Déjouer le cancer

«Je me nourris bien, je bois très peu... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

«Je me nourris bien, je bois très peu d'alcool, je ne prends pas de drogue, je suis très active... Je n'ai aucun facteur de risque! Des fois, tu as le goût de te dire : pourquoi moi? Mais en même temps, pourquoi pas moi?» - Marie-Hélène Pedneau

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Marie-Hélène Pedneau ne sait pas ce qui l'attend. Pas plus que nous tous. Mais la joueuse de basketball, une ancienne du Rouge et Or, est certaine de deux choses : elle veut participer aux Jeux mondiaux des maîtres, en Nouvelle-Zélande, en avril. Et elle a le cancer.

«Je l'ai su le soir de mon anniversaire. Bonne fête, tu as un cancer! Un lymphome. Le lendemain, c'est l'anniversaire de mon fils. Donc j'étais en train de faire un gâteau de Flash McQueen, quand j'ai appris la nouvelle», déballe en riant la femme de 37 ans.

Elle a eu le temps d'apprivoiser l'anecdote. Déjà deux ans et demi à vivre avec «une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Plus ou moins grosse selon les jours, mais toujours là».

Durant cette heure à partager son excellente croustade aux pommes avec le journaliste, jamais Pedneau n'a perdu son sourire. Ni tout le ressort de ses bouclettes rousses, malgré six mois de chimiothérapie achevés en août.

En 2014, deux semaines de radiothérapie ont maté la petite masse logée sur sa paupière droite. Elle a gardé le masque en souvenir. Mais il y a un an, récidive derrière l'oreille et aux ganglions sous le bras. Un rêve prémonitoire l'avait prévenue. Cette fois, pas question d'éviter la chimio.

Devant l'inéluctable, en février dernier, elle abandonne l'idée de monter une équipe de «vieilles» basketteuses pour les Jeux mondiaux des maîtres. Un projet qu'elle chérissait depuis déjà trois ans.

C'était sans se douter que son ancienne coéquipière du Rouge et Or, Valérie Samson, allait le surlendemain la recruter au sein de l'équipe de Toronto championne en titre du volet compétition 35 à 40 ans des Mondiaux des maîtres de 2013. «On a besoin d'une point guard», a écrit Samson.

Arrivée dans le club d'élite de basket de l'Université Laval en 1999, alors que Samson y amorçait sa dernière campagne, Pedneau a été un rouage important de ce qui reste à ce jour la meilleure performance des filles du Rouge et Or basket : la médaille d'argent canadienne de 2002.

C'est aussi durant cette période qu'elle rencontre Samuel Audet-Sow, un autre joueur de basket. Après le Rouge et Or, ils passeront deux ans en Europe à jouer pro, avant de rentrer et de fonder une famille. Ils ont deux enfants, habitent Saint-Sacrement. Au boulot, Pedneau est le bras droit de Jean-Marie De Koninck.

Avant de commencer la chimio, son niveau de forme voisinait celui de son retour d'Europe. Basket trois fois par semaine, tennis le midi, yoga, plus course, plus vélo pour aller au boulot. Et paf!

«Je me nourris bien, je bois très peu d'alcool, je ne prends pas de drogue, je suis très active... Je n'ai aucun facteur de risque! Des fois, tu as le goût de te dire : pourquoi moi? Mais en même temps, pourquoi pas moi?»

Elle estime son énergie revenue à 70 %. «Il faut juste que je sois correct pour avril 2017», laisse-t-elle tomber, déterminée.

Gérer l'incertitude

Bien sûr qu'elle a peur. Peur de mourir, même si un lymphome non hodgkinien de type folliculaire s'apparente davantage à une maladie chronique qu'à une condamnation à mort. Peur de ne pas dribbler à Auckland dans moins de cinq mois, ce qui signifierait que son état de santé l'empêche de faire ça et bien d'autres choses.

«Tu dois être capable de gérer l'incertitude, sinon tu ne passes pas. Ce n'est que de l'angoisse, que de l'attente. La médecine n'est pas noire ou blanche», indique celle qui ne s'est jamais vraiment sentie malade. Seuls les traitements de chimio l'ont mise au plancher.

À moins d'avis médical contraire, donc, elle fera office d'«électron libre» québécois dans l'équipe torontoise. Samson est actuaire dans la Ville reine.

Pour poser ses espadrilles sur le parquet néo-zélandais, Pedneau a besoin de 5000 $. Elle recueille des dons par l'intermédiaire du site de la Société de recherche sur le cancer, où 65 % de l'argent ira à la recherche et 35 % à son projet.

Âge, niveau de compétition et endroit du tournoi l'empêchent de mettre la main sur bourses et commandites. «On va quand même représenter le Canada et, en toute humilité, on est des modèles pour nos communautés», fait-elle valoir, soulignant le taux de décrochage sportif très élevé des adolescentes.

Elle pense même y prendre goût. Et y retourner en 2021, au Japon, comme «ancêtre» de 41 ans. Les Jeux mondiaux des maîtres, dont Québec a accueilli la version d'hiver en 2015, se tiennent tous les quatre ans.

«Peut-être que je pourrai alors convaincre mes amis Sam et Charles [Fortier] de monter une équipe de gars de Québec et de venir avec nous!» s'esclaffe celle pour qui renoncer semble rarement une option.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer