Les arts martiaux mixtes au point mort

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Conscient de l'importance de la création d'une fédération, Dany Laflamme, propriétaire de Nova Gym dans Beauport, croit que le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport pourrait au moins faire état de ses travaux auprès de l'industrie.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Les clubs de sports de combat misant sur les arts martiaux mixtes (AMM) déplorent le temps fou que met le gouvernement du Québec à accoucher d'une fédération officielle pour régir la discipline au niveau amateur. En attendant, aucun combat n'a eu lieu dans la province depuis près d'un an, à l'exception de duels professionnels.

Bonne nouvelle dans le monde des AMM en juin 2013. Les élus de la Chambre des communes à Ottawa modifiaient l'article 83 du Code criminel canadien encadrant les sports de combat organisés, permettant ainsi aux provinces de nommer un «organisme [...] pour la régie du sport». Pas le choix d'y inclure les AMM, un sport gagnant en popularité.

Chez les pros, pas de changement. La Régie des alcools, des courses et des jeux s'occupait déjà d'encadrer les évènements d'AMM au Québec, dont les fameux galas de la UFC.

Mais n'ayant pas la compétence pour régir le volet amateur des AMM auparavant, le Québec n'a jamais eu de fédération officielle chapeautant les clubs de développement. En fait si, elle en avait une, mais elle était «tolérée», sans être véritablement légale. Il s'agit de la Fédération québécoise de boxe mixte amateur (FQBM). L'organisation a notamment développé le réputé George St-Pierre, aujourd'hui grande vedette des AMM à travers la planète.

Il y a près d'un an maintenant, les 80 clubs de combats membres de la FQBM ont accepté à l'unanimité de ne plus tenir de galas amateurs, le temps de collaborer avec le gouvernement dans l'élaboration d'un premier cadre légal. Mais l'attente est beaucoup plus longue que prévu.

Selon Dany Laflamme, propriétaire de Nova Gym, dans Beauport, la lenteur du processus «retarde le développement» du sport et des athlètes. Conscient de l'importance de la création d'une régie, M. Laflamme croit que le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) pourrait au moins faire état de ses travaux auprès de l'industrie. «Depuis un an», c'est le silence, a-t-il dénoncé.

L'entraîneur convient que le changement de gouvernement au printemps 2014 «n'a sûrement pas aidé». Le dossier est aujourd'hui entre les mains du sous-ministre adjoint au MELS, Luc Fournier.

«Lock-out»

Qualifiant l'affaire de «lock-out», M. Laflamme observe plusieurs conséquences sur le terrain. «Il n'y avait plus de galas amateurs, alors il y a des combattants amateurs qui ont participé à des galas professionnels. Ils n'étaient pas de calibre et les combats ont été très courts. Ce n'est pas bon pour l'image du sport», a-t-il cité en exemple. M. Laflamme voit également une baisse des inscriptions, alors que certains jeunes décrochent tout simplement, faute de compétitions.

Fernand Morneau, président-fondateur de la FQBM - créée en 2001 -, admet que l'industrie vit une traversée du désert. Mais il y voit un passage obligé. «Ça fait 13 ans qu'on attend ça!» a-t-il dit au bout du fil.

Il reconnaît «qu'une dizaine» de ses membres ont actuellement des problèmes financiers liés à cette longue pause. Les galas amateurs permettent aux propriétaires d'aller chercher de nouveaux revenus, a-t-il expliqué. «Certains n'ont pas payé leur loyer, d'autres sont allés se chercher des prêts», a-t-il indiqué, ajoutant que les inscriptions à elles seules ne peuvent couvrir toutes les dépenses d'un club.

M. Morneau minimise cependant les impacts du moratoire sur les athlètes. Pour lui, les combattants les plus prometteurs ou ambitieux ont la possibilité de progresser malgré l'absence de compétitions. Des tournois ont en effet eu lieu dans la réserve amérindienne de Kahnawake ces derniers mois. La réserve jouit d'une exemption, ayant sa propre commission athlétique. Mais selon Dany Laflamme, tous les athlètes de la province ne peuvent participer à ces galas, le nombre de combats étant limité.

La sécurité au coeur du débat

Les règlements de sécurité sont au coeur du processus pour homologuer une fédération encadrant les sports de combat concertés comme les arts martiaux mixtes (AMM).

À ce titre, la Fédération québécoise de boxe mixte (FQBM) semble tout indiquée pour devenir le premier organisme officiel régissant les AMM au niveau amateur. C'est du moins le pouls obtenu par Le Soleil auprès des acteurs du milieu.

Le directeur technique de la FQBM, Fernand Morneau, ne peut rien confirmer. Il croit cependant que son organisation possède déjà toutes les bases pour être une régie. À vrai dire, il estime faire cavalier seul. Il vante un bilan sans faille et une constante collaboration avec les autorités du temps que sa fédération était «tolérée» par le provincial.

«Nos combats ont tous été considérés comme légaux», a-t-il assuré. Il défend également un bilan de sécurité sans tache. «On a été chanceux. Depuis 2001, on a fait 4200 combats. On n'a pas eu de blessures graves ou de commotion cérébrale», a-t-il affirmé. Difficile de vérifier ce bilan, les chocs à la tête n'étant pas tous diagnostiqués immédiatement.

Pour être homologuée, la FQBM a déposé ses règlements de sécurité dès 2013 au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), responsable du dossier. Depuis, M. Morneau attend une réponse du gouvernement du Québec.

Du côté du Ministère, une porte-parole a fait savoir «qu'aucun règlement de sécurité approuvé en matière d'arts martiaux mixtes» était approuvé pour le moment.

«Le Ministère a effectué des démarches auprès du Comité des sous-ministres fédéral, provinciaux et territoriaux afin que soient élaborées des mesures de sécurité standardisées pancanadiennes pour ce type d'arts martiaux. Un groupe de travail, sous la coprésidence du Québec et Sport Canada, devra soumettre ses recommandations. Ledit groupe n'a pas encore été formé, ce qui laisse croire que le dossier pourrait encore durer...

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