Les patineurs de vitesse et la fédération en conflit au sujet des frais

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Ivanie Blondin (photo), le double médaillé olympique Denny Morrison et Laurent Dubreuil font partie des athlètes qui n'ont pas signé leur contrat d'athlète avec Patinage de vitesse Canada.

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Donna Spencer
La Presse Canadienne
Calgary

Ivanie Blondin connaît la meilleure saison de sa carrière en patinage de vitesse, mais certains matins, elle se demande pourquoi elle chausse seulement les patins.

Une difficile réalité financière a frappé l'équipe nationale cette saison et les options que considère Patinage de vitesse Canada (PVC) sont si impopulaires que certains des meilleurs patineurs en longue piste sont prêts à sacrifier leur financement au lieu de se plier à celles-ci.

Cette situation a aussi entraîné un bris de confiance entre certains athlètes et la fédération, située à Ottawa.

PVC songe à instaurer des «frais d'équipe» de 1200 $ par patineur au sein des équipes nationale et de développement, autant en longue piste qu'en courte piste, afin de défrayer les coûts cet hiver.

Pour Blondin, qui reçoit 1800 $ par de la part de Sport Canada, il s'agit d'une somme importante. Pour un athlète de l'équipe de développement, comme l'Albertaine Nicole Garrido, qui ne reçoit que 900 $ par mois, l'impact est encore plus significatif.

Certains athlètes dans d'autres sports paient déjà ce type de frais à leur fédération pour aider à atténuer les coûts des voyages, des hôtels et du transport de l'équipement. les lugeurs paient notamment 1800 $ en frais d'équipe cet hiver. Les patineurs de vitesse n'ont jamais eu à le faire et ils en sont plutôt mécontents.

Une réduction de la contribution d'À Nous le podium et une baisse d'autres sources de revenus a entraîné une perte de 1 million $ au budget 2014-15 de PVC en comparaison avec l'an dernier selon le chef de la direction, Ian Moss.

«Nous avons 750 000 $ en moins sur le budget de notre équipe nationale, Moss a indiqué à La Presse Canadienne. Nous cherchons des façons de couvrir cette perte.»

D'instaurer ces frais d'équipe comblerait environ 75 000 $, a-t-il ajouté.

Mais la façon dont cette situation a été gérée et surtout le moment où elle a été présentée aux athlètes a causé un deuxième sérieux problème financier à certains athlètes.

Un chèque en blanc

Blondin, le double médaillé olympique Denny Morrison et Laurent Dubreuil font partie des athlètes qui n'ont pas signé leur contrat d'athlète avec PVC. Le fait de ne pas avoir signé ce contrat fait en sorte que les athlètes sont inadmissibles au financement de Sport Canada.

Les trois patineurs n'ont pas signé l'entente parce que le montant des frais d'équipe n'y est pas précisé, bien que le montant de 1200 $ ait été discuté de façon informelle. De signer ce contrat sans connaître le montant des frais est l'équivalent de signer un chèque en blanc, ont-ils expliqué.

«Ils pourraient revenir et nous dire que ces frais sont de 15 000 $», a fait remarquer Blondin.

Cette dernière n'a donc pas reçu son financement de la part de Sport Canada en décembre, pas plus qu'elle ne touchera sa part pour janvier. La patineuse de 24 ans a jusqu'ici remporté cinq médailles, dont deux d'or, en quatre Coupes du monde.

«J'avais une petite marge de manoeuvre dans mon budget, mais je ne l'ai plus. J'ai des soucis présentement et ce n'est pas bon. Ça me stresse beaucoup. Je tente de me concentrer sur le patinage, mais certains matins, je me demande bien ce que je fais ici. Je ne suis pas payée actuellement et c'est frustrant.»

Dubreuil a remporté quatre médailles en autant d'épreuves de 500 m en Coupes du monde cette saison. Il a indiqué que les athlètes ont été informés de la possibilité que des frais d'équipe soient instaurés à l'automne, alors qu'il était trop tard pour eux pour trouver les fonds pour les payer.

«Une partie de la frustration est l'argent, mais une part importante est aussi le moment où on nous en a informé, alors que la saison était commencée et que nous ne pouvions pas nous trouver un travail d'appoint pour les payer, a-t-il fait valoir. On nous a dit de nous trouver un avocat pour lire avec nous le contrat avant de le signer alors que nous étions au Japon. Comment je suis supposé me trouver un avocat au Japon? Ils n'auraient pas pu nous présenter ce contrat à un pire moment.»

Nouvelle réalité

Moss admet que la situation aurait pu être gérée différemment, mais il ajoute que la fédération ne peut échapper à sa nouvelle réalité financière, qui n'a été clairement établie qu'en septembre.

À Nous le podium, qui finance les fédérations en fonction de leurs espoirs de médailles, a réduit son apport à PVC de 517 000 $ par rapport à l'an dernier. L'équipe dispose de commanditaires, mais l'un d'eux vient de reconduire son entente pour un montant moindre.

Les bureaux de PVC ont été relocalisés à Ottawa pour diminuer son loyer de moitié, a dit Moss, trois postes de directions ont été ramené à un poste et demi, et l'équipe de longue piste n'a pas tenu d'entraînement pendant la saison morte.

«Quand vous êtes amputé d'un million de dollars en six mois, ce n'est pas facile de s'ajuster, s'est défendu Moss. Au bout du compte, on doit vivre avec nos nouveaux moyens. C'est cela le défi. Si on décide de ne pas aller de l'avant avec ces frais d'équipe, on devra trouver un autre moyen de couvrir notre manque à gagner.»

Tous les membres de l'équipe de courte piste ont signé l'entente avec PVC et reçoivent leur financement de Sport Canada, a indiqué Moss. Avec la moitié de la saison maintenant écoulée, il estime que la situation avec les contestataires doit être rapidement résolue.

«C'est devenu un point vraiment épineux dans nos relations et ça joue sur notre concentration, a-t-il dit. Seuls quelques athlètes ont refusé de signer cette entente. Je ne dis pas qu'ils ont tort: ils ont fait un choix personnel. Ce n'est pas notre intention de priver des athlètes d'un financement auquel ils ont droit, tout le monde est perdant là-dedans. Nous souhaitons que nos athlètes offrent de bonnes performances et nous tentons de leur offrir toutes les opportunités de le faire, mais c'est notre nouvelle réalité.»

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