Honda). Le Néo-Zélandais a réussi le meilleur temps de qualification en 21 ans.

Vainqueur en 2008, il a été sacré quatre fois champion de la série et pointe au quatrième rang de tous les temps pour les victoires, derrière A.J. Foyt, Mario et Michael Andretti. «Dans ma génération, c'est le meilleur», a déclaré Tony Kanaan, vainqueur en 2013 et coéquipier de Dixon.

Il y a toutefois un engouement autour d'Alonso et les cotes d'écoute à l'extérieur des États-Unis devraient grandement s'en ressentir dimanche. Les autres pilotes du plateau sont suffisamment intelligents pour comprendre que la présence de l'Espagnol est bonne pour eux.  Avec AP

***

18e année de suite avec une femme au départ

Pippa Mann, que l'ont voit ci-dessus signer des... (AP, Michael Conroy) - image 3.0

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Pippa Mann, que l'ont voit ci-dessus signer des autographes vendredi, s'élancera de la 28e position, dimanche aux 500 milles d'Indianapolis.

AP, Michael Conroy

Pour la 18e année consécutive, les 500 milles d'Indianapolis vont s'enorgueillir dimanche d'une présence féminine au départ, puisque Pippa Mann sera l'espace d'un après-midi la femme la plus rapide du monde derrière un volant.

Si elle ne pilote qu'à temps partiel en IndyCar, la Britannique de 33 ans n'est toutefois pas une novice pour la grande course de vitesse américaine, puisqu'elle en prendra le départ pour la sixième fois cette année.

Mann s'est qualifiée 28e au volant de sa monoplace du Dale Coyne Racing, bouclant ses quatre tours de qualification à la moyenne de 362 km/h.

«Je suis ravie de piloter à nouveau pour le Dale Coyne Racing pour mes sixièmes 500 milles d'Indianapolis. C'est super de pouvoir retravailler avec les mêmes personnes que l'an dernier, et pour moi qui ne conduit en IndyCar que quelques fois dans l'année, c'est bien que les voitures n'aient pas changé depuis l'année dernière», s'est-elle réjouie.

Dans sa monoplace rose et blanc, elle court aussi pour la bonne cause, levant des fonds pour la recherche contre le cancer. Après la course, celle qui officie comme pilote instructeur sur Porsche le reste de l'année, mettra ainsi aux enchères son casque et sa combinaison.

Depuis l'an 2000, au moins une femme a pris le départ des 500 milles d'Indianapolis chaque année, des Américaines Sarah Fisher et Lyn Saint-James à Danica Patrick, en passant par la Suissesse Simona De Silvestro, la Brésilienne Ana Beatriz, la Britanique Katherine Legge ou la Vénézuélienne Milka Duno.

Et les années 2010 et 2011 ont même été exceptionnelles, avec quatre femmes au départ à chaque fois. Toutefois, seule l'Américaine Danica Patrick a disposé d'une voiture lui permettant de jouer les premiers rôles, ses meilleurs résultats à «Indy» étant une troisième place en 2009 et une quatrième place en 2005.

Peu de chances

Pippa Mann n'a que peu de chances de s'imposer dimanche. Son meilleur résultat à Indianapolis reste à ce jour une 18place décrochée l'an dernier.

Dans toute l'histoire, seules deux femmes ont pris le départ de Grands Prix en Formule 1 : les Italiennes Maria Teresa De Filippis (1958) et Maria Grazia Lombardi (1975 et 1976). Cette dernière est la seule femme ayant terminé un Grand Prix de Formule 1 dans les points grâce à sa sixième place en Espagne au volant de sa March, en 1975. Elle a inscrit un demi-point plutôt qu'un point, car la course a été interrompue avant les deux tiers de la distance totale.




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