L'athlétisme agonise selon «King Carl»

Carl Lewis, l'ex-roi de l'athlétisme, n'est pas tendre... (AFP, Todd Warshaw)

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Carl Lewis, l'ex-roi de l'athlétisme, n'est pas tendre pour son sport et prédit une campagne décevante pour les Américains dans les épreuves masculines des JO de Rio.

AFP, Todd Warshaw

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Agence France-Presse
Los Angeles

Carl Lewis, légende de la piste, n'est pas tendre pour son sport et pour ses successeurs de l'équipe américaine. Selon lui, l'athlétisme est tout simplement en train de mourir et ses compatriotes ne triompheront pas aux Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro.

À cinq mois des JO de Rio, «King Carl» a livré un état des lieux peu reluisant et dénué de tout patriotisme quelques instants après avoir participé au lancement officiel de la commission des athlètes de Los Angeles 2024, dont il est l'une des figures de proue.

«Notre sport est en train de mourir. Quand Michael Johnson, moi-même, Jackie Joyner-Kersee et Edwin Moses avons pris notre retraite, l'athlétisme était au sommet. Depuis, son déclin est régulier : tout le monde dit que ce sport va bien, mais il faut se souvenir que pour les Mondiaux de Rome [1987] ou d'Helsinki [1983], il y avait 60 000 spectateurs dans les tribunes. Maintenant, il y a 25 000 personnes pour des Mondiaux, 60 % des réunions au calendrier il y a 20 ans ont disparu et les commanditaires sont partis», a-t-il martelé.

Le nonuple champion olympique prédit même une campagne décevante pour l'athlétisme américain dans les épreuves masculines des JO de Rio. «Regardez ce qu'il s'est passé lors des Mondiaux de 2015 : on n'a quasiment rien gagné chez les messieurs», a regretté celui qui a remporté huit titres mondiaux et un total de 10 médailles en quatre Championnats du monde, en référence aux quatre titres américains décrochés en Chine, dont un seul en sprint (4 X 400 m).

Un échec qui, selon lui, a pour origine le manque de qualification et de formation des entraîneurs dans le système scolaire. «Quand je vois des jeunes athlètes dans les compétitions universitaires, il y aurait tant de choses à changer dans leur façon de courir. L'entraînement [les premières années] n'est pas du tout ce qu'il devrait être.»

«Pathétique» saut en longueur

Mais ce qui désole encore plus Lewis, c'est le niveau actuel de sa discipline de prédilection, le saut en longueur, sur laquelle il a régné sans partage au niveau olympique de 1984 à 1996. «C'est la discipline qui est dans le pire état au niveau mondial, c'est affreux. Avec son record personnel datant d'il y a 80 ans, Jesse Owens aurait été troisième du concours des Jeux olympiques de Londres en 2012», a-t-il noté, en référence à son illustre prédécesseur, vainqueur de quatre titres olympiques à Berlin en 1936.

«Est ce que vous voulez vraiment voir des concours gagnés avec des sauts à 26 pieds [7,92 m]? Ils ne savent pas sauter, mais comme ils gagnent quand même, ils n'essaient pas de s'améliorer. À mon époque, quand je sautais 26 pieds, je demandais à ce qu'il ne soit pas mesuré», a-t-il fulminé.

À Londres, le Britannique Greg Rutherford a remporté le titre olympique avec un saut à 8,31 m, très loin du record du monde de l'Américain Mike Powell (8,95 m) établi en 1991 lors d'un duel épique avec Lewis durant les Mondiaux de 1991. «Mike et moi, nous sautions régulièrement à 28 pieds [8,53 m]. La génération actuelle? Rutherford? Je suis désolé, mais c'est pathétique, il ne devrait pas gagner comme cela», a conclu le roi des JO de Los Angeles, en 1984.

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