Jules Bonnier, le jeune capitaine qui a gagné sa place

Malgré son inexpérience, Bonnier ne se lance pas... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Malgré son inexpérience, Bonnier ne se lance pas dans la Québec-Saint-Malo en touriste.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Pour gagner sa place comme skipper du Cora-Moustache Solidaire, Jules Bonnier a... remporté un concours. Bien loin d'un tirage au sort, toutefois. Dossier écrit, différentes épreuves dont un 24 heures en mer en solitaire, il s'est avéré le meilleur d'un long processus de sélection. À 20 ans, Bonnier est le plus jeune capitaine de la Transat Québec-Saint-Malo.

Depuis 2014, l'écurie BG Race, basée à Saint-Malo, organise des sélections qui permettent d'aider un jeune marin âgé de 18 à 25 ans à accéder à la course au large, un «milieu assez fermé», comme l'explique Bonnier.

Ses quatre coéquipiers cet été sont tous plus vieux que lui, mais il a fait sa place sans problème au sein de cette bande de Saint-Malo. «J'ai 20 ans, j'ai moins d'expérience. Je vais pas arriver et dire : "On fait ci, on fait ça." Ce n'est pas une dictature. Dès qu'on fait quelque chose, on en discute, on prend une décision d'un commun accord. Skipper,en soi, c'est juste une étiquette. Les cinq personnes font marcher le bateau», explique celui qui pratique la voile depuis l'enfance.

Il y a deux ans, son désormais coéquipier Valentin Lemarchand a remporté le premier concours. Il a ainsi participé à la Route du Rhum, récoltant une solide 11e place sur 44 voiliers en Class40. L'année suivante, pour la Transat Jacques-Vabre, Arthur Hubert est l'heureux élu. Lemarchand et lui terminent alors huitièmes.

Malgré son inexpérience, Bonnier ne se lance pas dans la Québec-Saint-Malo en touriste. Il n'a pas chiffré d'objectif de performance. Espère surtout faire une belle course, prendre du plaisir et apprendre. «Après, je ne vais pas te dire que je ne vais pas regarder le classement! Je vais tout faire pour qu'on fasse la meilleure place possible. Mais je n'ai pas envie de me mettre la pression en disant on va faire telle place ou telle place. Il y a quand même quelques personnes qui sont dans la classe depuis plusieurs années et qui connaissent bien leur bateau.»

Expérience

Même s'il est jeune, Bonnier a déjà manoeuvré sur toutes sortes de voiliers. Il a fait un an à l'école de commerce, le nautisme en arrière-pensée, mais «ça ne m'a pas plu du tout».

Il se retrouve donc à Concarneau, à l'Institut nautique de Bretagne, où il poursuit une «formation technico-commerciale des métiers du nautisme». Mécanique, électronique, navigation, il touche à une foule d'éléments utiles pour ses tâches de skipper.

Bonnier se lancera dimanche dans la plus longue course de sa carrière. Il a déjà passé 22 jours en mer sur un voilier, mais c'était en convoyage. «Là, il y a un vrai objectif sportif. Et pas des moindres», lance-t-il.

D'autant plus qu'il croisera le fil d'arrivée chez lui, à Saint-Malo, devant parents et amis. «La cerise sur le gâteau, dit-il. Faire une transat, c'est déjà génial. Le fait d'arriver à la maison, c'est le petit plus.»

Comme tout bon marin français adepte de voile, Bonnier vise les grandes courses, comme la Route du Rhum. Le quand et le comment restent à déterminer. Une course à la fois, donc. «C'est pas pour autant que ça ne me plairait pas d'en faire une autre», rétorque-t-il en rigolant.

Négocier le Saint-Laurent

Le fleuve Saint-Laurent représente sans doute le plus grand défi pour l'équipage du Cora-Moustache Solidaire, novice dans la Transat Québec-Saint-Malo. Jules Bonnier l'a compris en amenant le bateau jusqu'à Québec. «C'est complexe, très complexe. Le vent, les courants. Il y a énormément de paramètres à prendre en compte.» L'objectif du quintette sera de rester dans le groupe de tête jusqu'à la sortie du Saint-Laurent. S'il échoue dans cette tâche, la pente sera fort abrupte. Pour se préparer à la première partie de la course, Bonnier lit beaucoup sur le Saint-Laurent, fait des recherches sur Internet. Il décortique le fleuve par étapes et tente de déterminer la meilleure route à suivre. «C'est beaucoup de travail de préparation, beaucoup plus que sur une autre course», croit le jeune homme. Tout ça à cause de notre fleuve, «un sacré dossier». «Une fois sorti du Saint-Laurent, c'est tout droit, quoi!»

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