Les «ordures» et le Kenya dans la mire de Pound

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Présidée par le Canadien Dick Pound, la commission d'enquête indépendante de l'Agence mondiale antidopage dévoilera jeudi  un rapport accablant pour l'athlétisme.

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Agence France-Presse
Paris

Deux mois après son rapport-choc sur le «dopage organisé» dans l'athlétisme russe, la commission d'enquête indépendante de l'Agence mondiale antidopage (AMA) promet d'autres révélations «sidérantes» jeudi à Munich (Allemagne), avec en ligne de mire «certaines ordures».

Fin novembre, Dick Pound, président de cette commission, avait annoncé la couleur : «Il y aura un effet de sidération, je pense que les gens se demanderont comment cela a pu être possible».

«Il faut voir comment certaines de ces ordures ont agi. [...] Rarement j'ai vu des présidents de fédérations sportives aussi impliqués dans la corruption», avait ajouté le Canadien le 8 janvier, parlant d'un scandale «pire» que celui du football et la FIFA. «Il y a moins de zéros en jeu, mais cela affecte directement les résultats sportifs.»

Président pendant 15 ans de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), jusqu'en août dernier, Lamine Diack, 82 ans, sera très vraisemblablement mentionné jeudi à Munich. De source proche du dossier, le «M. Propre» de l'AMA et ses deux assesseurs devraient demander la radiation à vie du Sénégalais. Il est soupçonné d'avoir reçu un million d'euros (1,56 million $CAN) dans le cadre d'un système de chantage organisé où des athlètes, russes et autres, étaient rançonnés en échange de la non-révélation de leurs contrôles antidopage positifs.

Coe et Bubka visés?

Parmi ces «ordures» de l'IAAF, Dick Pound visait-il aussi Sebastian Coe, le successeur de Diack, élu en août face à Serguei Bubka? Dans un réquisitoire au Times, le 8 janvier, il n'épargnait pas le double champion olympique du 1500 m (1980 et 1984) et la légende de la perche ukrainienne, ex-vice-présidents de l'IAAF. «Coe et Bubka étaient là. [...] Et ils ont eu l'occasion il y a bien longtemps de s'emparer des problèmes», avait alors accusé l'ancien président de l'AMA, ironisant sur «une organisation du XXIe siècle gouvernée comme au XIXe siècle».

Dévoilés mercredi par l'agence Associated Press, des courriels et des lettres de 2009 à la Fédération de Russie prouvent que l'IAAF connaissait l'ampleur du dopage chez les athlètes russes, au point pour certains de «mettre leur vie en danger».

«Le problème est simple», a rétorqué Coe mercredi, auprès de CNN et Sky, à Londres : «Tous les résultats sanguins anormaux ont-ils été étudiés? Oui! Des sanctions ont-elles été prises et rendues publiques? Oui! Y a-t-il eu dissimulation? Non», a-t-il martelé.

Contraint fin novembre de sacrifier ses 222 000 $CAN de salaire annuel avec Nike devant les accusations de «conflit d'intérêts», notamment à la suite de l'attribution des Mondiaux 2021 à la ville américaine de Eugene (Oregon), siège de la marque à la virgule, Lord Coe est sur la défensive. Mais celui qui voyait Lamine Diack comme «son leader spirituel» a en tout cas écarté mercredi toute idée de démission.

Un problème au Kenya

Si le premier rapport de la commission d'enquête de l'AMA, le 9 novembre, avait exclusivement visé l'athlétisme russe, parlant alors d'«une culture profondément enracinée de la tricherie» et d'«une mentalité fondamentalement dévoyée profondément inscrite chez tous les athlètes russes», c'est le Kenya qui pourrait aussi être dans le collimateur jeudi. «Il est clair qu'il y a un problème au Kenya», a ainsi lâché Pound le 7 janvier au quotidien japonais Yomiuri Shimbun.

Concrètement, la commission de l'AMA va présenter jeudi ses conclusions sur une base de données de 12 000 échantillons sanguins prélevés par l'IAAF entre 2001 et 2012 sur 5000 athlètes. Ces mêmes tests sanguins à partir desquels la chaîne allemande ARD et le Sunday Times britannique avaient affirmé en août, juste avant les Mondiaux de Pékin, qu'un tiers des 146 médaillés aux Jeux olympiques et aux Mondiaux sur cette période 2001-2012 présentaient des «résultats suspicieux». Et parmi eux, 18 Kényans.

Une certitude : les résultats des athlètes des hauts plateaux étonnent, avec le Kenya pour la première fois de l'histoire en tête au tableau final des médailles de ce Mondial 2015.

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