Le modèle des Jeux de Lillehammer pour Québec

Le maire de Québec, Régis Labeaume, est à... (Le Soleil, Valérie Gaudreau)

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, est à Lausanne pour une série de rencontres avec des équipes du Comité international olympique. On savait que le pdg de Gestev, Patrice Drouin (à droite), participait à la mission, mais on a aussi appris dimanche que le pdg du Centre des congrès de Québec, Pierre-Michel Bouchard, est de la partie.

Le Soleil, Valérie Gaudreau

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Des JO à Québec ?

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Des JO à Québec ?

Le maire de Québec jure qu'il n'est pas en mode olympique. N'empêche, il a visité le Comité international olympique... Alors, il y aura des JO à Québec ? »

(Québec) Si jamais Régis Labeaume décide en revenant de Lausanne de prolonger l'analyse d'une candidature olympique, il aura une référence en tête : Lillehammer. Les Jeux norvégiens de 1994, avec leur simplicité et la proximité de leurs installations, sont aussi encore dans l'esprit de plusieurs, assure-t-il.

«Tout le monde veut retrouver la chaleur et l'aspect festif de Lillehammer. Vous parlez aux fédérations, aux vieux de la vieille qui ont vécu ça : ils veulent retrouver cet esprit-là à Québec. Moi, je sais fort bien qu'on est capable de le faire à Québec», a lancé M. Labeaume en point de presse à son arrivée à Lausanne dimanche pour une mission de cinq jours.

Pourquoi ces Jeux en particulier? Par leur proximité dans cette petite ville de Norvège de 27 000 habitants qui avait à l'époque organisé les Jeux avec quatre communes voisines.

«Ce qui inspire est la chaleur et l'aspect festif de Lillehammer avec la proximité des sites touristiques, la proximité des athlètes. C'est ce que le monde veut retrouver, a poursuivi M. Labeaume. Mon objectif a toujours été d'organiser les Jeux les plus modestes et les plus festifs de l'histoire moderne des Jeux.»

Le maire de Québec a beau répéter qu'il est venu à Lausanne pour prendre des informations et non pour repartir de Suisse en «mode olympique», il s'enthousiasme en évoquant ses idées pour 2026, 32 ans après Lillehammer.

«On aurait deux amphithéâtres sur un site», a-t-il dit en allusion au vieux Colisée que la Ville n'est plus pressée de démolir. «On a un Centre de foires qui pourrait devenir un centre de presse. La Grande Allée aux couleurs des Olympiques, Québec aux couleurs des Olympiques. Moi, je sais ce que ça pourrait dire. Ma vision est très, très claire», a-t-il dit.

Un côté «féerique»

En entrevue au Soleil en mars, le patineur de vitesse Laurent Dubreuil avait aussi fait allusion à Lillehammer et son côté «féerique». Ces Jeux d'hiver avaient coûté 1,6 milliard $ alors que depuis, les dépenses pour les JO d'hiver ont oscillé entre 2 milliards $ à Salt Lake City en 2002 jusqu'aux faramineux 50 milliards $ de Sotchi.

«Moi, je sais ce que ça pourrait dire», a martelé M. Labeaume à propos de sa vision de Québec version Lillehammer.

«Je le vois depuis des années, mais je le vois à nos conditions.» Et ces «conditions» sont justement celles qu'il est venu vérifier lors de cette mission en Suisse alors qu'il rencontrera lundi midi le président du Comité international olympique, Thomas Bach. Des rencontres techniques suivront au cours de la journée.

«Cette semaine-là sera très importante. Elle va permettre de dire si oui ou non on poursuit dans notre analyse, a réaffirmé M. Labeaume. Je ne viens pas ici pour me mettre en mode olympique. Je viens ici pour savoir si ça vaut la peine de continuer à travailler.»

Le PDG du Centre des congrès présent

L'arrivée de Régis Labeaume en Suisse a aussi permis de réaliser que la présence de Québec est plus importante qu'annoncée. On savait déjà que le maire était accompagné de son attaché de presse, Paul-Christian Nolin, et du directeur de Gestev, Patrice Drouin, mais on a constaté dimanche que le président du Centre des congrès de Québec, Pierre-Michel Bouchard, est de la mission. M. Bouchard est derrière la venue à Québec du congrès SportAccord en 2012 et il est un représentant important de Québec sur le plan international et du tourisme d'affaires.

Dimanche, M. Labeaume est toutefois resté vague sur le rôle exact de Pierre-Michel Bouchard cette semaine à Lausanne. «Je vous reviens. Il faut s'en garder un petit peu», a-t-il lancé aux journalistes qui suivent la mission.

Eau potable au menu

Si jamais Régis Labeaume décide en revenant de... (Le Soleil, Valérie Gaudreau) - image 3.0

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Le Soleil, Valérie Gaudreau

Les Jeux olympiques ne sont pas le seul sujet à l'horaire de la semaine suisse de Régis Labeaume. Même si, là encore, il est resté évasif sur les différentes rencontres qui se tiendront d'ici à vendredi, journée de retour au Québec. Régis Labeaume dit avoir une dizaine de rendez-vous prévus au total cette semaine. On sait qu'il rencontrera vraisemblablement jeudi des responsables de la santé du lac Léman. Les mesures prises ces dernières années pour rétablir la qualité de l'eau du magnifique lac ont été citées en exemple, notamment dans le cas du lac Saint-Charles, nouveau cheval de bataille de Régis Labeaume. «Je vais les rencontrer et on va faire un tour de bateau. Il y a d'autres choses dans la mission qui ne sont pas nécessairement olympiques, mais si vous permettez, on va vous les dire au jour le jour.»

Lu, vu, entendu

LU

Ou plutôt, relu les articles du Soleil lors de la dernière mission à saveur olympique de Régis Labeaume à Lausanne. C'était en octobre 2010. À l'époque, la capitale était en réflexion pour poser ou non sa candidature aux Jeux d'hiver de 2022. Mais déjà, le maire de Québec ne promettait rien. «JO : Labeaume plus prudent» coiffait un article de la collègue Isabelle Mathieu depuis Lausanne. «Si on n'est pas sûr qu'on est crédible, on n'ira pas», disait alors M. Labeaume, invoquant les deux candidatures sans succès pour 2020 et 2010. Il s'agit essentiellement du même discours qu'il tient aujourd'hui. On saura au cours de la semaine si le désir olympique se fait plus affirmatif pour 2026.

VU

L'expertise suisse pour l'horlogerie ne ment pas. Et elle s'expose pas à peu près à l'aéroport de Genève. Sans exagérer, on peut dire qu'au moins 75 % des grandes publicités lumineuses de l'aéroport vantent l'un des nombreux fabricants de montres du pays. Rolex, Tag Heuer, F.P Journe, Swatch et bien d'autres. En roulant notre valise, on n'a toutefois pas vu de pub de la prestigieuse maison Richard Mille, qui a offert à Québec la fameuse horloge placée dans une boîte de verre dans les jardins de l'Hôtel-de-Ville. Mais comme toutes les autres entreprises consacrées à cette fierté locale, elle doit bien y être...

ENTENDU

Les déclics de plusieurs appareils photo - incluant celui de l'auteure de ces lignes - devant la beauté du paysage et des montagnes aux sommets enneigés le long du lac Léman. Largement aménagé avec ses quais, sa promenade, ses majestueux platanes, des fontaines, sa marina et des espaces pour la location de pédalos, le célèbre point d'eau frontalier entre la Suisse et la France a attiré les foules dimanche en ce dimanche estival et ensoleillé.

Souvenirs d'athlètes de Lillehammer

«Des Jeux wow!»- Philippe Laroche

L'ex-athlète olympique Philippe Laroche garde un excellent souvenir de sa participation aux JO de Lillehammer en 1994, plus que ceux d'Albertville en 1992. Le médaillé d'argent en ski acrobatique retient la simplicité qui imprégnait l'événement. «La cérémonie d'ouverture s'est déroulée dans le stade de ski nordique. Ils n'ont pas construit un stade uniquement pour ça», illustre-t-il. Il se souvient des Norvégiens qui faisaient du ski dans la petite ville d'aujourd'hui 27 000 habitants. «On aurait pu croire que c'était des coupes du monde plutôt que des Jeux olympiques», précise M. Laroche. Celui qui a été délégué technique aux Olympiques de Vancouver en 2010 a pu constater la démesure des derniers Jeux pour arriver, au final, au même succès que Lillehammer. Il soutient aussi que les JO doivent revenir à une présentation des épreuves de jour uniquement, comme autrefois. «Nous voulons voir les paysages, la région d'accueil qui se met en valeur. C'est aussi ça, la beauté des Jeux.» 

Caroline Olivier... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche) - image 7.0

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Caroline Olivier

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

«C'était magique»- Caroline Olivier

Caroline Olivier (photo) était membre de l'équipe de ski acrobatique aux Jeux de Lillehammer en 1994 et de Nagano, en 1998. Des deux, elle préfère de loin les premiers. «C'était magique. C'était des Jeux près des gens. J'ai toujours dit que si on avait les JO, il faudrait que ça soit comme à Lillehammer. Les Norvégiens sont accueillants comme les Québécois. J'avais l'impression que la ville vibrait. C'était la célébration du sport, des athlètes», lance-t-elle, soutenant que Québec pouvait en faire autant. Elle croit que la réputation d'accueil des gens de Québec est un élément culturel qui peut garantir, en grande partie, le succès de l'événement, sans les dépenses excessives des derniers Jeux. «Ça ne me surprend pas ce que dit M. Labeaume. Il faut changer la donne», ajoute-t-elle, en faisant référence à des commentaires entendus par de hauts dirigeants du Comité international olympique. «On va offrir ce qu'on peut et faire appel à d'autres villes pour certaines disciplines impossibles à tenir ici.»  Avec Jean-François Néron

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