Le parcours hollywoodien de Frédérick Roy

Frédérick Roy se plaît beaucoup avec les Americans... (Photo fournie par les Americans de Rochester)

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Frédérick Roy se plaît beaucoup avec les Americans de Rochester de la Ligue américaine. Tous les jours, dit-il,il arrive à la patinoire avec le sourire au visage.

Photo fournie par les Americans de Rochester

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(Québec) En 2009, Frédérick Roy quittait les Remparts de Québec et le hockey pour se mettre aux trousses d'un autre rêve : devenir acteur. Derrière ce virage à 180 degrés se cachait une blessure à vif. Écorché par son premier amour, le hockey, le petit attaquant avait décidé de prendre ses distances de son sport, avant d'y revenir, l'année suivante. En deux ans, il sera donc passé des salles d'auditions californiennes à la Ligue américaine de hockey... Un parcours digne de Hollywood!

Sans jamais nommer l'incident qui a mené à la cassure de 2008 - un coup porté au visage d'un adversaire qui avait valu à Frédérick une suspension de 15 matchs -, Patrick Roy remet aujourd'hui en perspective cette parenthèse, qui ne témoigne pas, selon lui, d'un manque de caractère de son fils... Au contraire.

«Fred n'a jamais abandonné le hockey, parce qu'il n'aimait pas ça. Il a abandonné le hockey parce que le hockey l'a laissé tomber. Ce n'est pas pareil. Et c'est là qu'il s'est remis en question. Des fois, tu te demandes comment des gens peuvent être aussi méchants et sournois envers un jeune de 17 ans...», a laissé entendre le paternel, au sujet de la controverse très médiatisée qui avait entouré les événements.

Jouer au hockey avec Cuba Gooding Jr

À Santa Monica où il s'était réfugié, Frédérick suivait des cours et passait des auditions en vue d'une carrière au petit ou au grand écran. Dans ses temps libres, il lui arrivait de jouer au hockey avec un certain Cuba Gooding Jr (Jerry Maguire). Là-bas, il s'est surtout rendu compte que sa première passion, son sport, lui manquait. Il y reviendra la saison suivante, en 2010-2011.

«Quand je suis parti, mentalement, je n'étais plus là. J'aurais pu rester à Québec, mais j'aurais été malheureux. Ça n'aurait pas été juste envers moi, envers mes coéquipiers, ma famille. J'ai été chanceux d'avoir des parents qui m'ont laissé y aller. C'est là que j'ai réalisé que je m'ennuyais du hockey. Et avec la belle expérience que je suis en train de vivre, je me rends compte que j'aime encore plus ça qu'avant! À tous les jours, j'arrive à la patinoire avec le sourire au visage», affirme le nouveau numéro 91 des Americans de Rochester.

Malgré une année passée loin de la patinoire et le handicap d'un petit gabarit, Roy avait rejoint les Remparts plus déterminé que jamais à passer au niveau supérieur.

«À son retour au jeu, ça avait été une adaptation relativement facile pour lui. À partir du moment où il avait décidé de foncer, son sens du hockey lui avait permis de compenser... Même si sa vitesse ou son exécution n'étaient pas à point, il s'en sortait bien parce qu'il avait cet aspect-là. Et je pense que ça va l'aider encore dans la Ligue américaine», a laissé entendre le père.

Patrick Roy ne saurait être plus fier du chemin parcouru par son fils depuis deux ans, lui qui a persévéré contre vents et marées. «Il a fait tout un cheminement! Il a accepté le défi qui était devant lui. Et aujourd'hui, il est récompensé. Je trouve ça le fun qu'il se donne l'opportunité de se rendre à la limite de son rêve. De cette façon-là, il va en avoir le coeur net, peu importe ce qui va arriver.»

Un «grand» chez les petits

Lorsqu'il parle du parcours de Frédérick, Patrick Roy a l'oeil pétillant. La détermination de son fils cadet suscite de l'admiration chez le père, qui se réjouit de le voir aller au bout de ses ambitions. «Il est un bel exemple de persévérance, mais aussi de... grandeur. Parce que Fred, ce n'est pas un géant. Mais il ouvre la porte à plein de petits joueurs. Il montre que ça vaut la peine de continuer à s'accrocher. Beaucoup de petits joueurs se disent qu'ils n'iront jamais nulle part, qu'ils n'auront pas ces opportunités-là», déplore-t-il. Sauf que le hockey a changé depuis le lock-out de 2004-2005 et un joueur de petit gabarit peut aujourd'hui aspirer à une carrière professionnelle. «Maintenant, le fait de jouer à 20 ans dans la LHJMQ, ce n'est pas nécessairement un désavantage. De mesurer 5'9", 5'10" et 5'11", ce n'est plus non plus un désavantage. Il y a des portes qui s'ouvrent dans le style de hockey d'aujourd'hui. C'est aux jeunes d'accepter le défi.»

Inspiré par Audy-Marchessault et Tam

Frédérick Roy ne cherche pas bien loin pour trouver l'inspiration nécessaire afin de poursuivre son rêve. Il se contente de suivre ses anciens coéquipiers Jonthan Audy-Marchessault et Mikaël Tam (photo) qui, tout comme lui, se sont taillé des postes dans la Ligue américaine sans avoir été repêchés. Après avoir amorcé la saison avec les Bulls de San Francisco (ECHL), Tam s'est présenté au camp d'entraînement des Sharks de Worcester (LAH), avec qui il a décroché un contrat d'une saison. Blessé au bas du corps, il devrait être de retour au jeu sous peu. «Tam va très bien. De nous deux, c'est lui qui est passé par le chemin le plus dur. Il s'est présenté là-bas sans contrat. Je suis fier qu'il ait réussi ça», a soutenu Roy. De son côté, Jonathan Audy-Marchessault continue, après une remarquable saison recrue à Hartford, d'obtenir du succès en attaque, cumulant deux buts et cinq passes en sept matchs avec Springfield. «Jo, c'est une machine! C'est quelqu'un qui travaille tellement fort! Il est capable de passer, de scorer. En plus, c'est un très bon patineur. Je suis convaincu que s'il n'y avait pas eu de lock-out, il aurait joué des matchs dans la LNH», estime Roy.

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