Harlem Globetrotteuse!

Joyce «Sweet J» Ekworomaduest la 12e femme à... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Joyce «Sweet J» Ekworomaduest la 12e femme à jouer pour la mythique équipe en 90 ans.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Hier, j'ai vu un petit garçon avec mon maillot. Mon nom est Sweet J, alors j'ai pensé que son nom devait commencer par J. Mais pas du tout, il s'appelait Roger! J'étais son joueur préféré!»

Aux côtés du rigolo Anthony «Ant» Atkinson, du géant de 7'4'' Jermaine «Stretch» Middleton et de l'échevelé Alex «Moose» Weekes, Joyce «Sweet J» Ekworomadu tire son épingle du jeu à merveille comme seule femme de son équipe des Harlem Globetrotters.

Ses dribbles et ses tirs de quatre points - oui, une telle chose existe dans l'univers rocambolesque de la légendaire équipe en bleu, blanc et rouge - ont impressionné chacun des 3340 spectateurs qui remplissaient le gymnase-amphithéâtre du PEPS de l'Université Laval, samedi après-midi. Cela toutefois avant que l'arbitre ne l'expulse injustement du match!

Il est loin le temps où le spectacle de basketball ne pouvait se produire dans certains endroits à cause du racisme. Depuis leur premier jour sous ce nom le 7 janvier 1927, à Hinckley, en Illinois, les Harlem Globetrotters ont disputé plus de 26 000 matchs dans 122 pays. Ils en sont à leur 90e saison, sans interruption.

Juste samedi, des équipes des Harlem Globetrotters jouaient à Québec, à Lincoln au Nebraska, à Mexico et à Tarbes, en France. Toujours accueillis sous les acclamations et leur célèbre signature musicale, Sweet Georgia Brown sifflotée par Brother Bones.

«Je n'aurais jamais pu prédire me retrouver ici, habillée comme ça!» a confié Sweet J au Soleil avant la rencontre, coiffée du fameux bandeau tricolore.

«Quand j'ai fait les essais, je ne savais même pas faire tourner un ballon sur mon doigt. Et ça reste encore le truc le plus difficile à réussir pour moi!» s'exclame la 12e femme à faire partie des Harlem Globetrotters. Une 13e s'est jointe au groupe, trois sont actives. Troisième saison de Sweet J, au rythme de 110 matchs par année sur une période de quatre à cinq mois.

«Par contre, j'ai réussi 15 lancers de suite», poursuit-elle, pour expliquer son embauche. Élevée à Dallas, au Texas, elle avait d'abord choisi le surnom «Bang! Bang!» pour évoquer sa précision aux tirs de loin.

«Le patron de l'époque m'a répondu : ''Non, c'est du divertissement familial. On ne veut pas de fusils!'' Puis il m'a proposé Sweet J et j'ai tout de suite adoré. Sweet Lou Dunbar est un ancien joueur des Globetrotters devenu entraîneur et je suis un peu sa protégée, il est comme un deuxième père pour moi.»

Ses vrais parents, toujours bien présents, ont immigré du Nigéria aux États-Unis avant de fonder une famille. Si le nom Ekworomadu lui causait parfois plus d'embarras que de fierté étant jeune, la femme de 29 ans embrasse dorénavant la culture nigériane. Elle fait parfois honte à sa mère en tentant quelques mots d'igbo et se débrouille dans un anglais créolisé utilisé au pays.

Aux JO avec le Nigéria?

Ekworomadu est membre de la formation nationale féminine de basketball du Nigéria qui tentera de se qualifier pour les Jeux olympiques lors du tournoi de la dernière chance tenu à Nantes, en France, en juin. Comme la moitié de l'équipe, elle possède la double nationalité américaine-nigériane.

Avant les Globetrotters, elle a joué son basketball universitaire à Texas State, puis professionnel dans la WNBA, en Pologne et en Italie. «Voici le prochain chapitre! Jouer au basket, divertir les gens et, le plus important, les inspirer. C'est fantastique! Dieu m'a donné ce talent et me demande de l'utiliser pour être un modèle positif», conclut cette hyperactive de nature qui dirige aussi sa propre école de basket, est conférencière et même DJ à ses heures.

Pour ceux que cela intéresse, les Harlem Globetrotters ont (encore) gagné, samedi à Québec, 99-95 aux dépens des World All-Stars, nouveaux adversaires remplaçant dorénavant les Generals de Washington. Tout ce beau monde était à Montréal vendredi et sera à Ottawa dimanche.

Avant-gardistes depuis 90 ans

Mieux connue sous son surnom de Sweet J, Joyce Ekworomadu s'est jusqu'ici produite dans 40 pays, avec les Harlem Globetrotters ou l'équipe nationale du Nigéria. Si les réactions diffèrent d'un endroit à l'autre, certaines assistances étant plus enflammées que d'autres, «tout le monde aime les Harlem Globetrotters!» résume-t-elle. Devant les militaires en Afghanistan ou en Corée du Nord, bien qu'elle n'était pas de ces deux voyages, «durant deux heures, le temps s'arrête. À l'instant où les gens entendent la musique, ils se mettent à sourire!»

Les Globetrotters ont toujours été novateurs. Le premier Noir à évoluer dans la NBA, Nat «Sweetwater» Clifton, était un Harlem Globetrotter avant de signer avec les Knicks de New York, en 1950. «On a inventé l'alley-oop, inventé la ligne de trois points et avec notre tir de quatre points, la NBA commence à en parler!» fait valoir Ekworomadu, rappelant que Wilt Chamberlain était un Globetrotter avant de jouer dans la NBA et qu'un certain Magic Johnson a aussi déjà porté le fameux uniforme bleu, blanc, rouge au lettrage doré.

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