Transat Québec-Saint-Malo: Lacasse rêve d'un équipage québécois

À 24 ans, Antoine Lacasse est équipier sur... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À 24 ans, Antoine Lacasse est équipier sur le voilier Sirius pour la Transat Québec-Saint-Malo. Détenteur d'un bac en comptabilité de l'Université Laval, il a mis depuis mars sa future carrière en veilleuse pour vivre sa passion de la mer.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Antoine Lacasse ne cache pas ses ambitions. Seul Québécois de naissance à participer à la Transat Québec-Saint-Malo cette année, il espère revenir en 2020 avec son propre bateau et un équipage 100 % québécois.

À 24 ans, Lacasse est cette année équipier sur le voilier Sirius, de Saint-Pierre-et-Miquelon. En 2012, il était sur le Persévérance du médecin québécois Robert Patenaude. Son premier voyage en Europe!

Il poursuit son rêve de voile depuis quatre ans. Même s'il est détenteur d'un bac en comptabilité de l'Université Laval, Lacasse met depuis mars sa future carrière en veilleuse pour vivre sa passion de la mer. Car de la passion, il lui en faut!

«Regarde : je ne fais pas d'argent et c'est impossible que je gagne [la Transat]! L'an passé, j'ai gagné le Bermuda One-Two... J'ai reçu une plaque. Il n'y avait pas de chèques!» raconte-t-il, dans la cabine du Sirius.

D'abord adepte de la voile entre bouées, Lacasse réalise un jour en vouloir plus. «Je trouvais qu'une course d'une heure, ce n'était pas assez.» La Québec-Saint-Malo capte son attention en 2008, année où il termine son secondaire.

En 2020, il souhaite donc réussir là où tout le monde a échoué cette année : représenter le Québec et le Canada. Le chemin s'annonce ardu, reconnaît-il. «Je pense que la stratégie à adopter, c'est de ne pas juste miser sur la course. Mais de faire du voilier un objet publicitaire entre les courses», explique-t-il.

Il compte baser son futur bateau à Québec et multiplier les sorties en mer avec ses commanditaires. «Au lieu de faire un tournoi de golf», illustre-t-il.

Mais l'intérêt pour la voile est limité au Québec. Et les commanditaires ne se bousculent pas pour imprimer leur nom sur un bateau. «La Transat crée un buzz, mais après ça...», laisse-t-il tomber. «Ce n'est pas vraiment idéal qu'il n'y ait pas de bateau québécois, ajoute-t-il plus tard. Mais on ne peut pas mettre la responsabilité juste sur les sponsors. Nous, on doit avoir une bonne stratégie de communication. Il faut que je m'entoure pour ça.»

Faim de grandes courses

L'un de ses adversaires, Louis Duc, ne tarit pas d'éloges pour le Québécois. Les deux hommes se sont rencontrés il y a quatre ans, sur les quais du bassin Louise. Le skipper du Carac se reconnaît d'ailleurs en Lacasse. «Tu sens que c'est un jeune qui sait naviguer, remarque le Français de 32 ans. Quand les jeunes se promènent de bateau en bateau, à essayer d'embarquer avec tout le monde, de faire des expériences différentes pour apprendre... Tu sens que le gars est motivé. C'est un peu mon profil il y a une dizaine d'années. Ce gars-là, il mérite d'avoir sa chance. Parce qu'il a vraiment faim d'apprendre. Et il est hyper sympa!»

Il a aussi faim de grandes courses. Lacasse espère participer aux prochaines présentations des prestigieuses Transat Jacques-Vabre (en duo) et Route du Rhum (en solitaire).

Mais d'ici là, il y a la mythique Québec-Saint-Malo. Il a rencontré ses trois compagnons de régate, Stéphane Bry (skipper), Frédéric Audoux et Marc Menant, au terme d'une course de minis entre Rimouski et Saint-Pierre-et-Miquelon, en 2014. Seul à compléter l'épreuve, Lacasse a pris l'initiative d'approcher les marins d'un Class40 amarré sur les quais de l'archipel français nord-américain. Ils réalisent avoir un objectif commun : la prochaine Transat. Ils forment une équipe depuis.

Les chances du Sirius sont quasi nulles. Il s'agit de l'un des plus vieux bateaux de la flotte. Bâti en 2008, ce voilier ne peut rivaliser avec les favoris de la Class40, comme le Solidaires en Pelotons (2014) le V and B (2015) ou le Tales II (2013). Lacasse et compagnie se mesureront donc aux autres voiliers vintage de leur catégorie, comme le Groupe Sétin (2007) et le Montres Michel Herbelin (2006).

Croisade pour un bateau du Québec et du Canada

Il n'y a aucun bateau aux couleurs du Québec et du Canada au départ de la Transat. Et Yvon Paradis fait une croisade pour y remédier. À titre personnel, il multiplie depuis deux mois les approches, les téléphones et les courriels.

Il a trouvé un voilier français, le Matouba de Bertrand Guillonneau, qui se dit ouvert à arborer les écussons de nos États. Ne manque que l'appui financier des autorités politiques, se désole M. Paradis. Celles-ci ont accordé des subventions à la Transat, mais ça ne suffit pas, croit-il.

«C'est une incompétence flagrante, lance le résident de Québec. Ils ont donné un million pour ne pas avoir de bateau!» En 2004, le coloré personnage avait réussi à coiffer le voilier du légendaire Mike Birch du nom Bonjour Québec.

En 2016, il souhaite voir un bateau porter le nom Québec Canada. Dans un monde idéal, il aimerait voir la Ville, ainsi que les gouvernements du Québec et du Canada contribuer pour un total d'au moins 30 000 $.

Le président de la Transat, Sylvain Gagné, n'a rien contre la démarche de M. Paradis, mais ne compte pas s'en mêler. Le fait d'obtenir une commandite d'un gouvernement, «ça ne fait pas pour autant un bateau québécois», rétorque M. Gagné. «C'est plus intéressant [pour les gouvernements] de supporter un événement [la Transat] qui a du rayonnement à l'étranger qu'un bateau», dit-il.  

Le prologue Ville de Lévis annulé

Le mauvais temps a gâché la première journée d'activités de la Transat, samedi. Entre autres conséquences, le prologue Ville de Lévis a été annulé. La prudence était de mise : les forts vents auraient pu mettre en péril l'état des voiliers.

«Il faut à tout prix éviter les risques de bris sur les bateaux à une semaine du départ de la Transat et les conditions météos annoncées aujourd'hui [samedi] augmenteraient de beaucoup ces risques», a expliqué Damien De Pas, le directeur de course.

L'accueil des équipages au quai Paquet de Lévis, d'abord prévu samedi soir, a été déplacé à dimanche, 18h30.  

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