Julie Miville-Deschênes troublée par le scandale entourant Marcel Aubut

Marcel Aubut... (Archives, La Presse Canadienne)

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Marcel Aubut

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(Québec) La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, se dit troublée par les histoires entourant l'ancien président du Comité olympique canadien (COC), Marcel Aubut.

«Cela nous montre bien que le harcèlement sexuel est encore un problème, et ce, malgré l'idée qu'on se fait que l'égalité [entre les sexes] progresse dans la société», indique la dame au Soleil, ajoutant que «les statistiques montrent que ce sont le plus souvent qu'autrement des hommes avec du pouvoir qui s'en prennent à des subalternes».

Et cette situation est «regrettable», déplore-t-elle. «Hiérarchiquement, lorsqu'on se trouve au-dessus d'une personne, évidemment, cela augmente le pouvoir et cela diminue la possibilité de dénoncer.»

Dans le cas de M. Aubut, la présidente affirme avoir été surtout heurtée par la durée des événements. «Plus ça va, plus des femmes dénoncent. Les témoignages sont nombreux», dit-elle. «Bien qu'il n'y ait pas encore eu de tribunaux, cette affaire-là, c'est très questionnant.»

Bien qu'elle conçoit que ce n'est pas toujours évident de dénoncer une personne lorsqu'on se trouve en position d'infériorité, Mme Miville-Dechêne encourage tout de même fortement les gens à le faire. «Il faut continuer à dénoncer!» lance-t-elle. «Je le dis tout en sachant à quel point c'est difficile. Pour beaucoup de femmes, cela peut vouloir dire mettre en danger par exemple leur emploi ou une promotion.»

Responsabilité des employeurs

Et les employeurs ont aussi une part de responsabilité. «Depuis 2004, nous avons au Québec une loi spécifique qui interdit le harcèlement psychologique au travail», rappelle la présidente. «Ils doivent s'assurer que leur milieu de travail est sain. Les outils existent maintenant, mais les mentalités ne changent pas aussi rapidement qu'on le souhaiterait». Le point positif aujourd'hui, «c'est que lorsqu'une situation du genre est dévoilée au grand jour, il n'y a pas beaucoup de personnes qui vont dire que ce n'est pas grave. À une certaine époque, c'était banalisé», se console-t-elle. «Nous avons progressé par rapport à l'époque où les femmes enduraient ça.»

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