Le jeune prodige des «planches vertes»

Cédric Fofana, 13 ans de Québec, fait partie... (Fournie par Élaine Bouchard)

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Cédric Fofana, 13 ans de Québec, fait partie de la forte relève canadienne en plongeon. Il participera cette semaine au Youth Diving Meet de Dresden, en Allemagne.

Fournie par Élaine Bouchard

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(Québec) Le garçon de trois ans observe ces étranges planches vertes, accrochées à une tour tout aussi étrange. Des adultes y grimpent pour ensuite se lancer dans l'eau. Wow! «C'est ça que je vais faire!» lance le bambin à ses parents.

Dix ans plus tard, Cédric Fofana tient parole, et de belle façon. Le jeune athlète de Québec fait partie de la forte relève canadienne en plongeon, comme le prouve sa présence en Allemagne, cette semaine, où il participera au Youth Diving Meet de Dresden, une compétition de niveau junior dont le calibre n'a d'égal que les Championnats du monde. L'action débute jeudi.

Le mot prodige est parfois lancé à tout vent, mais Fofana semble digne de se le voir accolé. Malgré ses 42 années d'expérience dans le plongeon, son entraîneur Dany Boulanger assure n'avoir jamais croisé un athlète aussi talentueux.

«Il est une coche au-dessus des autres. Il n'a pas vraiment de faiblesses. C'est probablement ce qui le distingue le plus. Il est incroyablement élégant. La qualité de ses lignes lorsqu'il plonge et fait son entrée à l'eau... c'est spécial. Il a des qualités athlétiques assez phénomènales. Il est très déterminé et discipliné», énumère Boulanger.

Selon ce dernier, Fofana fait partie d'un groupe de trois plongeurs québécois du même âge qui forment l'avenir de la discipline au Canada. Nathan Zsombor-Murray (Pointe-Claire) et Thomas Ciprick (Baie-d'Urfé) sont les deux autres noms à retenir. Ils ont d'ailleurs fait le voyage en Allemagne avec Fofana. «C'est leur première année dans le 14-15 ans. Et dans le 12-13 ans, ces trois-là ont tout dominé sur la scène nationale et ils ont tous été médaillés aux panaméricains juniors. [...] Ils sont dans une classe à part», explique Boulanger. Fofana avait décroché l'argent du trois mètres à Cuba, en 2015.

Il s'est qualifié pour Dresden en dominant sur ce tremplin lors d'une compétition nationale à Victoria, en mars. S'il brille d'abord de cette hauteur, il plonge aussi depuis les «planches vertes» de 1 et 10 mètres.

À Dresden, il ne se fixe pas d'objectifs de résultats. «Même s'il y a des hauts et des bas, je veux surtout être satisfait de ce que j'ai accompli», souhaite le jeune athlète, rejoint la semaine dernière par téléphone, alors qu'il était dans le métro de Montréal.

Il a déménagé dans la Métropole début mars pour s'entraîner avec les meilleurs de sa discipline à l'Institut national du sport (INS), au Stade Olympique, laissant derrière lui famille et entraîneur. «On s'appelle sur FaceTime, on s'écrit... Ils sont contents de l'opportunité que j'ai eue, mais ils s'ennuient un peu», dit Fofana en parlant de ses parents.

«Nous prévoyons aller le rejoindre en septembre», explique sa mère, Élaine Bouchard. «C'est une belle opportunité, mais c'est aussi beaucoup de changements et de sacrifices. Nous croyons que c'est important d'être avec lui pour vivre cette aventure.»

Il représente toujours le Club de plongeon de Québec (ARO), mais s'en éloigne inexorablement. Boulanger admet ressentir un petit deuil chaque fois qu'un athlète le quitte. Il restera en contact avec son protégé, mais l'avenir de celui-ci est désormais entre les mains des entraîneurs de l'INS. «Du sport individuel, je ne connais pas réellement ça, souligne-t-il. Même en sport individuel, il y a au minimum une équipe de deux, soit l'entraîneur et l'athlète. Quand vient le temps de briser ce lien... il est dur à briser.»

Une croissance à gérer

À 13 ans, Cédric Fofana vit une poussée de croissance parfois difficile à gérer. À 5'8'', il a déjà une tête de plus que les autres plongeurs de sa catégorie. Un scénario idéal au football, au hockey ou au basketball... Mais pas nécessairement en plongeon, où les athlètes de petit gabarit ont plus de facilité à limiter les éclaboussures lors de l'entrée à l'eau. Fofana doit donc apprendre à «ajuster» sa précision et ses mouvements à sa nouvelle (et toujours changeante) réalité. Tout un défi pour la «mémoire motrice». «Pour l'instant, il garde ses qualités athlétiques et même continue de s'améliorer», assure son entraîneur, Dany Boulanger. «Mais ça présente des challenges particuliers au niveau de la performance. Il y a des journée où c'est plus difficile que d'autres. C'est comme si quelqu'un faisait de la course automobile et que tu changeais sa voiture à tous les mois.»




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