Mikaël Grenier rentre aux puits

À 22 ans, Mikaël Grenier revient courir en... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À 22 ans, Mikaël Grenier revient courir en karting, là où il était il y a sept ans. Les dernières années n'ont pas été faciles moralement pour le jeune pilote québécois.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Quand on se bat pour avoir une place en Indy, on apprécie le moment où on est dans l'auto. Mais en dehors, ce n'est pas un monde très agréable.»

On sent que Mikaël Grenier est en train de se détacher. Non pas que le pilote de Stoneham a abandonné son rêve de gagner sa vie avec un volant entre les mains. Mais à 22 ans, il revient courir en karting. Là où il était il y a sept ans, adolescent, quand tous les espoirs lui étaient permis.

Des espoirs peu à peu déçus en grimpant les échelons de l'univers de la monoplace, de la Formule BMW à l'IndyCar en passant par les séries Star Mazda et Indy Lights. «Les dernières années ont été très difficiles moralement», reconnaît-il sans détour.

«En karting, je voulais retrouver le plaisir de la course automobile», indique celui qui a participé au Florida Winter Tour de karting, avant de se casser une côte, en janvier. Importante rétrogradation pour celui qui à peine quelques mois plus tôt servait de pilote d'essai en IndyCar, pour l'écurie KV Racing, avec qui s'alignait Sébastien Bourdais.

«J'ai encore des contacts avec KV Racing, mais être pilote de réserve, ça ne m'intéressait pas. De toute manière, si quelqu'un se blesse et qu'ils veulent m'appeler, ils m'appelleront! Être pilote d'essai, ça te bloque les portes ailleurs et je n'avais pas beaucoup de temps de piste.

«Le nerf de la guerre, c'est l'argent!» poursuit-il. «Il ne faut pas lâcher, mais à un certain moment, sans dire que j'ai abandonné, il faut prendre ça un jour à la fois. Si une porte s'ouvre en Indy, je vais sauter dedans à pieds joints. Mais les équipes avec qui j'ai parlé et les autres pilotes qui sont dans la même situation, tout ce dont ils parlent, c'est l'argent. C'est plate, mais c'est ça.»

Guerre perdue d'avance

On est loin du garçon de 10 ans qui avait serré la main de son idole Michael Schumacher au Grand Prix de Formule 1 de Montréal, en 2003. Les incessantes discussions financières ont fini par émousser son envie de se battre dans une guerre qui semble perdue d'avance.

En IndyCar, un pilote doit fournir la moitié du budget de saison de 6 millions $. Un demi-million juste pour courir le Indy 500. Le Brésilien de 22 ans, Felipe Nasr, contre qui Grenier a couru en Formule BMW et qui conduit cette saison en F1, apporte une commandite de 25 millions d'euros (plus de 32 millions $CAN) chez Sauber, gracieuseté de la Banque du Brésil. «Les banques d'ici ne font pas ça», ne peut que constater le Québécois.

Sa passion pour la course et la vitesse demeure toutefois intacte. C'est pourquoi il veut prendre le départ des quatre épreuves du championnat de l'Est du Canada de karting de compétition, cet été, puis de la finale canadienne, afin de se qualifier pour le Championnat du monde de l'automne. Il avait pris part au Mondial en 2007, à Dubaï.

Au volant d'un bolide dont la vitesse de pointe atteint quand même 150 km/h, Grenier retrouve avec plaisir son entraîneur d'antan, Alexandre Louet, et son mécanicien Steve Pinet.

«Mikaël a toujours la passion du gaz, des tires et tout ça!» assure Louet, regrettant que seulement 20 pilotes dans le monde s'alignent en F1 et à peine 30 autres en IndyCar.

****

Mondial en France

Mikaël Grenier a commencé à conduire à cinq ans... chez Karting Château-Richer (KCR). C'est là qu'il s'est développé comme pilote, conseillé par Alexandre Louet. Le Français d'origine, ancien champion des 24 heures du Mans en karting est toujours directeur de KCR. Treize de ses pilotes participeront aux Championnats du monde de kart de location, à la mi-juin. Quelque 250 participants en provenance de la centaine de pistes dans le monde affiliées au constructeur français Sodi rouleront sur le circuit de Cormeilles, en banlieue de Paris.

Menée par le vice-champion du monde Dany St-Hilaire et son fils Alec, la délégation québécoise comptera aussi Hugo Parent, Serge Boisvert, Steve Madore, Anthony Fournier-Francoeur, Geneviève Béland, Sabrina Caron, Gabriel Gagnon, Luc Grondin, Simon Jobin, Jacques Lapointe et François Richard. Les engins de KCR atteignent 85 km/h dans la ligne droite, mais ceux utilisés à Cormeilles friseront les 120 km/h.

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