Championnat mondial de raquette: courir la ville

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Le Championnat mondial de course de raquettes

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(Québec) Bravant le vent glacial, les 200 participants du championnat mondial ISSF de course en raquettes se sont mesurés à un parcours ardu, tout en côtes, qui serpentait à travers le site du Carnaval de Québec.

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Maxime Leboeuf

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Pour la première fois, la compétition était organisée par l'équipe du Pentathlon des neiges. Sport de démonstration pour les Jeux mondiaux des maîtres, l'épreuve a réuni autant l'élite internationale que les amateurs. Une douzaine de pays ont été représentés.

«L'événement a été possible grâce aux Jeux mondiaux des maîtres. Le financement qu'ils nous ont donné nous a permis d'enneiger la Grande Allée», explique François Calletta, directeur général du groupe Pentathlon. Le parcours urbain, qui surplombait le fleuve Saint-Laurent, se distingue des sentiers boisés où ont habituellement lieu ces compétitions, explique-t-il.

Après un départ en plein coeur du Carnaval, les coureurs ont longé le Cap Diamant, avant de redescendre sur le site. Par la suite, ils ont remonté le faux plat de la Grande Allée avant de revenir sur les Plaines et d'attaquer les escarpements près de la fontaine. Cette boucle totalisant 2,5 kilomètres a été répétée quatre fois avant le fil d'arrivée.

«Extrêmement difficile»

Au dire du directeur général, le parcours «extrêmement difficile» risquait de donner du fil à retordre aux athlètes. «Ce qu'on suggérait aux participants, c'était de gérer leur course au premier tour, sinon le quatrième tour allait être très long.»

Une stratégie qu'a suivie à la lettre le gagnant, Maxime Leboeuf, un habitué des sports d'hiver qui a pratiqué le biathlon pendant 10 ans. Originaire de Québec, l'athlète de Gatineau a causé la surprise en remontant de la troisième à la première position au quatrième tour pour terminer à 46 min 40 s. «Je suis resté troisième, j'étais confortable. Au quatrième tour, il me restait de l'énergie, j'ai donné tout ce que j'avais.»

S'il a bien géré son parcours, il ne l'a pas pour autant trouvé facile. «La neige était molle. Quand on poussait, l'énergie ne se transférait pas du tout», explique-t-il.

Fraîche de la veille, la neige s'est révélé un bien plus grand obstacle que le froid, qui a atteint les spectateurs bien plus que les coureurs. La foule massée au début de la course s'est peu à peu dispersée dès le deuxième tour. La curiosité n'a pas réussi à avoir le dessus sur la morsure du vent.

Premier durant la majeure partie du parcours, Joël Bourgeois a été rattrapé par le Catalan Just Sociats et n'a pas pu trouver l'énergie pour le rattraper. L'athlète olympique du 3000 mètres steeple et champion du Défi raquette 2014 s'est dit toutefois très satisfait de sa troisième place, à 47 min 12 s. «J'ai fait ce que j'avais à prouver, j'en suis au point où je me dis : "Plus je bats des petits jeunes de 30 ans, mieux c'est."»

La championne du côté des femmes a connu aussi quelques difficultés. «Je suis tombée cinq fois», dit Sarah Bergeron-Larouche, qui a terminé à 57 min 28 s. «J'ai souffert, j'ai eu mal.» Malgré tout, l'athlète de Trois-Rivières a réussi à s'amuser sur un parcours «moins rapide, mais plus intéressant». «Avec la neige, on se laissait glisser dans les descentes», ajoute-t-elle.

Si l'effort soutenu les a gardés du froid, au fil d'arrivée, les coureurs ne se sont pas éternisés. Raquettes aux pieds, ils sont vite repartis, pour aller se réchauffer.

Des Catalans sur le podium

Si le Québec possède une longue tradition en matière de raquette, la course en raquettes, elle, n'en est pourtant qu'à ses balbutiements.

«Je pense que pour nous, traditionnellement, la raquette est un sport de loisir», explique François Calletta, directeur général de l'équipe du Pentathlon.

«Ça fait des milliers d'années que la raquette existe. Mais l'engouement pour la raquette de course suit celui de la course à pied et des triathlons», explique Loïc Després, représentant pour la compagnie Atlas au Québec.

«Avant, on avait une seule compagnie française qui fabriquait les raquettes de course [plus petites et moins flottantes que les traditionnelles]. Maintenant, tous les manufacturiers de raquettes s'y sont mis», commente François Calletta.

Pratiquée sur des sentiers de neige tapée, la course en raquettes permet une plus grande liberté que les souliers de course chaussés de crampons.

Si les Québécois se sont distingués au Championnat mondial de course en raquettes, les Européens, eux, ont été nombreux à se déplacer. Les podiums chez les hommes et les femmes ont été occupés par des Québécois... et des Catalans. Très structurée, la fédération de la Catalogne est le fruit d'une tradition de près de 50 ans.

Étonnant pour un pays où la culture de l'hiver est moins forte qu'au Québec. «Les Européens en ont fait une fête. Il y a 200 coureurs qui partent et après 5000 marcheursles suivent. Ici, tout le monde peut marcher n'importe où. Là-bas, ils doivent construire un parcours», raconte M. Calletta.

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