La petite perle venue d'Ukraine

Débarquée à Québec il y a 15 mois,... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Débarquée à Québec il y a 15 mois, la jeune gymnaste ukrainienne Daryna Porada s'est rapidement fait remarquer par ses futurs entraîneurs, Sylvain Genois et Elena Grosheva.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Une jeune immigrante championne de gymnastique. Un ex-étudiant en philo devenu entraîneur. Une ancienne médaillée olympique russe mariée à un pianiste réputé. Tous les ingrédients sont réunis pour écrire une histoire à succès, au pire un bon téléfilm.

Ces personnages bien réels se côtoient chaque jour à l'Arpidrome de Charlesbourg, au sein du club de gymnastique Québec Performance. La région n'a pas produit une gymnaste aussi prometteuse à un aussi jeune âge depuis au moins une décennie, sans doute beaucoup plus.

Daryna Porada vient de Ternopil, dans l'ouest de l'Ukraine. Il y a 15 mois, ses parents ont fui un pays en manque de démocratie pour venir trouver à Québec ce qu'il y a de mieux pour leurs quatre enfants. La puce de neuf ans est l'une des deux athlètes de la capitale classées au niveau national avec Ève Gagné, âgée de 18 ans.

Au-dessus des billes noires qui lui servent d'yeux, ses deux tresses françaises sont tellement blondes qu'elles font penser à des colliers de perles. La fillette rigole en russe avec sa coach, précise les questions en ukrainien pour son père.

Plus timide en français devant le journaliste, on lui prête déjà la détermination d'une grande championne, et le caractère qui vient avec. Lors des récents championnats québécois, malgré trois médailles d'or et une d'argent au cou, elle était fâchée de ne pas gagner la coupe du classement cumulatif de la saison.

«Situation spéciale»

«C'est une situation spéciale. Tous les morceaux sont vraiment tombés à la bonne place», sourit Elena Grosheva. Originaire d'Iaroslavl, à 250 km au nord-est de Moscou, la femme de 36 ans a remporté une médaille d'argent à l'épreuve par équipe des Jeux olympiques de 1996, en plus d'être deux fois médaillée aux Championnats du monde.

Elle s'enrôle ensuite avec le Cirque du Soleil, en 1998, avant de tomber amoureuse du pianiste Steve Barakatt. Puisque qui prend mari prend pays, elle s'installe à Québec en 2005. Ils ont une fille, Victoria, belle ballerine de six ans.

Grosheva est entraîneure à temps plein à Québec Performance depuis un an et demi. Elle a pris la petite Porada sous son aile. Les deux filles montrent une complicité évidente. «Daryna a eu plus un coup de foudre pour Elena que pour moi», atteste Sylvain Genois, entraîneur responsable du volet compétitif au club.

La famille Porada s'était d'abord installée à Sainte-Foy, la petite plaçant sa confiance sportive en Marie-Josée Provençal. Celle qui a demandé à Genois de venir voir sa nouvelle recrue. «Daryna ne voulait rien me montrer!» raconte celui qui a ainsi dû sortir de la salle et y laisser une espionne, sa copine, vite persuadée du talent unique de la gamine.

Entraîneur convaincant

Aidée de Grosheva, Genois s'est fait assez convaincant pour amener les Porada à Charlesbourg. Jusqu'à déménager la famille près de l'Arpidrome, où la deuxième de quatre enfants s'entraîne quatre heures par jour, cinq jours par semaine. La plus vieille fait de l'escrime, la troisième aussi de la gymnastique et le petit dernier... de la garderie, pour l'instant.

Les deux entraîneurs cultivent également une excellente connivence. Étudiant en philosophie à l'Université Laval au milieu des années 90, Genois a fait quatre mois d'études russes à Moscou, en 1995. Ce qui lui permet de comprendre le vécu de Grosheva, en plus d'un peu de la langue russe. «J'ai déjà pris un coupon pour aller chercher du pain», illustre-t-il.

Trois ans de gymnastique en Ukraine ont établi plus que des fondations solides pour Daryna. «La famille avait déjà compris. Je n'ai pas eu besoin de leur expliquer les sacrifices et les efforts que ça prend pour devenir athlète de haut niveau», résume Genois.

Professeure de formation, maman Bohdana (prononcer Bogdana) lui enseigne une partie de sa quatrième année à la maison. Et papa Oleh (prononcer Oleg) «lui en demande peut-être même plus que moi», ajoute le coach.

Prochaine étape? «Gagner les championnats de l'Est!» lance sans détour l'enfant. Rendez-vous la fin de semaine prochaine, à Moncton.

600 athlètes réunis à Québec

Depuis samedi, les troisièmes Jeux de la Fédération de gymnastique du Québec (FGQ) rassemblent 600 athlètes âgés de 7 à 17 ans au stade de soccer intérieur de l'Université Laval. Des épreuves de gymnastique artistique, de trampoline, de gymnastique rythmique et d'acrogym sont au programme jusqu'à 17h, aujourd'hui. Né de la fusion de cinq clubs de la région de Québec en 2013, Québec Performance y sera représenté par une quarantaine de concurrents. Le club organisateur des Jeux FGQ regroupe plus de 3000 gymnastes, dont environ 400 dans le volet compétitif. Quelque 250 bénévoles ont mis la main à la pâte pour cet événement.

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