Cher, cher, «bâtir» un athlète

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Les succès de la double médaillée d'or olympique de bobsleigh Kaillie Humphries peuvent sans doute inspirer de jeunes Canadiens à vouloir devenir athlète, mais ce rêve a un prix qui peut s'avérer très élevé, sans retour garanti sur l'investissement, comme l'a vite appris sa mère, Cheryl Simundson.

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La Presse Canadienne
Toronto

Cheryl Simundson se souvient encore très clairement du moment, il y a plus de 20 ans, où sa fille, la double championne olympique de bobsleigh Kaillie Humphries, s'était levée sur sa chaise pendant un souper de famille et avait annoncé son intention de remporter une médaille d'or pour le Canada.

«D'accord», avait répondu Mme Simundson à la fillette de sept ans, avant de lui demander de se rasseoir et de finir son repas. La mère de Calgary avait promis à ses enfants de les soutenir dans tout ce qu'ils entreprendraient. Mais elle ne se doutait pas encore que dans le cas de la jeune Kaillie, ce serait le début d'une longue aventure émotionnelle... et financière. 

«Quand on veut élever un athlète olympique, ça n'a simplement pas de fin», a indiqué Mme Simundson.

Avec la fin des Jeux olympiques de Rio, plusieurs jeunes Canadiens ont ressenti l'envie de se lancer corps et âme dans un sport, et de travailler d'arrache-pied pour monter sur le podium. Mais élever un athlète d'élite n'est pas gratuit. Et le retour sur l'investissement ne parviendra que très rarement à combler les coûts engendrés, malgré les millions que recevra un champion comme Michael Phelps en commandites.

En moyenne, les coûts pour former un athlète d'élite peuvent varier entre 10 000 $ et 30 000 $ annuellement, estime Katie Misener, professeure adjointe au Département d'études récréatives de l'Université de Waterloo. «Sur l'ensemble d'une carrière sportive, on parle facilement d'un investissement dans les six chiffres, sans aucune garantie de retour», a-t-elle indiqué dans un courriel. 

La majeure partie du fardeau financier provient souvent de l'équipement nécessaire pour pratiquer le sport, mentionne Marvin G. Ryder, professeur adjoint à l'école de commerce DeGroote, de l'Université McMaster. «Priez pour que votre enfant souhaite devenir coureur de fond.»

Parmi les sports d'été les plus dispendieux, on compte la voile et les sports équestres, ajoute Ryder. Les coûts pour acheter, transporter et entretenir un bateau ou un cheval peuvent atteindre les 500 000 $ par année.

Le tir à l'arc et à la carabine ne sont pas loin du sommet non plus, en raison du prix des arcs, des armes à feu, ainsi que celui des flèches et des munitions. Les sports d'hiver aussi finissent par coûter cher. Mme Simundson se souvient avoir donné 100 000 $ pour que sa fille puisse s'acheter un meilleur bobsleigh. Kaillie l'a remboursée en entier depuis.

Même les sports qui nécessitent peu d'équipement peuvent surprendre les parents, à des niveaux plus élevés, indique Chris Chard, professeur adjoint de management sportif à l'Université Brock. Un nageur de haut niveau, par exemple, peut coûter environ 15 000 $ par année, avec les frais de transport, d'hébergement et de nourriture. Et c'est sans compter les maillots, qui peuvent coûter des centaines de dollars et qui durent à peine quelques courses.

Cheryl Simundson, mère de Kaillie Humphries... (La Presse Canadienne, Jeff McIntosh) - image 2.0

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Cheryl Simundson, mère de Kaillie Humphries

La Presse Canadienne, Jeff McIntosh

Peu d'élus

Quand les jeunes compétitionnent sur la scène internationale, il existe du financement pour les aider à couvrir les frais, mais leur aventure est souvent autofinancée.

Et les chances d'un retour sur investissement, en termes de podiums olympiques, sont minces. Les athlètes qui font partie de l'élite d'un sport ne représentent qu'une fraction de pourcentage de ceux qui le pratiquent, ont indiqué les professeurs Ryder et Chard.

Dans le cas des champions, rares sont ceux qui deviennent riches. Bien souvent, l'aide financière gouvernementale et de sources privées suffit à peine à couvrir les coûts, et les parents des athlètes doivent avoir un plan, ajoute le professeur Ryder.

Cheryl Simundson mentionne que les athlètes ne reçoivent que peu de soutien entre les cycles olympiques, ajoutant que les petites allocations mensuelles ne parviennent pas à payer le loyer, le chauffage et la nourriture. «Ils doivent donc se trouver un travail.»

Cela dit, malgré les coûts et les efforts, Chris Chard mentionne qu'il y a encore plusieurs raisons qui poussent les parents à financer le rêve olympique de leurs enfants. Les jeunes athlètes apprennent une multitude d'aptitudes de vie, comme la gestion du temps et le travail d'équipe.

Pour Cheryl Simundson, la chose la plus importante, c'est que les enfants aiment leur sport. «Ça doit être leur rêve.»

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