Le rugby fait boum dans la province

Karen Paquin a fait rêver ses anciennes coéquipières... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Karen Paquin a fait rêver ses anciennes coéquipières du Club de rugby de Québec en partageant sa médaille de bronze avec elles.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La médaille de bronze remportée par les Canadiennes à Rio a eu un effet immédiat sur l'intérêt porté au rugby au Québec. Tant et si bien que, depuis que Karen Paquin et compagnie ont gravi la troisième marche du podium olympique le 8 août, la fréquentation du site Internet de Rugby Québec a explosé!

À la fédération québécoise, on se réjouit de l'impact que cette importante vitrine a eu sur le rugby, qui effectuait un retour dans le giron olympique après 92 ans d'absence. La troisième place du Canada représente en quelque sorte la cerise sur le gâteau.

«Les visites sur le site Internet ont augmenté. Et ce n'est pas une marche, c'est une mégamarche! Et ce n'est pas les mêmes sections habituelles qui sont visitées, comme le classement, les pointages ou les calendriers. C'est plutôt où jouer, quels sont les règlements, etc. Et on le voit aussi sur Facebook, où il y a beaucoup de réactions à nos publications», s'est enthousiasmé le président de Rugby Québec, Stéphane Hamel, en marge des finales féminines de Rugby Québec, sur les plaines d'Abraham, samedi.

Et il n'y a pas que dans l'univers virtuel que les nouveaux adeptes se manifestent! Nombreux sont les curieux qui s'intéressent subitement aux règlements et se rendent directement sur les terrains de rugby pour en apprendre davantage.

«Les clubs s'en ressentent. Il y a beaucoup de demandes. Il y a du monde qui ne sont jamais venus, qui apparaissent soudainement aux entraînements pour voir ce qu'il en est. Il y avait déjà une base de curiosité positive envers notre sport, mais là il y a engouement d'embarquer, du fait que les filles ont aussi bien performé», a poursuivi Hamel.

«Beau vent de folie»

Présente un peu partout dans les médias au cours des derniers jours, la joueuse originaire de Québec Karen Paquin poursuivait son travail d'ambassadrice sur les lignes de côté des finales féminines, samedi. Armée de sa médaille de bronze, elle a renoué avec ses anciennes coéquipières du Club de rugby de Québec, qui l'ont accueillie en héroïne, en plus de distribuer généreusement sourires et autographes aux amateurs présents.

Elle aussi ressent un fort vent d'intérêt pour son sport depuis la consécration canadienne au Brésil et n'hésite pas à profiter de la vague pour mousser son sport.

«C'est un beau vent de folie! On voit que tout le monde s'intéresse au rugby. On a une visibilité qu'on n'a jamais eue avant. Donc, j'en profite un peu. Je me dis que c'est le temps de passer le message, de faire la promotion du sport. [...] Je prêche pour ma paroisse, mais le rugby, c'est un sport qui est inclusif, très collectif, où tous les jeunes peuvent développer leur leadership» s'enflamme la numéro 3 de l'équipe nationale.

Seulement dans la région de Québec, on compte au-dessus de 50 clubs scolaires. Un nombre qui est amené à croître, s'il faut en croire la quantité de professeurs d'éducation physique ayant effectué des demandes d'information auprès de la fédération au cours des derniers jours.

«Dans les écoles secondaires, il y a maintenant des ligues benjamin. Ça se développe de plus en plus. À Montréal, il y a du mini-rugby. Ici à Québec, il y a l'Académie du Rouge et Or, qui vient de monter le niveau de jeu dans la région. Les filles qui en sortent sont déjà une coche au-dessus de tout le monde dans la province. Le rugby était déjà en santé, mais là, ça vient de donner un souffle de vie encore plus à cette structure-là. Et évidemment, ça va faire des petits», prédit Paquin.

Le défi de la croissance

Membre de l'Académie du Rouge et Or, Marilou Lizotte est l'une de ces joueuses qui rêvent de joindre un jour l'équipe nationale féminine. «On a commencé le programme de rugby dans mon école, le Juvénat Notre-Dame, en secondaire 3. Je suis embarquée dans l'équipe la première année et c'est vraiment dans la deuxième année que j'ai commencé à aimer ça. Au point de me joindre à l'Académie. Je me suis vraiment développé une passion. [...] Et de voir une championne comme Karen Paquin, ça donne envie d'être à sa place plus tard», a admis l'adolescente. 

La croissance anticipée du rugby en province constitue d'ailleurs le prochain défi de Rugby Québec, qui devra s'assurer de pouvoir répondre à la demande grandissante. «C'est définitivement un défi et une opportunité en même temps», affirme le directeur général de Rugby Québec, Simon Fréchette, qui invite les personnes nouvellement intéressées à visiter le www.rugbyquebec.com, meilleure porte d'entrée vers ce sport au Québec.

«Il y a déjà des clubs qui concentrent leurs efforts sur le développement chez les plus jeunes. Pour d'autres, c'est peut-être plus une tradition d'être impliqué au niveau sénior, mais tranquillement ils réalisent l'importance de faire du développement. On a une structure en place qui les aide à le faire.»

Une médaille qui fait rêver

Aussitôt décorée à Rio, Karen Paquin s'est tournée vers son prochain objectif : la Coupe du monde de rugby féminin à XV, qui se tiendra à Belfast et à Dublin, en Irlande, à l'été 2017. «Il y a trois ans, on a fini deuxième et là, on est vraiment déterminées à aller chercher la Coupe du monde. Moi, c'est mon objectif. Je vais me concentrer là-dessus», a indiqué celle qui poursuivra son entraînement à Victoria.

Paquin ne sera pas seule à essayer de décrocher un poste. Son ancienne coéquipière Magali Harvey, qui évolue présentement en Nouvelle-Zélande, devrait également tenter sa chance. Il en va de même pour une autre membre du Club de rugby de Québec, Kathleen Keller, qui vient de remporter le championnat canadien au sein d'Équipe Québec et fait partie des Maple Leafs, l'équipe de développement canadienne. Elle admet que les succès des ses anciennes coéquipières sur la scène internationale lui permettent de rêver à son tour. «Tout le monde se sent un peu comme ça, dans le club. Dans le fond, on se dit qu'on n'est pas loin. J'ai joué contre elles, je suis capable de les plaquer, je suis capable de jouer avec elles, alors pourquoi je ne serais pas capable d'aller à ce niveau-là?»

Le rugby au Québec en chiffres

  • 2500: Nombre de joueurs membres de la fédération provinciale
  • 34 %: Pourcentage de femmes membres de la fédération provinciale
  • 4300: Nombre de joueurs dans le réseau scolaire

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer