Contrôles individuels exigés pour tous les athlètes russes et kenyans

Le président du CIO, Thomas Bach, s'est attardé... (AP, Laurent Gillieron)

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Le président du CIO, Thomas Bach, s'est attardé aux «laboratoires corrompus» de certains pays, demandant à ce que les athlètes russes et kenyans soient scrutés à la loupe. Mais il a également ouvert la porte à ceux qui pourront prouver qu'ils sont «propres».

AP, Laurent Gillieron

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Associated Press
Lausanne

Les dirigeants olympiques ont demandé des contrôles antidopage individuels des athlètes russes et kenyans dans tous les sports, soulignant que l'inefficacité des contrôles dans ces pays pourrait mener à l'exclusion d'autres équipes en vue des Jeux de Rio de Janeiro.

Conjointement, les responsables sportifs internationaux ont également ouvert la porte à certains membres de l'équipe russe d'athlétisme pour qu'ils puissent concourir sous les couleurs de leur pays - et non sous la bannière olympique - à Rio de Janeiro.

Le président du CIO, Thomas Bach, avait convoqué un sommet olympique spécial à la suite de la décision de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) de maintenir la suspension de l'équipe d'athlétisme de Russie des JO et de prendre des mesures supplémentaires pour assurer des conditions équitables pour tous les athlètes dans tous les sports à Rio.

La réunion s'est déroulée quatre jours après la décision de l'IAAF de maintenir la suspension - imposée initialement en novembre - des membres de l'équipe d'athlétisme en raison d'une «culture systématique et profondément enracinée de dopage.»

Les intervenants à ce sommet ont réitéré qu'ils respectent pleinement la décision de l'IAAF, que les responsables russes ont condamnée et jugée injuste pour les «athlètes innocents.» Les Russes ont confirmé qu'ils feront appel auprès du Tribunal arbitral du sport.

«Nous considérons que c'est injuste pour la grande majorité de nos athlètes qui ne se sont jamais dopés et n'ont violé aucune règle», a déclaré le responsable du Comité olympique russe Alexander Zhukov. «Ils seront punis pour les fautes des autres.»

Tout en appuyant la décision de l'IAAF, le sommet a également élargi la portée des enquêtes de dopage à tous les sports en Russie et au Kenya, deux pays considérés comme non conformes aux règles de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Le sommet, qui a également fait allusion à des «allégations substantielles» à l'encontre de ces pays, a mis le fardeau de la preuve sur chaque fédération sportive internationale de s'assurer que leurs athlètes sont sans reproche avant les Jeux de Rio, dont le coup d'envoi sera donné le 5 août.

Aux fédérations de trancher

«Le sommet olympique estime que la "présomption d'innocence" des athlètes de ces pays est sérieusement mise en question, ont déclaré les dirigeants dans un communiqué. En conséquence, chaque fédération internationale devrait prendre une décision sur l'admissibilité de ces athlètes sur une base individuelle afin de s'assurer que les mêmes normes s'appliquent à tout le monde.»

Bach a déclaré que les fédérations doivent tenir compte du fait que les contrôles ont été analysés dans des laboratoires corrompus ou qui ne respectent pas les normes internationales. «Ils doivent s'assurer que le statut de l'athlète les met sur le même pied d'égalité que tous les autres concurrents dans leur sport», a-t-il déclaré.

Le Kenya - qui mise sur plusieurs des meilleurs coureurs de fond au monde - a été l'objet de dizaines de cas de dopage ces dernières années et a eu du mal à mettre en place un système antidopage crédible. Les responsables de l'IAAF ont toutefois précisé que le Kenya ne devrait pas être en danger de rater les Jeux parce que ses athlètes ont été soumis à de nombreux tests internationaux.

Tout en confirmant la suspension de la Russie la semaine dernière, l'IAAF avait ouvert la porte à un petit groupe d'athlètes russes qui vivent et se soumettent à des contrôles rigoureux à l'extérieur du pays pour participer aux Jeux de Rio comme des athlètes «indépendants». L'IAAF a précisé que cette mesure s'appliquerait seulement à une poignée d'athlètes.

Le CIO a toutefois statué que si des Russes sont jugés admissibles par l'IAAF, ils pourraient concourir sous le drapeau russe. «Si des athlètes se qualifient, ils concourront comme membres de l'équipe du Comité olympique russe parce que seul un comité national olympique peut inscrire des athlètes aux Jeux olympiques, a déclaré Bach. Il n'y a pas d'équipes de fédérations internationales aux Jeux. Et le Comité olympique russe n'est pas suspendu.»

Yelena Isinbayeva garde espoir

La double championne olympique de la perche, Yelena... (AFP, Alexander Kisilev) - image 3.0

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La double championne olympique de la perche, Yelena Isinbayeva

AFP, Alexander Kisilev

Après le «sommet olympique» du CIO, mardi, à Lausanne, la double championne olympique de la perche, Yelena Isinbayeva, a déclaré garder «espoir» de participer aux Jeux de Rio, tout comme le spécialiste des haies Sergey Shubenkov ou la sauteuse en longueur Darya Klishina.

«Aujourd'hui, je dois admettre qu'au fond de moi il reste de l'espoir. Il n'est pas complètement mort», a avoué l'athlète russe, à l'issue des Championnats russes d'athlétisme, où elle a décroché un nouveau titre national, avec un saut à 4,90 m, soit la meilleure performance mondiale de l'année, à Tcheboksary, dans le centre de la Russie.

«Hier, j'étais désespérée, mais je suis très optimiste aujourd'hui», a-t-elle insisté, dans une déclaration qui semble en décalage avec la réalité des propos du président du Comité international olympique mardi : «Cela veut dire que la fin de ma carrière, j'espère, sera à Rio», a-t-elle déclaré.

Pourtant, le CIO a une nouvelle fois confirmé mardi son soutien à la décision de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) de maintenir la suspension de la Fédération russe d'athlétisme, ce qui prive de facto les athlètes russes des JO de Rio, tout en acceptant le repêchage mis en place par l'IAAF pour les athlètes qui réussiraient à prouver qu'ils sont propres.

Si le président du CIO, Thomas Bach, n'est pas officiellement revenu mardi sur les strictes conditions posées par l'IAAF à ces repêchages, la «tsarine» russe de la perche a pourtant estimé qu'il «s'était révélé être quelqu'un de mesuré, si ce n'est humain».

Une déclaration qui tranche avec ses propos de lundi, quand, devant les caméras, elle avait traité les membres du conseil de l'IAAF de «connards», un sourire narquois aux lèvres.

Également présent à Tcheboksary, où il a été sacré champion national du 110 m haies, Sergey Shubenkov, champion du monde en titre, a lui aussi qualifié la décision du CIO de «bonne, car cela [lui] laisse une chance».

Shubenkov optimiste

«Il y a de nombreuses conditions [pour être repêché], mais j'espère que je les remplis», a-t-il ajouté. «Je suis heureux que le bon sens et le compromis l'aient emporté», a-t-il insisté, dans une déclaration très optimiste.

De son côté, la spécialiste russe du saut en longueur, Darya Klishina, s'est dite «contente» de l'annonce de Thomas Bach. «J'étais contente non seulement pour moi, mais aussi pour les autres athlètes qui pourront participer aux Olympiques malgré la situation», a déclaré la sportive, sacrée mardi championne de Russie avec un saut à 6,84 mètres.

Basée en Floride, où elle s'entraîne à la prestigieuse académie IMG, Klishina a sans doute beaucoup plus de chance que Isinbayeva et Shubenkov de faire partie des athlètes russes qui seront autorisés par l'IAAF à participer aux Jeux de Rio. L'athlète de 25 ans a cependant expliqué ne pas savoir quelle procédure suivre pour être repêchée, tout en précisant que son agent et son entraîneur s'occuperont de ce problème.

Sécurité des athlètes inadéquate, juge l'Australie 

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La responsable de la délégation olympique australienne, Kathy Chiller

AFP, William West

(Sydney) La responsable de la délégation olympique australienne, Kathy Chiller, a prié les autorités brésiliennes de hausser immédiatement le niveau de sécurité à Rio de Janeiro à celui que la ville aura pendant les prochains Jeux «avant qu'un athlète ne soit blessé».

Deux membres de l'équipe paralympique australienne de voile ont été victimes d'un vol à main armée à Rio au cours de la fin de semaine, un incident qui accentue les craintes que des crimes soient commis à l'endroit d'athlètes étrangers au cours des Jeux, du 5 au 21 août.

Dans un communiqué, la Fédération australienne de voile a indiqué que la navigatrice paralympique Liesl Tesch et Sarah Ross, une dirigeante de la fédération, ont été confrontées par deux hommes vers 7:30, alors qu'elles se baladaient à bicyclette dans un parc de Rio, près de leur hôtel. L'un des deux hommes portait une arme et les deux femmes se sont fait voler leurs vélos. La police brésilienne a ouvert une enquête. Les deux femmes n'ont pas été blessées.

La délégation australienne a déjà interdit à ses athlètes et ses dirigeants de visiter les favelas de Rio et ils considèrent instaurer un couvre-feu et d'identifier d'autres secteurs de la ville que ses membres n'auront pas droit de visiter.

Le mois dernier, le navigateur espagnol Fernando Echavarri et deux compagnons ont été tenus en joue par cinq jeunes hommes armés. «Il ne s'agit pas d'un incident isolé, des athlètes ont été victimes de vols en s'entraînant ou lors d'épreuves tests tenues à Rio et nous voulons qu'ils soient protégés, a expliqué Chiller. Nous avons informé nos athlètes, leur disant simplement que s'ils sont victimes d'un braquage, de ne pas résister, de donner ce qu'on leur demande de donner. C'est ce que les deux paralympiens ont fait dimanche.

Des gens se trouvaient dans les parages, mais ils ne sont pas venus à leur aide. C'est une importante inquiétude et la seule réponse valable des autorités est de déployer plus d'agents dès maintenant. Nous enverrons 400 jeunes athlètes aux JO, nous devons nous assurer qu'ils seront protégés à tout prix.»

Chiller a fait parvenir une lettre au président du Comité organisateur des JO de Rio et au maire de la ville, Eduardo Paes, afin de leur faire part de ses inquiétudes. «Nous demandons que le niveau de sécurité soit révisé et que les agents devant être mobilisés pendant les Jeux le soient avant. [...] Faites-le maintenant.»

On estime à 85 000 le nombre de policiers et de soldats qui seront déployés pendant les Jeux olympiques et paralympiques, mais les crimes violents demeurent une réalité quotidienne à Rio.

La sécurité vient près de la tête d'une longue liste de problèmes empoisonnant les Jeux de Rio, dont le virus du Zika, la pollution de l'eau, les faibles ventes de billets et les coupes budgétaires.  

Avec AFP

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