La Russie nie les allégations de dopage organisé

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Le directeur exécutif de l'Agence russe antidopage (RUSADA), Nikita Kamaev

AP, Alexander Zemlianichenko

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Associated Press
Moscou

Le gouvernement russe a commencé à répliquer aux accusations de dopage étatisé, alors même que les premières sanctions lui étaient imposées.

Un rapport publié lundi par l'Agence mondiale antidopage (AMA) a accusé la Russie d'avoir mis sur pied ce système commandité de dopage et d'avoir camouflé des cas de dopage en athlétisme, dont quelques-uns par des médaillés olympiques. Ce rapport fait état de l'intervention du Service fédéral de sécurité de Russie (FSB) auprès d'un laboratoire antidopage pendant les Jeux olympiques de Sotchi.

Le porte-parole du président Vladimir Poutine a déclaré que les allégations faites dans ce rapport ne sont pas supportées par des preuves solides, tandis qu'un grand nombre de hauts dirigeants ont parlé de conspiration dans le but de diffamer le sport russe. «Tant qu'il n'y a pas de preuve, c'est difficile de considérer ces accusations, qui semblent plutôt infondées», a déclaré Dmitry Peskov.

À la suite de la parution de ce rapport, la Russie est menacée d'exclusion de toutes compétitions en athlétisme, y compris aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Le premier geste posé en lien avec les recommandations de ce rapport a été la révocation, mardi, du permis du laboratoire antidopage de Moscou, mettant ainsi fin à tous tests sur les échantillons sur place, qui seront dirigés vers un autre laboratoire accrédité par l'AMA, à l'extérieur du pays.

Résultats couramment falsifiés

La commission de l'AMA a indiqué que les résultats des tests étaient couramment falsifiés afin de protéger des athlètes russes de pointe. Le laboratoire est sous la direction de Grigory Rodchenkov, qui est accusé d'avoir camouflé des cas de dopage, d'extortion auprès d'athlètes et d'avoir détruit 1147 échantillons pour empêcher les enquêteurs de l'AMA d'y avoir accès. Le rapport recommande une suspension à vie pour Rodchenkov.

Le directeur exécutif de l'Agence russe antidopage (RUSADA), Nikita Kamaev, a dit que le laboratoire de Rodchenkov a «cessé de fonctionner», mais que son agence fonctionne toujours.

La RUSADA est également passible de suspension. L'AMA l'a accusée de nombreux vices de procédures dans son programme de tests, notamment d'avoir avisé des athlètes à l'avance de supposés tests inopinés, de collusion avec les entraîneurs et d'avoir permis à certains athlètes suspendus de participer à des compétitions.

Kamaev est l'un des nombreux dirigeants russes à prétendre que ce rapport est biaisé. «Certaines de ces allégations sont d'une acuité particulière et sont, si vous voulez, politisées», a-t-il dit, refusant de donner de plus amples détails. Il a cependant ajouté que les allégations d'infiltration du laboratoire de Moscou par des agents du FSB sont le produit «d'une imagination enflammée» et tiennent davantage du film d'espionnage.

En début de soirée, le Comité international olympique (CIO) a demandé à la Fédération internationale d'athlétisme d'ouvrir une enquête disciplinaire à l'endroit des athlètes, entraîneurs et dirigeants russes accusés par le rapport de l'AMA. Le CIO s'est dit prêt à priver de médaille tout athlète trouvé coupable par cette enquête de l'IAAF.

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