Annulation du gala Triomphe: déception dans le milieu sportif

Marcel Aubut et la planchiste Dominique Maltais, nommée... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Marcel Aubut et la planchiste Dominique Maltais, nommée athlète de l'année au gala Triomphe en 2014

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(Québec) Le gala Triomphe du 30 avril, annulé vendredi, doit avoir lieu dans une forme ou une autre, croient athlètes et grosses pointures du domaine sportif de Québec, dont le président des Remparts, Jacques Tanguay. Marcel Aubut et son équipe se rencontrent quant à eux dimanche à 10h pour faire le point et établir un éventuel plan B.

L'annulation surprise de la cérémonie récompensant les athlètes amateurs de la grande région de Québec a sonné un peu tout le monde gravitant dans l'univers sportif de la capitale.

«Ça me fait mal au coeur», a déclaré en substance l'homme d'affaires Jacques Tanguay, samedi matin, en marge de la sélection des sièges par les membres de Première Place dans le Centre Vidéotron. «J'espère que ce gala-là peut être réorganisé dans le temps de le dire. [....] Nos athlètes ont gagné, ils ont été mis en nomination, il faut leur remettre leur honneur.»

Conflit d'horaire

Croyant avoir le Colisée réservé du 28 avril à 8h jusqu'au 30, jour de la tenue du gala, l'équipe de Marcel Aubut a appris mercredi que la direction d'ExpoCité avait plutôt laissé le vieil amphithéâtre à la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) mardi prochain, premier jour prévu pour les préparatifs devant durer 56 heures consécutives.

Au sujet du conflit d'horaire, le président des Remparts de Québec s'est permis quelques reproches envers M. Aubut, qui voulait absolument tenir le gala dans l'ancien domicile de ses Nordiques. «J'ai aucune idée pourquoi il [le gala] a été fait au Colisée Pepsi», a lancé M. Tanguay.

La réponse est fort simple, tout le fil conducteur du gala reposait sur les 67 ans d'histoire du Colisée. Une grande fresque multimédia avait entre autres été concoctée, et la liste des invités faisait la part belle aux anciens Fleurdelisés.

Reste que selon lui, M. Aubut, de par son expérience et ses connaissances du hockey, devait savoir que les séries éliminatoires de la LHJMQ pouvaient créer de l'incertitude sur la location du vieux bâtiment. «Ça fait 16 ans que les Remparts sont au Colisée, et on n'a jamais manqué les séries en 16 ans», a-t-il fait valoir.

Les Remparts, rappelons-le, sont considérés comme locataires prioritaires du Colisée. M. Tanguay n'a toutefois pas voulu en dire davantage sur le rôle qu'il aurait pu jouer sur un potentiel accord de dernière minute pour permettre la tenue du gala.

Mario Bédard, fondateur de J'ai ma place, devenu Première Place sous Québecor, était aussi présent samedi matin à la sélection des sièges. M. Bédard a sollicité les commandites pour le gala Triomphe. Contrairement à M. Tanguay, il a refusé de faire porter le chapeau à Marcel Aubut.

«C'est complètement illogique que ça n'ait pas été pensé et qu'on ne soit pas capable de bouger ça juste pour une question de date», a-t-il réagi devant les journalistes, ajoutant que la situation mériterait «une grosse poursuite».

Joint par Le Soleil plus tard en journée, Marcel Aubut n'a pas voulu répondre aux propos de Jacques Tanguay. Il a plutôt affirmé qu'il se concentrait désormais sur la rencontre de ce matin avec ses partenaires.

Prévue à 10h, la réunion n'a pas d'échéance et vise à évaluer les dégâts, mais aussi les options pour malgré tout récompenser les athlètes mis en nomination. Après tout, les statuettes sont déjà gravées et prêtes à être remises à leurs destinataires.

«La poussière est retombée, les pleurs sont terminés», a dit M. Aubut au téléphone. «Il faut maintenant examiner la situation comme il faut, prendre des décisions éclairées.»

Selon l'avocat et ancien président des Nordiques, il n'y a aucun doute que le show prévu jeudi est mort et enterré. Les invités de marque ont tous été avisés vendredi, dont le premier ministre Philippe Couillard. Il ne s'est cependant pas avancé sur un plan B.

Les athlètes pas oubliés

Une source bien au fait du dossier a fait savoir au Soleil qu'il y a fort à parier que les athlètes ne seront pas oubliés dans toute cette histoire. D'une façon ou d'une autre, ils recevront leur prix, nous a-t-on indiqué. Comment? C'est la réponse à laquelle ils devront tous répondre dimanche. L'an dernier, le gala Triomphe avait permis de remettre plus d'un demi-million de dollars aux sportifs. À ce stade-ci, ces montants ne sont pas garantis cette année.

Le Soleil a par ailleurs obtenu copie de la liste mise à jour des présentateurs de la soirée prévue au Colisée Pepsi. Pas de doute, l'organisation avait mis le paquet pour épater les athlètes.

Imaginez Alain Côté et Kerry Fraser sur une même scène pour remettre un prix, une rare visite de l'ancien Nordiques Alexei Gusarov, ou encore Adonis Stevenson aux côtés de Fernand Marcotte. Voilà de grands noms que Marcel Aubut espérait rassembler le temps d'une soirée. Tout ce beau monde devra rester à la maison malgré les efforts de dernière minute de l'organisation. Au final, quelques heures à peine auront coûté des mois de travail aux employés derrière le gala Triomphe.

Ce qu'ils ont dit...

Surprise et déception. Voilà les mots qui résument l'état d'esprit des athlètes questionnés par Le Soleil sur l'annulation du gala Triomphe cette année. Vendredi, le grand manitou de la fête des athlètes, Marcel Aubut, a qualifié la situation de «catastrophe pour la réputation de la ville de Québec». Si aucune des personnes interrogées hier n'est allée aussi loin, toutes ont reconnu que cette nouvelle, que plusieurs d'entre elles ont apprise par les médias, était bien mauvaise pour la scène sportive de la région.

«On n'en revenait pas. Je suis déçu, c'est sûr, mais c'est surtout beaucoup de surprise. Ça aurait été tout un show. [...] Ça serait le fun qu'il y ait quelque chose malgré tout.Je suis curieux de savoir qui a gagné!»

Laurent Dubreuil, patineur de vitesse, nommé dans la catégorie Sport individuel international

«C'est vraiment triste. On ne sait rien, c'est ça qui est plate. On ne sait pas s'il va y avoir une suite. On ne sait pas s'ils vont remettre les prix. Ça se peut-tu que ce soit juste ça, le problème?»

Pascal Dufresne, des Titans de Limoilou, finaliste dans la catégorie Entraîneur national, en parlant de la mésentente entre le comité organisateur et ExpoCité

«J'étais déçu, parce que c'était un bel événement. Ça aurait été un rendez-vous plaisant pour partager les succès qu'on a eus cette année. Mais c'est pas la fin du monde non plus. [...] Je souhaite que ça revienne année après année, quitte à prendre une formule un peu moins gigantesque. Il faut revenir à l'essence même du sport.»

Philippe Marquis, skieur acrobatique, finaliste dans la catégorie Sport individuel international

«Est-ce qu'on pourrait le faire de façon moins grandiose pour récompenser les athlètes? Ce sont eux qui sont importants là-dedans.»

Helder Duarte (Rouge et Or soccer), en nomination dans la catégorie Entraîneur national

«C'est sûr que ça nous a déçus, mais je pense que tout le monde avait de la bonne volonté là-dedans.»

Dominique Maltais, athlète de l'année au gala Triomphe de l'an dernier
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