Crashed Ice: une ère nouvelle

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Le ice cross downhill, qui a été mis au monde par Red Bull, se démocratise. Une fédération internationale a été fondée en 2015 et un circuit amateur composé de six épreuves a vu le jour.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le ice cross downhill entre dans une nouvelle ère. Forte d'une fédération internationale fondée en 2015 et du récent développement d'un circuit amateur, la discipline solidifie sa base. Le mouvement olympique démontre lui-même de l'intérêt afin d'éventuellement l'intégrer.

S'il est le bébé de l'entreprise Red Bull grâce à la série Crashed Ice, le ice cross downhill n'est plus seulement l'affaire du circuit international. Depuis quelques années, les athlètes se sont approprié la discipline avec l'objectif de la démocratiser.  

Le créateur de ce sport en 1999-2000, l'Autrichien Stefan Aufschnaiter, est aujourd'hui à la tête de la All Terrain Skate Cross Federation (ATSX), fondée cette année après quatre ans de travail en coulisses. 

Arttu Pihlainen, athlète aujourd'hui à la retraite, mais connu pour ses nombreuses victoires sur les parcours Crashed Ice de Québec, fait partie de l'exécutif et dirige la section nationale finlandaise. Une branche canadienne est en gestation et d'autres nations s'y sont affiliées cet été, dont les États-Unis et la Russie. 

«Nous avions beaucoup de demandes et beaucoup de besoins en dehors des gros événements», a expliqué M. Aufschnaiter, rencontré par Le Soleil vendredi dans les quartiers généraux du Crashed Ice de Québec, au Palais Montcalm. 

Impliqué dans le développement de son sport depuis 15 ans avec Red Bull, il a constaté qu'avec le temps, l'entreprise autrichienne avait bâti le haut de la pyramide, l'élite, «mais qu'il n'y avait rien en dessous». 

Cette volonté de démocratiser la descente en patins à glace a donné naissance aux Riders Cup l'an dernier - «par les patineurs pour les patineurs» -, dont six épreuves sont prévues au calendrier en 2015-2016 du championnat du monde de ice cross downhill, aux côtés des Red Bull Crashed Ice. La ville de Sherbrooke aura la sienne pour une deuxième année consécutive.  

«Sport sérieux» 

Ce circuit amateur n'est pas chapeauté par Red Bull directement, mais y est affilié. Il offre la possibilité aux coureurs moins expérimentés de faire leurs premières armes avant de faire le saut chez les pros. Parce que oui, les patineurs sont devenus des professionnels avec le temps. 

De simples participants et casse--cou espérant terminer le parcours glacé en un morceau, ils sont devenus des athlètes spécialisés, croient les fondateurs de l'ATSX. Se considérant comme des sportifs à part entière, les représentants de la première génération veulent maintenant que le sport dépasse les frontières de l'événementiel.

«C'est un sport sérieux», insiste Stefan Aufschnaiter. «Ce sont des athlètes qui se spécialisent et qui s'entraînent pour ce sport à l'année. Certains pratiquaient le hockey avant par exemple et ont laissé tomber pour se consacrer [à la descente de patin extrême].»

À préciser que parmi les 64 meilleurs au monde, tous ne peuvent encore se permettre de s'entraîner en permanence. Christian Papillon, directeur sportif du Red Bull Crashed Ice, expliquait la semaine dernière qu'une dizaine de coureurs se démarquaient particulièrement grâce à des entraînements professionnels.

Curiosité olympique

En plus d'attirer les foules, le Red Bull Crashed Ice fait des curieux dans le mouvement olympique. La ville de Lausanne, en Suisse, siège du Comité international olympique (CIO), a été le théâtre de deux épreuves, en 2009 et en 2013. Dans la foulée, «nous avons été approchés, pas nécessairement directement, par le mouvement olympique», a fait savoir Stefan Aufschnaiter, créateur de la discipline et président de la All Terrain Skate Cross Federation. «Ils sont à la recherche de nouveaux sports. Leur auditoire vieillit et ils sont à la recherche de sang neuf», a-t-il poursuivi. 

Pour la nouvelle fédération, pas de doute que le ice cross downhill a les qualités requises pour s'intégrer, un jour, à un calendrier olympique. «La beauté est que nous avons un sport qui est compact, les règles sont très claires, c'est facile à comprendre pour tout le monde, c'est très spectaculaire et c'est parfait pour la télévision.» Le sport voit la catégorie féminine se développer, condition essentielle pour aspirer aux Olympiques. Le premier championnat du monde réservé aux femmes débute à Québec cette fin de semaine.  

Autre indice que le mouvement olympique a entamé sa réflexion, le Comité olympique canadien a lui-même publié une chronique, en mars, se demandant si le «Crashed Ice devait être intégré aux Jeux olympiques». Les constats y étaient majoritairement positifs. 

Selon M. Aufschnaiter, les athlètes n'ont pas nécessairement poussé pour aller vers les Olympiques. «Ça a été un processus parallèle. Je crois que c'est juste un effet naturel [du développement de la discipline]. C'est peut-être une des prochaines étapes.» 

Selon Martin Genois, directeur principal de la production chez... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

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Selon Martin Genois, directeur principal de la production chez Gestev, les fortes précipitations n'ont pas eu d'impact sur la performance des athlètes, qui ont profité d'une glace de qualité. 

Le Soleil, Patrice Laroche

Des qualifs sous la pluie

Les séances de qualifications du 10e Red Bull Crashed Ice de Québec se sont déroulées sous la flotte, vendredi après-midi. Si l'aspect sportif n'a pas été affecté par la pluie, le promoteur de l'événement, Gestev, a pris les moyens nécessaires pour assurer le confort et la sécurité des spectateurs en prévision des finales de samedi.

La logique a été respectée, vendredi, alors que les patineurs les mieux classés de la série Red Bull Crashed Ice se sont tous facilement qualifiés pour les rondes finales. Il aurait été difficile d'être témoin d'une grande surprise, puisque 64 des 70 compétiteurs masculins pouvaient se tailler une place. 

Le champion en titre, le Canadien Scott Croxall (43,8 s), a enregistré le huitième temps au meilleur de deux descentes. Le plus rapide aura été Dean Moriarity (43,07 s), un autre représentant du Canada. Chez les femmes, l'Ontarienne Jacqueline Legere (52,9 s) et la Québécoise Myriam Trépanier (55,47 s), de Saint-Michel-de-Bellechasse, ont été les plus rapides sur la piste de 460 mètres. 

Selon Martin Genois, directeur principal de la production chez Gestev, les fortes précipitations n'ont pas eu d'impact sur la performance des athlètes, qui ont profité d'une glace de qualité. Le système de refroidissement du parcours est suffisamment puissant pour faire geler l'eau rapidement. «Au niveau du sport, ça ne change rien. La descente et la rapidité de la piste sont les mêmes», a-t-il expliqué. Selon lui, le système peut tolérer des températures extérieures allant jusqu'à 15 °C. 

«Mon attention est surtout pour les spectateurs», a-t-il poursuivi. Voyant l'eau tomber sans répit, Gestev a pris la décision de fermer le parc de l'Esplanade, vendredi, pour éviter que le terrain ne soit piétiné et plein d'eau samedi, pour les finales. «Ce sera le meilleur endroit pour regarder la compétition et on ne veut pas que ça devienne inconfortable ou que ça se transforme en patinoire avec le gel [prévu dans la nuit de vendredi à samedi].»  

Le site ouvrira dès 16h et les courses débuteront dès 19h15.  

Épreuve par équipe 

Alors que la pluie tombait toujours et que le mercure refroidissait, les patineurs se sont livrés à l'épreuve par équipe, vendredi soir. Elle a été remportée par l'équipe Living the Dream, formée de Scott Croxall, Cameron Naasz (le meilleur Américain) et du Canadien Adam Horst, un vétéran du Crashed Ice. Plusieurs braves se sont malgré tout agglutinés aux abords du parcours, formant une foule satisfaisante dans les circonstances selon Gestev. Jusqu'à 100 000 personnes sont attendues samedi.

Un champion absent

Comme quoi il est encore difficile de gagner sa vie en survolant des pistes glacées, l'un des athlètes les plus titrés de l'histoire de la discipline, Kyle Croxall, est absent pour la première étape du Championnat du monde, tenu à Québec cette fin de semaine. Les organisateurs du Red Bull Crashed Ice ne l'ont su que mercredi. Croxall, quatrième au monde et pompier de formation, est retenu par son travail et n'a pu se libérer pour la compétition. Son frère, Scott, champion du monde en titre, est bel et bien à Québec pour amorcer la défense de son championnat. 

Sélection des athlètes sous la pluie

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