Décès du légendaire alpiniste Ueli Steck dans l'Himalaya

L'équipe de sauvetage népalaise ainsi que des amis... (AFP, Prakash Mathema)

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L'équipe de sauvetage népalaise ainsi que des amis de la «Machine suisse» ont eu la triste tâche de rapatrier le corps de Steck à l'hôpital de Katmandou.

AFP, Prakash Mathema

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(Québec) Huilée au quart de tour, la «Machine suisse» qu'était l'alpiniste Ueli Steck n'était pas à l'abri de la tragédie.

Le légendaire alpiniste de 40 ans a connu en effet une fin tragique dimanche matin. Il aurait fait une longue chute sur les pentes du Nuptse (7861 m), un sommet satellite du mont Everest (8848 m), à proximité du camp un, dans la combe ouest.

En préparation pour une traverse inédite entre l'Everest et le Lhotse (8516 m), Steck était en période d'acclimatation en attendant une fenêtre météo propice à sa tentative.

Selon The Himalayan Times, plusieurs grimpeurs sur place ont observé un alpiniste en ascension sur le Nuptse, seul, vers 4h30 dimanche matin.

Commentateur bien renseigné qui suit attentivement les expéditions à l'Everest depuis plusieurs années sur son blogue, l'Américain Alan Arnette a reçu la confirmation du décès de Steck par Larry Daugherty, un grimpeur à l'Everest avec Adventure Ascents. 

«Corps trouvé à la base du Nuptse ouest, le grimpeur est apparemment tombé seul et sans protection. Initialement, on suspectait que ce soit Ueli à partir des vêtements et de son plan d'acclimatation... et puis la confirmation avec mon équipe est arrivée 10 minutes plus tard que c'était bien lui», a écrit Daugherty à Arnette.

La femme de Steck aurait été rapidement avisée de la tragédie.

Selon le blogueur américain, des grimpeurs au camp un auraient vu quelqu'un chuter de la face du Nuptse.

Les premières observations laissent croire que Steck aurait fait un faux pas sur la pente glacée.

Une erreur en solo qui ne pardonne malheureusement pas.

Dépêchée sur les lieux, une équipe de six sauveteurs a fini par récupérer les restes du grimpeur suisse.

Dans un communiqué officiel publié sur la page Facebook du grimpeur, le porte-parole de Steck, Andreas Bantel, a écrit : 

«Ueli Steck est décédé durant sa tentative d'ascension de l'Everest et du Lhotse. Sa famille a appris son décès aujourd'hui. Les circonstances exactes sont encore inconnues. La famille est infiniment triste et demande aux médias de s'abstenir de toutes spéculations concernant les circonstances de sa mort, par respect pour la mémoire d'Ueli.

Dès que nous aurons de plus amples informations à vous communiquer sur les causes du décès, nous tiendrons les médias informés. La famille espère que chacun comprendra qu'ils ne puissent donner plus d'informations pour le moment.»

Le légendaire alpiniste Ueli Steck en action récemment... (tirée d’Instagram) - image 2.0

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Le légendaire alpiniste Ueli Steck en action récemment sur les pentes de l'Everest.

tirée d’Instagram

Au sommet de son art

Alors que les détails sur l'accident restent à connaître, on sait que Steck était au sommet de son art et qu'il se sentait bien récemment sur la montagne.

Sur Facebook, dans sa dernière publication, le Suisse avait évoqué le 26 avril à quel point il appréciait son périple, tandis que tout semblait se dérouler rondement. 

«Rapide journée du camp de base jusqu'à 7000 mètres aller-retour. J'adore, c'est tellement un endroit super ici. Je crois encore à l'acclimatation active. C'est plus efficace que de passer la nuit là-haut en altitude!»

Dans les photos récentes sur les médias sociaux, on voit Ueli Steck en action sur la montagne, équipé légèrement, comme à ses habitudes de sprinteur des cimes.

Sans vouloir présumer des circonstances de la tragédie, il faut remarquer le type de chaussures aux pieds du grimpeur sur ses dernières images publiées. 

Un modèle ultraléger, semblable à une espadrille de trail, à des années-lumière des grosses bottes à crampons que l'on observe d'ordinaire sur les géants de l'Himalaya.

«Des ballerines?» questionne d'ailleurs un internaute sous une photo de Steck sur Instagram. «On dirait que tu portes des bas et des sandales», suggère un autre sur Facebook.

Mais la «Machine suisse» était un grimpeur d'exception et si quelqu'un pouvait évoluer à cette vitesse aussi peu équipé sur l'Everest, c'était bien lui.

Car pour Ueli Steck, la rapidité en montagne était synonyme de sécurité.

Et à ce niveau, il était l'un des meilleurs.

Tristement, voilà encore un douloureux rappel qu'à repousser les limites du possible, la tragédie n'est jamais bien loin. 

Même pour un surhomme.

Adieu Ueli.




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