Philibert-Thiboutot entend faire sa place parmi l'élite mondiale

Charles Philibert-Thiboutot a la ferme intention de démontrer... (AFP, GEOFF ROBINS)

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Charles Philibert-Thiboutot a la ferme intention de démontrer que ses performances récentes ne sont pas une erreur de parcours. Aux Jeux panaméricains, à Toronto, le produit du club d'athlétisme du Rouge et Or a remporté la médaille de bronze au 1500 mètres.

AFP, GEOFF ROBINS

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(Québec) En l'espace d'une semaine, Charles Philibert-Thiboutot a couru les deux plus grandes courses de sa vie. Mais pas le temps de festoyer pour le jeune coureur de Québec, qui compte bien poursuivre son assaut de la scène internationale. «Je ne veux pas d'un succès éphémère», lance-t-il.

Après le chrono le plus important de sa carrière à Monaco, le 17 juillet, Philibert-Thiboutot a obtenu son plus important résultat, vendredi soir, en enlevant la médaille de bronze aux Jeux panaméricains. «C'est vraiment spécial. Même si un jour je réussis à remporter une médaille aux championnats du monde ou aux Olympiques, faire un podium dans une compétition d'envergure à Toronto, à la maison, c'est une occasion qui ne se représentera probablement jamais dans ma carrière.»

S'il a livré la marchandise pour la deuxième fois en sept jours, Charles Philibert Thiboutot est encore affamé de succès. «C'est beau faire un bon temps, mais en tant qu'athlète, je ne veux pas être un one-hit wonder», explique le jeune homme de 24 ans. «Mon objectif pour le reste de la saison est de retourner dans les temps que j'ai réalisés à Monaco, pour montrer que ce n'est pas un résultat trompeur.»

Son entraîneur, Félix-Antoine Lapointe, croit que la médaille de bronze du coureur aux Panams est une première étape de franchie pour confirmer son statut. «J'avais hâte de voir comment il serait capable de rebondir après une performance qui a amené une grosse charge émotive. Surtout que ce sont deux courses qui demandent des aptitudes très différentes. À Monaco, les participants courent pour leur chrono, tandis qu'aux Jeux panaméricains, c'est dans le but de gagner. Charles a montré qu'il peut faire les deux.

Alors que les bons résultats s'accumulent pour l'équipe canadienne d'athlétisme aux Jeux panaméricains, plusieurs ont le coeur à la fête dans le village des athlètes. Philibert-Thiboutot, lui, a déjà la tête à sa prochaine course. Il s'envole aujourd'hui avec son entraîneur vers Stockholm, pour une course de la ligue de diamant. Une autre occasion de prouver qu'il appartient à l'élite.

«Il faut que je continue à regarder en avant et, surtout, que je ne m'assoie pas sur ce que j'ai fait la dernière semaine», explique l'ancien du Rouge et Or.

Moins de pression en 2016

L'atteinte du standard olympique n'assure pas encore à Charles Philibert-Thiboutot sa place aux Olympiques, mais il l'en approche drôlement.

«Ça faisait un bout que j'essayais de courir sous le standard olympique et ça marchait plus ou moins, pour plusieurs raisons. Soit que les compétiteurs n'étaient pas assez relevés, soit ma course n'était pas assez belle ou les conditions météo n'étaient pas clémentes. À Monaco, toutes les conditions qui font une course rapide étaient réunies.»

Grâce à son chrono de 3:34,23, l'athlète n'a plus qu'à réaliser une «preuve de forme», la saison prochaine, pour obtenir son billet pour Rio. Cette dernière peut être faite de plusieurs façons, notamment un top 3 au championnat canadien.

«Le gros du travail est fait. C'est le temps qui est vraiment dur à atteindre. Ce que j'aurai à faire l'an prochain ne sera pas aussi éprouvant.»

Cette pression en moins, Philibert-Thiboutot pourra alléger son calendrier de course en début de saison prochaine, et se préparer uniquement en fonction des championnats nationaux et des Olympiques. «Ce sera beaucoup moins stressant. Je vais pouvoir bâtir mon entraînement de manière à arriver à Rio au sommet de ma forme.»

Victime du Comité de sélection canadien

Charles Philibert-Thibouto a réussi à atteindre le standard des championnats du monde au 1500 m plus de trois semaines avant la date limite, ce qui aurait dû, en principe, lui valoir une place à la compétition. Sauf qu'Athlétisme Canada avait imposé sa propre date butoir : le 5 juillet. Le coureur se retrouve donc victime de la politique du Comité de sélection canadien.

Son compatriote Nathan Brannen, qui a terminé tout juste devant Philibert-Thiboutot sur le podium des Jeux panaméricains, se trouve exactement dans la même position. Le lendemain de la course record de Philibert-Thiboutot à Monaco, le 17 juillet, Brannen a lui aussi effectué le standard des championnats du monde lors d'une compétition en Belgique.

«Nous avons rencontré les gens d'Athlétisme Canada à deux pour voir ce qui pouvait être fait. Je pense que Nathan et moi sommes dans ceux qui ont le plus livré la marchandise, autant pour notre chrono que notre performance aux Panams», explique Philibert-Thiboutot. «Présentement, je suis classé vingtième au monde et Brennan est à peu près trentième. Sachant qu'aux mondiaux, il y a environ 45 coureurs sur la ligne de départ, ce serait un peu niaiseux de ne pas nous amener.»

Le coureur a de la difficulté à comprendre pourquoi Athlétisme Canada devance la date limite pour réaliser le temps standard. «On est dans la meilleure forme de notre vie, on est sur la pente ascendante. Si le reste du monde a jusqu'au 9 août pour se qualifier, c'est injuste qu'on ne puisse pas y aller.»

Les deux coureurs peuvent compter sur l'appui de leurs coéquipiers à Toronto, assure Philibert-Thiboutot. «Ça se jase beaucoup dans les athlètes de l'équipe canadienne en ce moment, les gens pensent que l'on a notre place aux mondiaux.»

Le coureur est donc en attente d'une décision des autorités canadiennes, laquelle devrait être prise en début de semaine prochaine. «Il y a peut-être une mince chance que j'y sois. Je pense qu'Athlétisme Canada et le Comité de sélection national travaillent sur l'aspect administratif pour voir s'il n'y a pas un moyen de nous faire rentrer.»

Garder ses attaches à Québec

S'il a désormais terminé son stage universitaire, Charles Philibert-Thiboutot continue de travailler étroitement avec l'entraîneur du Rouge et Or, Félix-Antoine Lapointe. Ce dernier le suit régulièrement dans des compétitions internationales et il est encore le responsable du programme d'entraînement du coureur, qui passe désormais ses hivers dans l'Ouest canadien avec l'équipe nationale.

«Mon ascension sur la scène internationale débute, mais j'ai eu beaucoup de succès sur la scène nationale avec le Rouge et Or en m'entraînant avec les ressources qu'on a à Québec», explique Philibert-Thiboutot. Maintenant coureur à temps plein, il fait le choix de revenir s'entraîner à la maison dès que la température devient assez clémente pour courir à l'extérieur.

«Il y a bien des entraîneurs qui rêvent de participer à des compétitions comme celles que je fais avec Charles. À 27 ans, je suis privilégié», admet pour sa part Félix-Antoine Lapointe. Selon lui, le fait que son athlète continue de s'entraîner dans la région est bon pour le Rouge et Or, mais aussi pour l'athlétisme au Québec. «Il y a de moins en moins d'athlètes qui ont du succès sur la scène internationale et qui sont basés dans la province. Ça montre aux plus jeunes que c'est possible.»

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