Le monde sportif réagit à la démission d'Aubut

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Marcel Aubut a démissionné samedi de son poste de président du Comité olympique canadien.

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(Québec) La démission de Marcel Aubut au sein du Comité olympique canadien a provoqué de nombreuses réactions dans les milieux sportifs.

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Selon l'ex-kayakiste Caroline Brunet, le départ de Marcel Aubut est une grosse perte pour le mouvement olympique canadien. 

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Caroline Brunet ébranlée

«Si ce n'était pas de lui, je n'aurais jamais pu participer aux Jeux olympiques.»

Pour Caroline Brunet, triple médaillée olympique en canoë-kayak, Marcel Aubut a été l'un des hommes les plus importants durant sa carrière d'athlète. Il a principalement aidé l'athlète québécoise à se dénicher des commanditaires.

Aujourd'hui installée à Montréal, Mme Brunet assure n'avoir jamais été témoin de gestes déplacés de la part de l'avocat. Elle estime que la démission de M. Aubut est une grosse perte pour le Comité olympique canadien (COC), «particulièrement parce que c'est une année olympique [avec les Jeux de Rio 2016]», confie-t-elle au Soleil au bout du fil.

Ébranlée - comme plusieurs autres athlètes - par la situation, la kayakiste souligne tout de même qu'au-delà des événements qui ont fait couler beaucoup d'encre au cours des derniers jours, M. Aubut était un «président exceptionnel». «C'est de loin le meilleur» que le COC ait eu, déclare Mme Brunet, qui a pris sa retraite du sport professionnel en 2004, à l'âge de 35 ans.

La bachelière en kinésiologie de l'Université du Québec à Montréal espère que les gens vont être en mesure de conserver un bon souvenir de l'homme d'affaires. «J'espère que l'on va se souvenir de lui pour tout ce qu'il a fait pour les athlètes, et ce, sans rien demander en retour. C'est une personne qui a été très généreuse!» affirme-t-elle.

Durant sa carrière en K-1, Mme Brunet a remporté 10 titres mondiaux, en plus de participer à cinq Jeux olympiques - 1988, 1992, 1996, 2000 et 2004 -, où elle a raflé deux médailles d'argent et une de bronze. En 2000, elle a été le porte-drapeau de la délégation canadienne lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques de Sydney. Jean-Michel Genois Gagnon

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Dominick Gauthier est convaincu que le mouvement olympique canadien poursuivra son développement.

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Le COC doit faire un examen de conscience, selon Dominick Gauthier

Dominick Gauthier le constate, le départ de Marcel Aubut était devenu inévitable, mais le directeur du programme d'encadrement des athlètes B2Dix invitait aussi le COC à faire un bon examen de conscience sur sa gestion d'une telle crise.

Lors de l'éclatement au grand jour d'une première dénonciation à l'endroit du président démissionnaire, Gauthier était hors de lui. «Le droit des femmes est très important pour moi, et je trouvais que personne n'avait de sympathie pour la victime, qu'on ne créait pas une atmosphère propice pour en inciter d'autres à se manifester. Maintenant, j'ai hâte de voir la suite», confiait-il au Soleil, samedi.

L'ancien bosseur olympique originaire de Lévis ne croisait pas souvent Aubut sur son chemin professionnel et s'il avait vu ou su quelque chose en lien avec sa conjointe, la médaillée d'or Jennifer Heil, «il n'y aurait jamais eu de deuxième chance, je l'aurais dit haut et fort, mais il a toujours été correct avec nous», jurait-il.

Impliqué dans le soutien aux athlètes, Gauthier est convaincu que le mouvement olympique canadien poursuivra son développement.

«L'avenir du COC ne dépendait pas de Marcel et on n'a pas à s'inquiéter parce qu'il ne sera plus là. Un ménage a été fait, il y aura du monde pour porter le flambeau, les commanditaires vont rembarquer et ça ne tombera pas demain matin. Pour les athlètes et les entraîneurs, ça ne change pas grand-chose de savoir qui est à la tête. À la limite, ça alimente les discussions au souper. Il s'agit plus d'une tache pour lui que pour le COC, qui devra bien gérer l'après.» Carl Tardif

«J'ai travaillé avec lui dans différents comités. Je... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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«J'ai travaillé avec lui dans différents comités. Je ne peux pas dire que personnellement j'ai vu de tels gestes», affirme au Soleil M. Dubreuil.

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«Un bouleversement» pour Robert Dubreuil

La situation qui frappe actuellement le Comité olympique canadien (COC) est «un bouleversement dans le monde du sport», estime Robert Dubreuil.

Joint à Washington, le directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec avait prévu une fin de semaine de football entre amis. Il était loin de se douter qu'il lui faudrait modifier son forfait de cellulaire afin de se tenir au courant du dossier de Marcel Aubut. C'est son épouse qui lui a annoncé samedi matin par texto la démission du président du COC.

«J'ai travaillé avec lui dans différents comités. Je ne peux pas dire que personnellement j'ai vu de tels gestes», affirme au Soleil M. Dubreuil. «C'est un peu étourdissant. C'est un sentiment partagé. C'est un monsieur qui a fait énormément pour le sport. Par contre, de l'autre côté, il y a l'aspect des allégations. On ne peut pas être en accord avec ça. [...] Certaines personnes n'aimaient pas son style flamboyant, d'autres l'acceptaient et l'aimaient. Au bout de la ligne, on ne peut pas dire qu'il n'a pas fait avancer la cause du sport et du Comité olympique.»

Difficile à remplacer

Selon M. Dubreuil, l'homme d'affaires est un travailleur «acharné». Le prochain président [Tricia Smith a été nommée présidente par intérim samedi en soirée] aura de grands souliers à chausser, d'après le dg. «Il va être intéressant de voir comment on va le remplacer et de quelle façon.»

M. Dubreuil est conscient que la situation actuelle va entacher le COC. «Le COC était sur une lancée depuis quelques années. C'est le monde du sport en général qui écope aussi de la situation. C'est dommage», déplore-t-il. «Je suis curieux de voir comment on va faire en sorte que le résultat sur les prochaines années ne soit pas trop important... La Fondation olympique canadienne avait un certain vent dans les voiles. Il y avait aussi une fierté de la population envers le mouvement olympique. On sentait aussi une fierté des athlètes. Tout ça va s'en aller comment, maintenant?» s'interroge-t-il. Jean-Michel Genois Gagnon

L'entraîneur Frédéric Jobin ne croit pas que l'affaire... (Photothèque Le Soleil) - image 5.0

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L'entraîneur Frédéric Jobin ne croit pas que l'affaire aura un impact négatif dans les activités quotidiennes des athlètes.

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Peu d'effets pour les athlètes, selon Frédéric Jobin

S'il estimait que la démission de Marcel Aubut de la présidence du COC était une lourde perte pour le sport amateur au pays, l'entraîneur Frédéric Jobin ne croit pas que cela aura un impact négatif dans les activités quotidiennes des athlètes.

Il a même sursauté en entendant un intervenant émettre le souhait que les récents événements ne nuisent pas à la préparation de certains pour les Jeux de Rio, à l'été 2016.

«Wo, les nerfs! Ce qui arrive, c'est plate, et plusieurs doivent être estomaqués, mais ça ne changera rien à leur entraînement. Il ne faut pas exagérer non plus, et ne pas sous-estimer les athlètes dans leur capacité de garder leur concentration lorsqu'un événement imprévu se présente, comme la maladie ou un décès», confiait le réputé entraîneur de canoë-kayak, samedi après-midi.

Jobin fréquente l'élite internationale depuis près d'un quart de siècle au lac Beauport. Il a été l'entraîneur de plusieurs athlètes olympiques, comme Caroline Brunet, Maxime Boilard, Mylanie Barré. Il est à la barre du volet sprint (200 m) de l'équipe nationale.

«Mes athlètes sont loin de ça, ils vont passer à un autre appel et tourner la page assez vite à moins d'avoir un lien familial ou d'être très proches. N'empêche, tout le monde est sonné parce que Marcel, c'est un monument. Si c'est vrai, que voulez-vous qu'on fasse, il n'y a personne qui peut approuver.

«Personnellement, je n'ai jamais été témoin de rien, ni rien entendu de la part de mes athlètes. J'étais proche de Caro, elle m'en aurait parlé. En tant qu'entraîneur, je n'ai jamais été très proche de lui, mais il avait de l'influence sur mon travail par la bande depuis 25 ans par son implication, et encore plus comme président du COC.»

Au-delà des plaintes déposées envers l'ex-président, Jobin avait adhéré à la philosophie de Marcel Aubut voulant que les athlètes canadiens devaient viser la victoire. «On a souvent eu une approche participative, et Marcel n'a pas eu peur d'instaurer une philosophie d'excellence au sein des fédérations sportives canadiennes, de créer des attentes. À ce niveau, c'était un gagnant, un gars de solutions, et j'espère que le COC conservera la même vision.»

Le COC va s'en remettre

Il n'a toutefois pas l'impression que le mouvement olympique canadien et québécois sera affecté par son départ forcé. «Je suis certain que ça ne fera pas mal au COC. Ce n'est pas juste à cause de lui que les athlètes remportent des médailles, mais, à long terme, un changement de mentalité crée un effet domino.» Carl Tardif

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