Frédérick Roy: l'émergence d'un négligé

À son arrivée au camp d'entraînement des Americans... (- Photo fournie par les Americans de Rochester)

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À son arrivée au camp d'entraînement des Americans de Rochester, Frédérick Roy a vite réalisé que, dans le contexte d'un lock-out dans la LNH, le défi de percer l'alignement du club-école des Sabres serait important.

- Photo fournie par les Americans de Rochester

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(Québec) À 5'10" et 168 livres, Frédérick Roy ne possède pas le profil-type du joueur de hockey de quatrième ligne. Le combatif petit attaquant, qui n'a jamais été repêché dans la LNH, n'a toutefois eu besoin que d'un camp d'entraînement pour convaincre l'état-major des Americans de Rochester qu'il méritait sa place au sein de la formation de la Ligue américaine de hockey (LAH).

Premier marqueur des Remparts et quatrième de la LHJMQ avec 92 points en 2011-2012, le dernier gagnant du trophée Guy-Carbonneau, décerné au meilleur attaquant défensif de la Ligue, n'avait pas volé son invitation au camp de recrues des Sabres de Buffalo, en juillet.

Là-bas, l'ailier gauche de 21 ans a rapidement fait ses preuves, alignant plusieurs solides performances, qui ont persuadé le directeur général Darcy Regier de lui consentir un contrat à deux volets des ligues Américaine et de la Côte Est (ECHL). Pour Roy, il ne s'agissait toutefois que d'une première étape de franchie vers son rêve d'évoluer un jour dans la Ligue nationale de hockey.

À son arrivée au camp d'entraînement des «Amerks» deux mois plus tard, le plus jeune fils de Patrick Roy a vite réalisé que, dans le contexte d'un lock-out dans la LNH, le défi de percer l'alignement du club-école des Sabres serait important.

«Tous les autres joueurs de l'équipe avaient des contrats à deux volets LNH-LAH. Moi, j'arrivais au camp avec un contrat LAH-ECHL. C'est un autre step. Ce n'est pas le junior. Il y a beaucoup plus de compétition. Tout le monde sait jouer, a un bon lancer, de la vitesse et une bonne exécution. Mais j'ai eu un très, très bon camp. J'ai travaillé fort. J'ai été capable de démontrer ce que je pouvais amener à l'équipe», a-t-il expliqué, dimanche.

La détermination et le caractère de Roy ont séduit l'entraîneur-chef Ron Rolston, qui n'a pas tardé à lui annoncer sa sélection. Jusque-là, la recrue redoutait une démotion dans la ECHL.

«Je m'en allais jouer au golf, quand j'ai reçu l'appel de Ron Rolston. Il voulait me voir en personne à son bureau. Je me demandais s'il n'allait pas me descendre dans la ECHL... Je suis allé le rencontrer et c'est là qu'il m'a dit qu'il avait décidé de me garder. Ça m'a accroché un gros sourire au visage! J'étais super heureux!» a admis Roy qui recevait une lettre l'invitant cette fois à s'installer à Rochester, il y a quelques jours.

Une équipe bonifiée

Chez des Americans bonifiés de plusieurs joueurs de la LNH, comme Marcus Foligno, Cody Hodgson et Luke Adam, Frédérick Roy a d'abord été laissé de côté pendant trois matchs avant de profiter de blessures pour faire son entrée dans l'alignement. Depuis, il forme un quatrième trio en compagnie de Rick Schofield et Nick Tarnasky.

«On essaie d'amener de l'énergie. Pour moi, c'est de l'adaptation. D'abord, parce qu'on joue beaucoup moins que sur une première ligne et qu'on produit moins. Mais je m'adapte à ça. Hier [samedi], j'ai terminé la partie à +3. C'est un bel accomplissement», affirme le 91, qui jouait au sein d'un premier trio offensif à sa dernière saison chez les Remparts, avec un autre espoir des Sabres, Mikhail Grigorenko, et Anthony Duclair.

À sa première campagne dans les rangs professionnels, Roy s'est fixé des objectifs réalisables. «Ce que je veux, c'est m'amuser le plus possible, vivre dans le moment, travailler fort. Ce que je veux, c'est que si je n'ai qu'une présence dans une période, que je sois le mieux préparé possible pour jouer cette présence-là», a affirmé celui qui mène tous les joueurs de l'équipe au chapitre du différentiel (+4).

LAH: une adaptation importante

À son premier camp dans la Ligue américaine de hockey, Frédérick Roy a pu prendre la véritable mesure de la distance séparant les rangs juniors des rangs professionnels. Une marche beaucoup plus haute à franchir qu'il ne l'avait anticipé!

En compétition avec plusieurs joueurs ayant disputé des rencontres dans la LNH, Roy a dû redoubler d'ardeur au travail pour faire sa marque chez les Americans de Rochester.

«Les gars sont plus gros, plus forts. La moyenne d'âge est de 24 ans. C'est sûr que c'est une adaptation. La différence avec le junior, c'est la fraction de seconde de moins. Au départ, je ne l'avais pas, cette fraction de seconde-là! Par exemple, quand tu te retrouves le long de la bande pour aller récupérer une rondelle, tu dois savoir avant de te déplacer où se trouvent les autres joueurs sur la patinoire, parce qu'après, tu n'as pas le temps de regarder», a illustré le numéro 91.

S'il veut être en mesure de compléter son jeu, l'attaquant doit donc accélérer sa prise de décision et demeurer en mouvement continuel. «Il faut que tu anticipes beaucoup plus les jeux, que tu bouges tes pieds constamment. Tu ne peux pas arrêter sur le bord de la bande. L'autre grande différence, c'est que lorsque tu fais une erreur, tu es vraiment dans le trouble!» a lancé Roy, en riant.

L'ancien attaquant des Remparts affirme toutefois avoir été bien préparé par le paternel, l'entraîneur-chef Patrick Roy, à faire face au défi qui l'attendait à Rochester.

«J'ai été chanceux d'avoir mon père comme entraîneur! Il m'a appris tellement de choses! Juste par rapport au positionnement sur la glace, je sais toujours où je dois me trouver sur la glace. C'est tellement important, en sortant du junior», a-t-il estimé.

Selon Roy, les succès professionnels obtenus par plusieurs de ses anciens coéquipiers non repêchés, notamment Jonathan Audy-Marchessault et Mikaël Tam, témoignent avec éloquence de la qualité de l'enseignement offert dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, et plus particulièrement chez les Remparts de Québec. «Marchessault et Tam se sont vraiment bien développés avec les Remparts. Il y a sûrement d'autres équipes qui le font aussi bien, mais je ne pourrais pas le dire...»

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