Brassard ne se sentait plus à sa place au Comité olympique canadien

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Jean-Luc Brassard

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
Montréal

Grandement affecté par les événements qui ont secoué le Comité olympique canadien (COC) l'an dernier, Jean-Luc Brassard ne s'y sentait plus à sa place et c'est pourquoi il a démissionné de son poste de chef de mission de la délégation canadienne des Jeux de Rio de Janeiro.

Brassard, qui avait été nommé à ce poste en décembre 2014, a remis en question la façon dont le COC a mené le lourd dossier de son ex-président Marcel Aubut, qui a démissionné dans la tourmente, en octobre 2015, en raison des allégations de harcèlement sexuel à son endroit. Mais il veut que ce soit clair: on ne lui a pas montré la sortie.

«C'est ma démission, c'est mon choix. Je l'ai prise pour la seule et unique raison que je n'étais plus la bonne personne pour cette équipe canadienne, a-t-il déclaré. J'ai été athlète. Je sais ce qu'un athlète veut avoir comme leader à ses côtés en période de grand stress, car je l'ai vécu aux JO. Ça n'a pas été facile, mais j'ai dû m'avouer que ce n'était plus moi qui avais les aptitudes pour faire cela.»

De son propre aveu, Brassard a posé des questions difficiles, qui n'ont pas été appréciées par la direction du COC. Selon lui, il n'avait plus la confiance de tous les membres de la direction pour remplir sa mission. Mais l'inverse est aussi vrai: Brassard affirme qu'il y avait un conflit de personnalité entre un haut dirigeant - il emploie le masculin - et lui. Jamais il ne le nomme au cours de l'entretien qu'il a accordé à La Presse Canadienne, mais en lisant entre les lignes, on peut comprendre qu'il s'agit du chef de la direction, Chris Overholt.

Bris de confiance

«Je vivais mal avec certains dirigeants, mais ils sont là pour faire avancer le bateau. Que je ne sois pas toujours d'accord avec leurs décisions, c'est une chose, mais moi, je suis à quai et je regarde le bateau progresser.»

«Il y avait un bris de confiance avec certaines personnes du COC. Ces personnes-là ne sont pas mauvaises, (...) mais nous avions des divergences insurmontables au cours des derniers milles. C'était donc à moi de faire de l'air.»

Il ne peut pas expliquer pourquoi ce haut dirigeant ne partageait pas ses valeurs ou ne voyait pas la situation du même oeil que lui.

«C'est une bonne question. Je dois dire à leur défense que ces personnes-là ne m'ont jamais empêché de parler, de poser des questions difficiles, même si parfois la fumée devait leur sortir par les oreilles. Eric Myles (le directeur exécutif du sport au COC) me disait que ces questions ont peut-être poussé le COC à s'interroger. Ils n'ont pas terminé d'y répondre. Peut-être qu'il y aura d'autres changements.»

Il est par contre persuadé que Tricia Smith, qui a remplacé Aubut à la tête du COC, est la bonne personne pour mener ce dossier.

«Tricia Smith, dans toute cette histoire, est la seule qui a tenté de faire changer les choses.»

«Il y a des personnes exceptionnelles en poste. Heureusement, la plupart des postes-clés sont occupés par des femmes. N'eût été de ces femmes-là, le bateau du COC n'aurait peut-être pas coulé à pic, mais il "flotillerait". Tricia Smith dépense beaucoup d'énergie à remettre le COC sur ses rails. Si j'avais un conflit de personnalités avec certaines personnes, c'était de mes affaires, mais ça devenait insoutenable pour moi. Je ne me voyais pas travailler avec cette personne-là jusqu'aux Jeux. J'étais mal à l'aise.»

Physiquement affecté 

Toute cette situation a troublé le médaillé d'or de la compétition de bosses des Jeux de Lillehammer, en 1994, à un point tel qu'il en a été physiquement affecté. Au cours des dernières semaines, alors qu'il s'était grandement investi dans son rôle de chef de mission, visitant même les camps d'entraînement hivernaux de certains athlètes, il a réalisé que la passion, le désir et le plaisir n'y étaient plus. C'est pourquoi il a décidé de quitter son poste. Il en a fait part au COC mercredi dernier.

«Quand on a abordé le sujet, ça s'est bien fait. Lors de la réunion des chefs d'équipe, à la nomenclature des événements à venir au cours desquels j'aurais eu un rôle primordial à jouer pour motiver les troupes, la tâche m'est soudainement apparue beaucoup trop lourde. Et je me voyais, dans mon état physique, incapable d'être le leader que j'aurais dû être. À partir de ce moment-là, j'ai dû dire aux gens que j'allais réfléchir très rapidement à savoir si je continuais comme chef de mission ou non. J'ai dû me forcer à prendre une décision, car on allait entamer le dernier droit en vue des Jeux. Le soir même, je me suis décidé.»

«C'est ironique que je quitte au moment où on tente de faire bouger les choses, mais l'énergie n'y est plus. Le coeur n'y est plus. J'ai laissé mes forces cet hiver, plutôt que cet été au mois d'août. C'est pour ces raisons, pour le bien des athlètes et du personnel en place, que j'ai pris cette décision afin de ne pas être une distraction.»

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