Marcel Aubut démissionne

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Marcel Aubut

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(Québec) Marcel Aubut a démissionné samedi de son poste de président du Comité olympique canadien (COC) et a présenté ses excuses. Toutefois, l'une des plaignantes doute de la sincérité de l'ancien propriétaire des Nordiques de Québec.

L'avocat de formation, qui fait face depuis quelques jours à des allégations de harcèlement sexuel, a souligné, par voie de communiqué, quitter le navire avec le sentiment «du devoir accompli».

Membre du COC depuis 2000, M. Aubut, 67 ans, estime que la situation dans laquelle il se trouvait était une «distraction majeure» qui faisait perdre de vue les véritables objectifs du COC, spécialement à la veille des Jeux olympiques de Rio.

«Elle menace maintenant le bon fonctionnement de l'organisation, dont les répercussions risquent de toucher, ultimement, les athlètes olympiques canadiens qui sont la raison d'être de notre entreprise et qui ont toujours été au coeur de mes préoccupations les plus chères et de mon engagement bénévole au sein du monde olympique», indique-t-il, ajoutant qu'il s'excuse auprès des gens qu'il aurait pu offusquer. «Je suis conscient que, parfois, mon attitude a pu être perçue comme discutable auprès de certaines personnes de la gent féminine et avoir entraîné un sentiment de malaise. Je le réalise. Et je vais m'ajuster.»

Quelques minutes après la démission de M. Aubut - qui était président depuis 2009 -, le COC a annoncé par voie de communiqué que l'enquête menée par l'ancien juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland, était interrompue à la demande de la plaignante.

Mercredi, M. Aubut avait choisi de se retirer temporairement de ses fonctions à la suite du déclenchement d'une enquête interne. Le Globe and Mail avait alors révélé qu'une plainte avait été déposée par une employée de la Fondation olympique canadienne à l'endroit de M. Aubut.

Depuis, d'autres femmes, dont l'avocate spécialisée en droit du sport Amélia Salehabadi-Fouques, ainsi qu'une ancienne adjointe de l'avocat ont aussi révélé qu'elles avaient été victimes de comportements inappropriés.

D'ailleurs, Me Salehabadi-Fouques a déposé vendredi une plainte au Barreau du Québec. Joint par Le Soleil samedi en fin de soirée, elle affirme ne pas croire aux excuses de M. Aubut et demande notamment qu'il reconnaisse ses torts.

«Je suis un petit peu sceptique», indique Mme Salehabadi-Fouques. «Il dit le faire pour le bien [des athlètes]. Mais il n'est pas vraiment désolé. [...] En 2011, il s'était déjà fait dire que c'était inacceptable. Et là, il n'a toujours pas compris. Franchement, pour un avocat, ce n'est pas très fort. Moi, je questionne son jugement. Si le président du COC n'avait pas compris après la lettre [...] je pense que même un garçon de 12 ans comprendrait ça, que ce n'est pas acceptable.»

L'avocate soutient avoir été harcelée à trois reprises par M. Aubut. Elle demande aussi que l'homme d'affaires s'excuse auprès d'elle.

Vendredi, à la suite des nouvelles révélations des deux femmes, le COC avait choisi d'élargir son enquête. Cette dernière est toujours en cours, confirme le porte-parole du COC Ricky Landry.

«Nous avions embauché le juge Rolland lorsqu'une première plainte avait été déposée la semaine dernière. Maintenant que M. Aubut a démissionné et que la plaignante a retiré sa plainte, son mandat est terminé», explique M. Landry.

«Vendredi, nous avions créé un mécanisme beaucoup plus large afin que tout le monde puisse - s'il y a besoin - porter plainte, que ce soit en lien avec M. Aubut ou non. On voulait une enquête plus large», ajoute-t-il. «On ne sait pas encore qui va être désigné comme enquêteur, mais cela devrait se faire très vite.»

Tricia Smith nommée par intérim

Le COC a nommé samedi en soirée Tricia Smith comme présidente par intérim en remplacement de M. Aubut. L'avocate et femme d'affaires a remporté une médaille d'argent en aviron aux Jeux olympiques de 1984, à Los Angeles. En mars 2009, elle a été élue à la vice-présidence du COC.

«Je vis pleinement les valeurs que représente le sport et je prends très au sérieux mon rôle afin d'aider à guider le changement pour le plus grand bien du mouvement olympique dans notre pays. De concert avec mon conseil, notre priorité consiste à mettre en place des changements pour assurer un environnement sécuritaire à nos athlètes, nos entraîneurs, notre personnel et nos bénévoles. Je m'engage personnellement à améliorer la sécurité et le bien-être de notre famille», a-t-elle souligné samedi en soirée.

Avec La Presse

Des actions «adéquates» en 2011

En 2011, Marcel Aubut avait dû faire face aux questions du Comité olympique canadien (COC) à la suite de gestes déplacés qu'il aurait posés sur au moins une employée. Pourquoi le COC avait-il choisi de ne pas publier l'affaire? «Cela s'était fait en consultation avec des avocats externes», explique le porte-parole du COC Ricky Landry. «Cela avait été jugé que les actions imposées étaient adéquates et suffisantes, légalement et moralement, à l'époque. C'était le jugement», ajoute-t-il. Le COC avait choisi de ne pas déposer de plainte contre M. Aubut. Ce dernier avait été rencontré le 3 juin 2011 par Jean R. Dupré, qui occupait le siège de chef de la direction et secrétaire général du Comité, par l'avocate interne Jolan Storch et par le gestionnaire, aujourd'hui chef de direction du COC, Chris Overholt.

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