Le Colisée de Québec sera démoli

Le maire Régis Labeaume dit n'avoir reçu aucune... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le maire Régis Labeaume dit n'avoir reçu aucune proposition pour occuper le Colisée Pepsi. «Depuis que je lance des signaux, je n'ai aucune réponse. Aucune.»

Le Soleil, Patrice Laroche

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Le vieux Colisée sera démoli. Après avoir enterré la veille le projet de tramway, le maire de Québec, Régis Labeaume, a signé vendredi l'arrêt de mort de l'édifice qui a abrité les prouesses de Jean Béliveau, de Guy Lafleur et de Joe Sakic.

C'est la semaine des enterrements à Québec. En deux jours, le maire a mis une croix sur le projet phare de son plan de mobilité durable, le tramway, et sur le Colisée Pepsi, qui tombera sous le pic des démolisseurs. «Je serais étonné qu'on le garde», a-t-il laissé tomber vendredi, confirmant ce que déjà la veille il avait laissé entrevoir.

Le maire a même déjà en main le rapport des coûts de démolition, qu'il n'a pas voulu détailler en public. L'administration Labeaume a aussi passé au peigne fin les chiffres du Colisée. «Le Colisée Pepsi - on est en train de faire l'exercice, ça n'a jamais été fait - il coûte peut-être plus cher que les coûts qu'on a démontrés.» Jusqu'à maintenant, les coûts d'entretien qui ont circulé étaient de 500000 $ par année.

«Je suis en train de calculer le coût pour le mettre à terre par rapport au coût d'entretien sur quelques années. Je trouve que mon retour sur l'investissement est pas mal rapide.»

Le maire dit n'avoir reçu aucune proposition pour occuper l'édifice. «Depuis que je lance des signaux, je n'ai aucune réponse. Aucune.»

Il s'est questionné dernièrement sur la pertinence de lancer un appel international pour dénicher une firme qui proposerait des idées de reconversion ou de transformation de l'édifice. «J'en suis venu à la conclusion que ça ne valait peut-être pas la peine d'investir là-dedans. À un moment donné, je pense, il faut prendre des décisions.»

Et pas question de faire comme à Montréal, où le Forum a été reconverti en salles de cinéma. «On ne commencera pas à faire un cinéma pour compétitionner ceux qui existent actuellement. Je ne suis pas sûr que c'est une bonne idée.» Des boutiques, des jeux d'eau, une piscine? Aucune de ces options ne soulève l'enthousiasme.

Pratiquement irréversible

M. Labeaume sait que les gens de Québec sont «amoureux de leur Colisée». Les souvenirs liés à l'édifice sont nombreux. Mais, au final, la décision est pratiquement irréversible. Il dit cependant vouloir expliquer à la population son plan pour combler les besoins en heures de glace. «Il faut amener ça d'une façon ordonnée, correcte, pour qu'ils puissent réfléchir avec nous autres.

«Parce que c'est bien beau dire qu'on met à terre un amphithéâtre comme le Colisée, mais je veux que les gens comprennent où on s'en va, qu'est-ce qu'on fait avec le site.»

Le maire a déjà annoncé son intention de rendre le site d'ExpoCité «vivant 12 mois par année». Le rapport du comité dirigé par Daniel Gélinas doit être rendu public d'ici l'automne. Mais M. Labeaume dit avoir un plan assez clair de ce qu'il souhaite. Et il assure que la démolition du Colisée n'empêchera pas la tenue d'événements majeurs comme les Olympiques ou des championnats mondiaux de hockey. «On essaie toujours de penser deux ou trois coups à l'avance», a-t-il laissé tomber.

Un bâtiment à la riche histoire

Le Colisée Pepsi a toute une histoire derrière la cravate. Construit en catastrophe en 1949, il a trôné pendant des décennies en roi et maître de ce qu'on appelait le parc de l'Exposition.

Hockey, lutte, boxe, crosse, roller derby, spectacles, congrès politiques et même cérémonies religieuses ont attiré les foules dans son enceinte. Avec son toit en arc de béton révolutionnaire qui permet de conserver une visibilité sans pareil grâce à l'absence de poutres, le Colisée se démarque dès sa construction.

Il a vu évoluer Jean Béliveau, Guy Lafleur, Peter Forsberg et Joe Sakic ainsi qu'une ribambelle de futures vedettes de la Ligue nationale de hockey qui sont passées par son tournoi pee-wee. Plusieurs événements majeurs s'y sont tenus : les Nordiques y ont remporté la Coupe AVCO en 1977, il a accueilli le Championnat mondial de hockey en 2008, il a vibré au son de nombreux spectacles.

Il a même failli accueillir le célébrissime Elvis Presley en 1957. Mais la méfiance des autorités religieuses et municipales devant la sensation de l'heure et son déhanchement suggestif a eu raison de sa tournée du Québec, raconte Jean-Marie Lebel dans son livre L'Expo.

Aubut tient au Colisée, mais comprend

Même s'il aimerait que le Colisée «reste debout», Me Marcel Aubut (photo) comprend aussi le calcul qui amène le maire de Québec à vouloir le démolir. Ironie du sort, il se trouvait dans le vieil aréna, hier, quand Régis Labeaume faisait part de sa décision.

«Je comprends les politiciens qui doivent analyser les coûts par rapport à son utilisation et ce qu'il peut offrir. Il n'y aura plus de grands spectacles, ici, des transformations peuvent y être faites, mais il y a aussi un maximum que le marché peut prendre. Il faut prendre une décision pour le bien de la ville et des contribuables», disait le président de la Fondation Nordiques à l'occasion d'une conférence de presse du Gala Triomphe qui aura lieu au Colisée, le 30 avril.

S'il en avait le pouvoir, Me Aubut conserverait cet édifice qui pourrait servir dans une hypothétique candidature olympique. À ses yeux, le Colisée a encore fière allure à comparer à certains arénas du genre, mais sa rentabilité cause un problème avec la présence d'un amphithéâtre moderne à ses côtés.

«Il faut rendre hommage aux autorités publiques, comme le maire Labeaume et ses prédécesseurs qui l'ont très bien entretenu. J'étais à Columbus, récemment, pour le match des étoiles de la LNH et l'intérieur de leur aréna n'est pas plus beau qu'ici, c'est la technologie et les loges corporatives qui diffèrent.»

Ça ne l'empêche pas de croire qu'il pourrait encore servir, sachant qu'une ville olympique a besoin de deux arénas. «Je suis président du Comité olympique canadien, c'est mon job de faire la promotion des Jeux et que je dise qu'il doive rester debout, alors ne vous énervez pas avec ça. Pour l'instant, il est encore là et on le fêtera le 30 avril. Ce qui s'en vient est une suite positive, on aura l'un des plus beaux amphithéâtres du monde», ajoutait celui qui avait clairement indiqué son souhait de garder le Colisée, plus tôt cette semaine. Carl Tardif

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