Basketball féminin: grand jour pour une grande joueuse

Mariam Sylla, meilleure joueuse universitaire du Québec, et... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Mariam Sylla, meilleure joueuse universitaire du Québec, et les Martlets de McGill affrontent aujourd'hui en finale les Lancers de Windsor, grandes favorites et quadruples championnes en titre.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Première finale canadienne en basketball pour McGill. Première aussi en 10 ans pour une équipe universitaire du Québec. Au coeur de cet exploit : les performances de Mariam Sylla. Dire que son parcours unique pourrait un jour ramener la meilleure joueuse universitaire du Québec au PEPS... dans le maillot du Rouge et Or!

Sylla et les Martlets se frottent aux grandes favorites et quadruples championnes en titre, cet après-midi (13h), à l'Université Laval. Menées par l'entraîneure québécoise Chantal Vallée, les Lancers de Windsor écrasent tout sur leur passage. Mais McGill n'avait perdu que par sept à Windsor, 55-48, l'avant-veille du jour de l'An.

Et malgré les deux victoires des Martlets jusqu'ici dans le tournoi, Sylla n'apparaît pas encore sous son meilleur jour. «Je garde confiance. Si ça ne rentre pas pour moi, ça va rentrer pour mes coéquipières. Je sais que je suis une bonne joueuse et probablement que demain, ça va aller mieux», a espéré la grande 15 aux espadrilles vert lime, samedi, après ses 6 points et 10 rebonds dans un gain de 59-57 en prolongation contre UBC.

Sylla vient d'être nommée joueuse par excellence du basket féminin universitaire québécois pour une deuxième saison consécutive. L'année précédente, on l'avait élue meilleure recrue. Trois fois joueuse de l'année en trois au cégep.

Avec le R et O en 2016?

Née en Guinée, elle a immigré à Montréal avec sa famille à l'âge de 13 ans, en 2005. L'entraîneur Daniel Lacasse a vite repéré cette efflanquée de 5'11'' dans les corridors de l'école secondaire Saint-Laurent. Elle n'avait jamais joué au basket, un peu de soccer avec son frère et sa soeur.

Elle a maintenant 22 ans, mesure 6'1'' et pèse 170 livres. Elle veut devenir pharmacienne. Comme son père, pharmacien propriétaire de 6'6'' toujours installé à Conakry, capitale de la Guinée. Il vient souvent les visiter. C'est de lui qu'elle tient sa grandeur. De sa mère, coiffeuse à Montréal, elle tient ses jolies tresses bien serrées et beaucoup plus.

Sylla terminera son baccalauréat en science de la pharmacologie à McGill en décembre prochain. Elle souhaite poursuivre sa formation de pharmacienne l'an prochain. Programme qui ne se donne qu'à l'Université de Montréal ou à l'Université Laval.

De là la possibilité de la voir s'aligner pour le Rouge et Or pour sa cinquième et dernière saison universitaire, en 2016-2017. Entrant au deuxième cycle, elle serait épargnée par la règle d'exclusion d'un an en cas de transfert d'une équipe à une autre. L'UdeM n'a pas de basket.

«C'est sûr que j'applique dans les deux écoles. Mais mon premier choix est de rester à Montréal avec ma famille», prévient-elle. «Surtout que ce serait juste pour un an. Et après mes quatre ans, je ne sais pas si j'aurai encore le goût ou non de jouer. Il n'y a rien d'impossible, mais mon but est de me faire accepter et à partir de là, on verra», tranche celle qui n'exclut pas non plus un détour dans une ligue professionnelle européenne.

Elle écarte pour l'instant un retour à Conakry autre qu'en visite. Elle se sent plus Québécoise que Guinéenne. «J'aimerais quand même contribuer dans le sport auprès des jeunes filles là-bas. Parce que moi, ça m'a complètement changée! Avant, j'étais une personne introvertie qui avait peur du monde autour et le sport m'a permis de m'ouvrir, de me réaliser.»

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Des anciennes très actuelles

Des Castoriettes des années 50 au Rouge et Or de 2015, le basketball féminin a fait du chemin à l'Université Laval. Venues de Québec, de Montréal, de Toronto et même du Rhode Island, 70 anciennes joueuses du programme étaient réunies samedi au PEPS pour rendre hommage à l'entraîneure tout juste retraitée Linda Marquis.

«J'aurais voulu jouer au hockey, mais il n'y en avait pas [pour les filles]. Alors je me suis rabattue sur le basket», raconte Hélène Amyot (1971 à 1975), 40 ans après son dernier match dans l'uniforme de l'UL. Prof d'éducation physique durant 36 ans au Collège Jésus-Marie de Sillery, la nièce du nageur Jacques Amyot se souvient du Rouge et Or comme d'«un beau milieu d'accueil pour les femmes, qui n'avaient pas grand-chose» dans le sport.

La dame de 62 ans a gardé contact avec Estelle Fillion, Édith Boivin, Anne-Marie Fortier, Monique Parent et Hélène Tanguay, ses coéquipières d'alors. Première saison, automne 1971. «Notre objectif était de finir premières. On avait battu Trois-Rivières à notre premier match, avant de se faire écraser par Bishop's. Notre objectif était ensuite devenu de finir première équipe francophone.» Sherbrooke jouait aussi.

C'était après les Castoriettes, première équipe féminine à l'UL. Un journal souligne leur victoire aux dépens des Poutchinettes de l'Université de Montréal. Bien avant le passage des soeurs Chantal et Renée Champagne chez le Rouge et Or, au tournant des années 80.

Aujourd'hui vice-présidente aux relations avec les donateurs à l'Université Brown, à Providence, au Rhode Island - elle faisait la même chose à Cornell (Ithaca, N.Y.) depuis 15 ans -, Chantal Champagne (1978 à 1981) tenait à être de la fête. «Mon passage ici m'a appris à communiquer avec différents types de personnes», explique celle qui a quitté Québec en 1984 pour aller faire son doctorat en biologie cellulaire et moléculaire en Californie. 

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