Panams: du kayak à s'en rendre malade

Pierre-Luc Poulin vivra son plus gros moment en... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Pierre-Luc Poulin vivra son plus gros moment en carrière lors des Jeux panaméricains.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Une trentaine d'athlètes du territoire de couverture du Soleil participent aux Jeux panaméricains, qui s'amorcent demain à Toronto. Jeudi, nous vous présentons deux d'entre eux au parcours singulier qui visent les plus hauts sommets. Vendredi: la judoka Catherine Roberge.

Pierre-Luc Poulin n'est pas l'un des meilleurs kayakistes canadiens pour rien. En plus de son physique avantageux, le jeune homme de Lac-Beauport embrasse pleinement le côté masochiste de sa vie d'athlète.

Il s'agit de l'écouter pour s'en convaincre : «Quand je fais le tour du lac [Beauport], si je peux finir en vomissant, je mets la cerise sur le sundae. C'est un peu maso, mais il y a une raison pour laquelle on pousse : après, on se sent tellement bien...»

Si le plaisir qu'éprouve un athlète en pratiquant son sport est garant de ses succès éventuels, Poulin ira loin. Surveiller son alimentation, limiter les excès, s'entraîner fort et toujours... Tout ça ne provoque aucune frustration chez le sportif de 19 ans.

«Je n'ai jamais fait de sacrifices de ma vie. Je fais ce que j'aime. Si tu me donnes le choix entre aller veiller ou me taper quatre fois deux kilomètres le lendemain matin...» Vous savez ce qu'il choisira.

Poulin sera dans les équipes du K-2 200 mètres et du K-4 1000 mètres qui tenteront de remporter l'or aux Jeux panaméricains, à Toronto. Sa place au K-4 est assurée depuis un certain temps, mais il a gagné celle en K-2 mardi en battant le quadruple médaillé olympique Adam Van Koeverden lors d'une course «à l'interne» qui visait à sélectionner celui qui accompagnerait le champion du monde de K-1 sur cette distance, Mark de Jonge.

Plus gros moment

Les Panams représentent le plus gros moment de la carrière de Poulin. Ils seront toutefois surclassés par les Championnats du monde, qui auront lieu à Milan, en août. C'est là que l'équipe canadienne de K-4 se classera - ou non - pour les Jeux olympiques de Rio, l'an prochain.

Pour faire sa place dans le grand rendez-vous, le quatuor canadien devra terminer dans le top 10 ou être le meilleur pays des Amériques lors des Mondiaux. Les Jeux panaméricains n'ont aucune incidence sur les qualifications olympiques, mais il s'agira d'une bonne occasion pour Poulin et ses coéquipiers - Brady Reardon, Philippe Duchesneau et Andrew Jessop - de se mesurer à leur principale rivale, l'Argentine.

«Ça va être une grosse, grosse, grosse guerre», dit Poulin, prenant en exemple une récente course en Coupe du monde, où le Canada a devancé les Argentins par 0,3 seconde. «Si on a une médaille d'argent, il faudra retourner à la planche à dessin. On doit vraiment gagner.»

Pas pour ses beaux yeux

Dans le K-4, Poulin n'a pas été choisi pour ses beaux yeux. Douze athlètes élite se sont entraînés pendant trois mois ensemble, à la fois pour améliorer les performances de chacun et pour choisir les meilleurs d'entre eux. Six sont restés, mais seuls les quatre meilleurs s'assoiront dans le bateau, à Toronto. Un long processus de sélection où se sont mélangées compétition, solidarité... et testostérone. 

«On est des gars. On habitait tous ensemble. [...] C'est sûr qu'il y a eu des accrochages à certains moments», relate Poulin. «Mais ce qui se passait sur l'eau restait sur l'eau. On avait une chose à faire : classer le bateau. L'atmosphère est restée très saine.»

Si le K-4 canadien se retrouve aux JO, Poulin entend se concentrer sur cette discipline. Si ce n'est pas le cas, il pourrait pagayer dans une autre épreuve. «Je ne ferais pas de cadeau à personne. J'irais me battre», lance celui dont le frère aîné, Maxime, est aussi un kayakiste de haut niveau.

Le finale du K-4 1000 m aura lieu dimanche, à 9h. Celle du K-2 200 m se déroulera mardi, à 10h50.

Francis Lavoie a lancé sa première boule de... (Photo fournie par Wichita State University) - image 2.0

Agrandir

Francis Lavoie a lancé sa première boule de quilles à l'âge d'un an et demi. 

Photo fournie par Wichita State University

Faire des quilles son métier

François Lavoie a grandi sur les allées de quilles de Québec. Mais au lieu d'en faire son passe-temps favori, l'athlète de 22 ans espère en faire un métier!

Depuis quatre ans, il étudie en administration des affaires à l'Université de Wichita State, dans «le meilleur programme de bowling universitaire aux États-Unis». Son talent l'a mené jusqu'aux Jeux panaméricains de Toronto, où il espère gagner une médaille dans chaque épreuve (simple et double). Tout ça avec une pensée pour 2020... et les Jeux olympiques.

Q Quand as-tu commencé à jouer aux quilles?

R J'ai commencé à l'âge d'un an et demi, selon mon père. Je ne me souviens pas de mes débuts, mais il me dit qu'il jouait dans une ligue et qu'au lieu d'engager une gardienne, il m'emmenait au salon de quilles et me faisait jouer sur une allée à côté de la sienne. J'ai commencé a jouer dans une ligue junior à trois, quatre ans et je n'ai jamais arrêté.

Q Crois-tu que les quilles pourraient un jour se retrouver aux Jeux olympiques?

R En ce moment, on a une bonne chance d'être inclus aux Jeux de 2020 au Japon. Notre sport a fait une soumission et a passé la première coupe récemment. Nous sommes parmi huit sports qui ont le potentiel d'être inclus à ces Jeux. La décision finale se prendra à l'été 2016 au Brésil. Tous les joueurs compétitifs que je connais souhaitent que les quilles soient aux Olympiques. Je pense que dans les circonstances présentes, nos chances sont meilleures que jamais.

Q Y a-t-il des possibilités au niveau professionnel pour les joueurs de quilles?

R Il y a en plusieurs, mais aucune de ces options n'est au Canada, malheureusement. C'est pourquoi j'ai quitté le Québec à 18 ans pour venir étudier à Wichita State. [...] Il y a un circuit professionnel aux États-Unis, la Professional Bowlers Association [PBA]. Il y a en également en Europe et en Asie. De plus, il y a le World Bowling Tour [WBT]. Tous sont différents les uns des autres, mais le concept est le même : jouer aux quilles pour de l'argent. C'est un peu comme la PGA au golf, sauf qu'il y a moins d'argent à faire aux quilles. C'est donc plus difficile d'en faire carrière. [...] Mon but est tout de même d'être un de ceux qui gagne sa vie en voyageant à travers le monde pour jouer aux quilles professionnellement.

Q Les quilles sont perçues comme une «activité du dimanche». Est-ce important pour toi que ton sport reçoive la même considération que les autres?

R Il y a beaucoup de préjugés attachés aux quilles au Canada, et même un peu aux États-Unis. Mais dans d'autres parties du monde, ce n'est pas le cas. En Asie et au Moyen-Orient, les quilles sont très populaires au niveau compétitif. [...] Dans ces régions, les gens comprennent et respectent la distinction entre le côté récréatif et le côté compétitif. J'ai une amie de Singapour qui a constamment sa photo sur des billboards ou sur des autobus. [...] Au niveau professionnel, les athlètes s'entraînent, ils ne sont pas obèses et ils ne boivent pas de bière en jouant comme certains gens pensent. Oui, ce serait bien si les gens respectaient les quilles comme ils le font avec les autres sports, mais en attendant que cela se produise, je profite des occasions comme celle-ci pour essayer d'éduquer quelques personnes à la fois.

Athlètes de la région de couverture du Soleil présents

Athlétisme

  • Mélanie Blouin (Québec)
  • Julie Labonté (Sainte-Justine)
  • Charles Philibert-Thiboutot (Québec)

Baseball

  • Jessica Bérubé (Québec)
  • Stéphanie Savoie (La Pocatière)

Boxe

  • Ariane Fortin (Lévis)
  • Clovis Drolet (Beauport)

Cyclisme

  • Hugo Barrette (Cap-aux-Meules)

Eau libre

  • Jade Dusablon (Québec)

Escrime

  • Hugues Boisvert-Simard (Québec)

Handball

  • Alexis Bertrand (Lévis)
  • Olivier Jung (L'Ancienne-Lorette)
  • Myriam Laplante (Rimouski)

Judo

  • Catherine Roberge (Beauport)

Kayak

  • Pierre-Luc Poulin (Lac-Beauport)

Natation

  • Audrey Lacroix (Pont-Rouge)
  • Katerine Savard (Pont-Rouge)

Plongeon

  • François Imbeau-Dulac (Québec)

Quilles

  • François Lavoie (Québec)

Racquetball

  • Michèle Morissette (Baie-Comeau)

Rugby

  • Magali Harvey (Québec)
  • Karen Paquin (Québec)

Soccer

  • Gabrielle Carle (Québec)
  • Marie Levasseur (Québec)

Softball

  • Mathieu Roy (Saint-Gervais)

Taekwondo

  • Maxime Potvin (Québec)
  • Marc-André Bergeron (Québec)

Tennis de table

  • Pierre-Luc Thériault (Saint-Fabien)

Tir

  • Michel Dion (Pont-Rouge)
  • Gale Stewart (Québec)

Vélo de montagne

  • Raphaël Gagné (Québec)

D'après une liste fournie par le Comité olympique canadien

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer