Les militaires de Valcartier craquent pour le rugby

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Une trentaine de militaires se sont initiés au rugby cette semaine, un sport qui rejoint les valeurs de l'armée : esprit de corps, travail d'équipe et esprit guerrier.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le buzz entourant le rugby se fait ressentir jusque dans l'armée. Une trentaine de militaires de la base de Valcartier ont terminé vendredi un stage d'initiation de deux jours, premier jalon de ce qui pourrait mener à un championnat national.

L'idée d'intégrer le rugby à la multitude de sports déjà pratiqués par les militaires canadiens est née au printemps dernier, bien avant la conquête de la médaille de bronze par l'équipe féminine aux derniers Jeux olympiques. Elle viendrait même des généraux, selon le responsable du conditionnement physique et des sports à Valcartier, Simon Toupin.

«Ça rejoint très bien nos valeurs militaires : l'esprit de corps, le travail d'équipe, l'esprit de guerrier. Tout comme le hockey ou le soccer. Les sports d'équipe dans l'armée sont très populaires», explique cet ancien joueur vedette des Harfangs de Beauport (LHJMQ).

Dans les derniers mois, les bases militaires ont effectué un sondage pour évaluer l'intérêt des troupes. La réponse à Valcartier enthousiasme Toupin. Il espère maintenant voir ce court camp d'entraînement générer «assez de momentum» à travers la douzaine d'unités de la base pour former une équipe dans chacune de celles-ci. Une ligue interunités, un «mini-calendrier» dit Toupin, pourrait ainsi voir le jour l'été prochain.

Les meilleurs athlètes à Valcartier formeraient ensuite une équipe pour affronter les trois autres bases québécoises - Bagotville, Ottawa et Garnison Saint-Jean - dans un championnat régional. Tout ça pourrait mener à la création d'un championnat national de l'armée canadienne, tel qu'il existe dans plusieurs autres sports pratiqués dans les Forces. La meilleure équipe québécoise affronterait ainsi ses semblables des quatre autres «régions», l'Ontario, les Prairies, l'Atlantique et l'Ouest.

Des précurseurs

«On est vraiment les précurseurs au Canada», lance Toupin en parlant du mini-camp, qui s'est déroulé sous les «ordres» de l'ancien entraîneur du Rouge et Or Bill McNeil. «J'ai pas attendu qu'Ottawa envoie ses propres sondages. J'ai dit à ma gang : "Go, allons de l'avant." On est une base opérationnelle de 6200 militaires. On est sur la bonne voie.»

Parmi la trentaine d'hommes présents jeudi et vendredi, plusieurs néophytes. Mais aussi un ancien des Redmen de l'Université McGill, Nicolas Santo, agréablement surpris du calibre de jeu de ses compères.

«Il y a beaucoup de bons athlètes, des joueurs de football, de basketball. C'est vraiment juste les notions de rugby qui manquent encore. Mais ça, ça vient avec le temps», a dit Santo, en sueur malgré la température près du point de congélation.

Karen Paquin déçue de l'absence des femmes

Karen Paquin... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 3.0

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Karen Paquin

Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire

Toujours prête à promouvoir le développement du rugby, Karen Paquin avait accepté d'agir comme instructrice au mini-camp d'entraînement destiné aux militaires de Valcartier. Mais lorsqu'elle a constaté que les femmes n'étaient pas invitées, la joueuse-vedette de l'équipe olympique canadienne a changé son fusil d'épaule.

«Je suis ouvertement pour l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. Quand j'ai appris ça, ça m'a un petit peu frustrée», a confié la médaillée de bronze au Soleil, vendredi, ajoutant que les arguments qu'on lui a fournis ne l'avaient pas du tout convaincue.

Il s'agit d'une question de masse critique, explique Simon Toupin. «C'est toujours comme ça dans chacun des sports [à la base militaire]. On va où le bassin se situe», indique le responsable du conditionnement physique et des sports à Valcartier, où plus de 90 % des militaires sont des hommes. «Si on veut évaluer le potentiel d'un sport, on doit passer par le côté masculin. Je suis sûr et certain que les participants vont faire le message dans leur unité, puis on va avoir des appels du côté féminin aussi.» Et si l'intérêt est là, la mise sur pied d'équipes suivra, ajoute Toupin.

Il y a peu de femmes dans l'armée et elles peuvent pratiquer plusieurs sports, argue aussi Toupin. Même les plus sportives du groupe viennent à manquer de temps. «Je ne vous le cacherai pas : dans le côté féminin des Forces armées canadiennes au niveau de sports, des fois, le canard boite. Parce qu'il n'y a pas assez de femmes dans le domaine.»

Les femmes auraient dû être invitées à participer au camp de rugby, plaide toutefois Paquin. Selon elle, au moins 80 % des exercices effectués lors d'un entraînement se font sans contact. «C'est pas plus dur de le faire pour les deux sexes. J'ai une amie qui est dans l'armée, et elle n'a pas pu s'inscrire», remarque l'athlète, qui lutte pour un changement de culture face aux sports féminins.

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