Labeaume favorable à la contruction d'arénas par le privé

L'aréna de Charles Vigneault, c'est une affaire de... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

L'aréna de Charles Vigneault, c'est une affaire de famille. Tous mettent la main à la pâte. Le patriarche conduit la surfaceuse, tandis que sa femme, Marie-Chantale, donne des cours aux athlètes comme au public. Même Olivia,  13 ans,  s'entraîne sur glace avec son club de ski à l'aréna familial. Quant à Benjamin, le cadet, il peut jouer au hockey le soir après l'école, et même le matin.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Fini les arénas construits par la Ville. Le maire Régis Labeaume estime qu'il faut explorer de «nouveaux modèles», qui font la part belle au privé. Ce que Lévis fait déjà depuis quelques années.

Le complexe sportif Trane de Boischatel, construit à... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

Agrandir

Le complexe sportif Trane de Boischatel, construit à 100 % par le privé, loue un bloc de 700 heures renouvelable à la Ville de Québec. Tant les citoyens de Québec que de Boischatel pourront utiliser les glaces des deux villes, sans surfacturation, parce qu'ils ne sont pas résidents. 

Le Soleil, Yan Doublet

«On adore le modèle», s'est exclamé le maire de Québec, au moment de signer une entente de réciprocité avec la Ville de Boischatel pour l'utilisation du tout nouveau complexe Trane, un aréna entièrement construit par le privé. L'entente prévoit que les citoyens de Boischatel et ceux de Québec auront accès à l'ensemble des arénas des deux villes sans qu'une surfacturation leur soit imposée parce qu'ils ne sont pas résidents. 

L'entente garantit à Québec quelque 700 heures cette année, un contrat qui est renouvelable chaque année. Pour le maire de Boischatel, Yves Germain, c'est «une formule gagnant-gagnant», car 178 jeunes de sa municipalité se déplacent à Beauport pour jouer au hockey. Ils pourront désormais le faire sans être facturés. La construction de cet aréna permet aussi pour la première fois à la Ville d'offrir des heures de patinage libre à ses citoyens. Québec, elle, manquait d'heures de glace dans l'arrondissement de Beauport.

«On veut reproduire le modèle», s'est pour sa part enthousiasmé le maire de Québec. «On a quelques arénas qui vieillissent beaucoup à Québec. Et le questionnement qu'on a, c'est : doit-on rebâtir nous-mêmes les arénas ou doit-on aider les gens du privé à en bâtir en réservant des heures? Ce qui fait qu'on n'a pas besoin d'immobiliser et d'investir nous-mêmes à la Ville. Une partie de la réponse, c'est oui, on a le goût de continuer dans ce modèle. On pense que c'est extrêmement gagnant au point de vue financier.» Ainsi, les arénas construits par la Ville, on ne devrait plus en voir à Québec, a-t-il révélé.

«Ce qu'on bâtit coûte plus cher que ce que le privé bâtit. [...] En signant des contrats avec le privé, on peut s'organiser pour avoir un produit total qui est très correct.» 

Et la Ville est à rebrasser en ce moment son offre de glaces et à déterminer ses besoins, sachant que l'aréna Gilles-Tremblay de Beauport fermera ses portes d'ici juin 2015. «On travaille sur un plan pour répartir de nouveau les heures de glace. On est en train d'évaluer les autres arénas. Il y a des mises à niveau à faire dans une couple d'arénas importants.»

Lévis aussi

Lévis a déjà franchi le pas vers la collaboration avec le privé pour les arénas. Déjà, le Centre Bruno-Verret, à Saint-Étienne, qui compte deux patinoires, dont une de dimension olympique, a été construit et est géré par le privé. La Ville de Lévis y garantit la location d'un bloc d'heures de glace. 

Jeudi après-midi, le maire Gilles Lehouillier était justement en compagnie des partenaires privés Honco, Camada et le Collège de Lévis sur le chantier du complexe deux glaces de 14 millions $ qui se construit en ce moment dans Saint-Romuald. La construction est entièrement assumée par les trois organisations, et, comme à Saint-Étienne, la Ville leur garantit la location d'un certain nombre d'heures de glace. La construction va bon train et l'échéancier sera respecté, a assuré le directeur de construction d'Honco, Bernard Bussières, pour une ouverture au printemps. 

Lévis est résolument engagée vers le recours au privé pour la construction de ses arénas. Il en manque encore un dans l'arrondissement Desjardins, souligne le maire. «C'est vraiment la tendance qu'on voit de plus en plus pour les glaces. Ça nous permet de libérer notre programme triennal d'immobilisations pour des équipements sportifs qu'il est difficile de développer avec le privé.» Le complexe aquatique, par exemple. 

Vers d'autres ententes

À Québec, l'entente avec Boischatel pourrait ouvrir la voie à d'autres ententes de collaboration du genre. Par exemple, la municipalité du maire Germain pourrait être partenaire dans la construction de la piscine récréative qui remplacera l'aréna Gilles-Tremblay, a avancé la vice-présidente du comité exécutif de Québec, Julie Lemieux. En échange, ses citoyens y auraient accès gratuitement.

Le privé sera aussi appelé à contribuer, puisqu'un développement résidentiel pourrait se matérialiser autour du nouvel équipement sportif.

Un aréna à soi

Quand ils vont patiner, Olivia et Benjamin ont la chance de pouvoir dire : «Je vais à mon aréna.» Charles Vigneault, qui est le beau-père d'Olivia et le père de Benjamin, vient de réaliser son rêve, celui d'avoir son propre aréna, qu'il partage maintenant avec les sportifs de la Côte-de-Beaupré et de Québec.

Charles Vigneault était très ému jeudi. Devant ses partenaires et les élus municipaux de Québec et de Boischatel, il officialisait son rêve. Son aréna tout neuf accueille depuis peu ses premiers patineurs.

Le Complexe Trane, situé sur le boulevard Sainte-Anne, à Boischatel, c'est une affaire de famille. «Je joue au hockey depuis que je suis tout petit. Mon gars joue aussi au hockey. J'ai toujours rêvé d'avoir mon aréna à moi. Et je voyais aussi l'occasion de faire un projet familial», a-t-il confié au Soleil, quelques minutes après la signature officielle d'une entente de réciprocité entre Québec et Boischatel, qui fait en sorte que des jeunes de Québec pourront profiter de son aréna neuf, en plus de ceux de Boischatel. 

Mais pour que ça fonctionne, toute la famille met la main à la pâte. Marie-Chantale Morissette, qui est aussi copropriétaire de l'aréna, y travaille également. La professeure de conditionnement physique a sa salle dans laquelle elle offre des cours à la fois aux athlètes et au grand public, en plus d'accueillir des groupes scolaires. Cet ajout à l'aréna contribue à rentabiliser l'affaire, convient Charles. 

Les enfants participent eux aussi, sourit Marie-Chantale. «Cette semaine, ils ont donné un coup de main pour le restaurant!»

S'occuper de tout

Et le couple ne compte pas ses heures. Avec Michel, son homme de confiance, Charles voit à tout. Il s'occupe même de conduire la surfaceuse! Marie-Chantale passe aussi le plus clair de son temps à l'aréna. Le Soleil a même croisé Benjamin, la tuque sur la tête et un grand sourire aux lèvres. «C'est cool d'avoir ton propre aréna?» «Oui!» lance le jeune hockeyeur de 10 ans. «Je joue souvent après l'école. Ou le matin!»

À 13 ans, Olivia, elle, fait du ski, mais elle a commencé à faire des entraînements sur glace avec son club. «Il y a plein de clubs de ski dans la région. C'est une autre avenue» pour assurer la rentabilité, explique sa mère Marie-Chantale. 

Et le secret de la rentabilité, c'est justement d'investir beaucoup de temps soi-même plutôt que d'engager du personnel, souligne Charles. La publicité aussi est très importante. Les murs autour de la patinoire sont d'ailleurs bien garnis d'affiches publicitaires. «Ça fait longtemps que je travaille là-dessus. Si tu te fais une glace et que tu ne travailles pas dedans, que tu n'as pas de salle d'entraînement ni de publicité, oublie ça, tu perds de l'argent, c'est sûr.»

Une «ère de collaboration jamais vécue»

Des hockeyeurs de Lévis qui utilisent les arénas de Québec sans frais supplémentaires, et vice versa? Alors que cette situation a longtemps été considérée comme impossible, les maires de Québec et de Lévis, Régis Labeaume et Gilles Lehouillier, se montrent maintenant ouverts à plus de partage d'équipements sportifs entre les deux rives.

«Ça se calcule tout ça et si ça fait du sens, il n'y a aucun problème. On vit une ère de collaboration qu'on n'a jamais vécue à Québec depuis fort longtemps. [...] Tout est possible», a soumis le maire Labeaume.

Même ouverture du côté de Gilles Lehouillier. «Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas avoir ce type d'entente là. Ce sont des biens collectifs. Tout temps non utilisé dans des équipements comme ça, ce sont des heures de perdues. [...] Pourquoi ne pas le faire avec Québec?»

Par exemple, pour les équipements olympiques et semi-olympiques, Lévis et Québec pourraient agir en complémentarité, croit-il. Québec avec son anneau de glace, et Lévis avec sa piscine semi-olympique dans Saint-Nicolas.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer