Marcel Aubut s'excuse et quitte son cabinet d'avocats

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(Québec) Après avoir quitté la présidence du Comité olympique canadien (COC), Marcel Aubut a annoncé vendredi qu'il quittait aussi le cabinet d'avocats BCF, présentant du même coup des excuses à toutes les personnes qu'il aurait pu blesser au cours des années.

C'était la première fois que l'avocat et ancien président des Nordiques s'adressait aux médias depuis sa démission du COC. Dans ce point de presse très émotif de quatre minutes livré devant les journalistes à Montréal, Me Aubut a soutenu qu'il vivait dans la tourmente depuis une dizaine de jours.

«Aujourd'hui, à toutes ces personnes et à toutes les autres qui ont été outrées, c'est du fond du coeur et avec toute la sincérité dont je suis capable que j'offre des excuses», a-t-il déclaré, assurant qu'il assumait l'entière responsabilité de ses gestes. Il a ajouté qu'il allait prendre un «temps d'arrêt» au cours des prochains mois afin de se livrer à une introspection et de consulter les meilleurs experts. «Je m'engage à tout faire pour devenir une meilleure personne.»

Marcel Aubut a remercié son épouse et ses trois filles pour leur soutien durant cette crise et a tenu à préciser que sa décision de quitter BCF était la sienne. Il dit d'ailleurs ne pas fermer la porte à un éventuel retour à la vie professionnelle, «en me rappelant que la société a changé et qu'elle exige un plus grand respect entre les individus, plus spécifiquement entre les hommes et les femmes», précise-t-il.

Cette histoire avait débuté lorsque le Globe and Mail avait dévoilé à la fin septembre qu'une employée du COC avait déposé une plainte formelle contre Me Aubut pour harcèlement sexuel. Depuis, de nombreux témoignages d'autres femmes qui auraient aussi été harcelées par M. Aubut sont venus jeter de l'huile sur le feu.

Dans la tourmente, Marcel Aubut a renoncé à la présidence du COC le 3 octobre. Tricia Smith a été nommée pour assurer l'intérim, et une vaste enquête a été enclenchée pour documenter les agissements de l'avocat de Québec.

Réactions

Vendredi, le COC a déclaré par l'entremise son porte-parole Yvon Long qu'il n'ajouterait pas de commentaire à la suite de l'annonce que Me Aubut quittait son cabinet d'avocats. M. Long n'a pas non plus voulu dire si le comité avait reçu d'autres plaintes contre son ancien président depuis la première, qui a été retirée. «L'enquête se poursuit à l'interne, mais le rapport sera remis au conseil d'administration qui le rendra public», a-t-il assuré.

Dans un communiqué de presse publié vendredi, Me André Morrissette, président du conseil d'administration de BCF, a déclaré saluer le geste de Marcel Aubut, ajoutant qu'il avait sans doute été très difficile dans les circonstances. Il a également précisé que la firme s'était engagée à soutenir Me Aubut dans sa démarche visant un changement durable de son comportement.

«Il aborde ce nouveau chapitre important de sa vie entouré de ses proches et nous lui souhaitons la meilleure des chances», a-t-il expliqué, réitérant que BCF renouvelait son engagement à faire tout ce qui est nécessaire pour offrir à ses employés un environnement de travail sain et exempt de toute forme de harcèlement.

Par ailleurs, une femme préférant garder l'anonymat qui a côtoyé Marcel Aubut au travail pendant plusieurs années s'est dite convaincue de la sincérité de l'avocat. «C'est bien, moi, je pense qu'il est sincère dans ses excuses. C'est sûrement très dur pour sa famille qu'il quitte à la fois son bureau d'avocats et le Comité olympique. Je crois qu'il a frappé son Waterloo», a-t-elle brièvement commenté.

Déclaration de Marcel Aubut

9 octobre 2015, 12h30

Centre Sheraton, Montréal

Bonjour mesdames et messieurs. Je vous remercie d'être là. Je vais faire une déclaration et je ne prendrai pas de questions. J'ai pris la décision de faire cette déclaration hier midi. 

Depuis une dizaine de jours, je vis dans la tourmente. La crise provoquée par mes comportements a aussi entraîné dans la tourmente ma famille, mes amis, mes associés, mes employés et toutes les personnes qui ont été blessées par ces comportements. 

Aujourd'hui, à toutes ces personnes et à toutes les autres qui ont été outrées par ce qu'elles vu ou entendu au cours des derniers jours, c'est du fond du coeur et avec toute la sincérité dont  je suis capable que j'offre des excuses sans réserve. 

En 45 ans de vie professionnelle, j'ai toujours vécu à 200 km/h et ce, sans arrêt. Et jamais je ne me suis posé de questions sur mon comportement en société. Il a fallu qu'une crise comme celle que je traverse et que je fais traverser à mes proches me force à un temps d'arrêt et de réflexion profonde. 

Aujourd'hui, le réveil est brutal. J'ai énormément, beaucoup, beaucoup de peine. Et je regrette infiniment d'avoir blessé autant de personnes qui ne le méritaient certainement pas. J'espère qu'un jour ces personnes sauront me pardonner. 

J'entreprends aujourd'hui un temps d'arrêt au cours duquel je me livrerai à une véritable introspection et j'ai déjà entrepris de consulter les meilleurs experts qui m'aideront à changer mes comportements et devenir une meilleure personne. Dans cet esprit, j'ai informé hier mes associés à la firme d'avocats BCF de ma décision de quitter le cabinet. Cela m'attriste au plus haut point. Car mes associés et collègues de BCF ont fait preuve d'une grande ouverture et d'une grande empathie à mon égard depuis le début de cette crise. Je tiens à les remercier très sincèrement pour cet appui, et surtout, pour leur compréhension. 

Je suis convaincu que l'intérêt du cabinet doit passer avant le mien. Je n'ai aucun doute d'autre part que BCF continuera sa fulgurante croissance et demeurera un cabinet de grande envergure. 

Je tiens surtout à remercier ma famille. Particulièrement mon épouse et mes trois filles qui ont su me réconforter et me convaincre que l'amour qui nous unit est tout simplement indestructible. 

Je tiens aussi à remercier tous ceux qui, au sein de la grande famille olympique, m'ont épaulé dans la mission que je m'étais donnée de rehausser le rayonnement de nos athlètes olympiques, qui d'ailleurs, demeureront toujours mes héros. 

Tout au long de ma carrière, j'ai travaillé sans relâche pour mener à bien des projets qui me tenaient à coeur. Je suis fier de ce que j'ai accompli et j'ai aussi l'intention de continuer à avoir une vie professionnelle, active et fructueuse. Mais, je devrai le faire avec la détermination et l'énergie que l'on me connaît, en me rappelant que la société a changé et qu'elle exige un plus grand respect entre les individus, plus spécifiquement entre les hommes et les femmes. 

J'assume l'entière responsabilité de mes gestes. Je n'ai personne d'autre à blâmer que moi-même. Encore une fois, à ceux et celles, que j'ai blessés ou déçus, je réitère mes excuses sans réserve et je m'engage à tout faire pour devenir une meilleure personne. Merci. 

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