Maurice «Mad Dog» Vachon est décédé

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(Québec) Icône du monde de la lutte et figure familière pour plusieurs générations de Québécois, Maurice «Mad Dog» Vachon est décédé à son domicile d'Omaha, au Nebraska, à l'âge de 84 ans. Il serait mort dans son sommeil, vers 4h du matin

Gérant d'artistes, Michel Longtin connaissait bien le lutteur, mais surtout l'homme. «Le Québec vient de perdre une légende.» Il a été l'agent de Maurice Vachon pendant huit ans après qu'il eut pris sa retraite de la lutte.

«J'ai organisé sa tournée d'adieu. On a même enregistré un 45 tours, Le rap à Mad Dog, et une émission de télévision, Les aventures du pirate Mad Dog. Avec lui, on se donnait la main et le contrat était signé. Sa parole était meilleure qu'une signature.»

Le résidant de Québec et Maurice Vachon se sont connus au début des années 70. «Je me rappellerai toujours la première fois que je l'ai vu. Il avait les deux pieds sur le bureau et un gros cigare. Avec sa grosse voix, il a dit : "C'est lui notre sauveur. Je n'ai pas confiance." Il me faisait peur», rigole M. Longtin.

Il rencontrait alors «Mad Dog» et d'autres partenaires pour créer la Lutte Grand-Prix, qui devint très populaire à la télévision. «Ce que je me souviens, surtout, ce sont les yeux de Maurice. Il pouvait devenir méchant, mais quand il souriait, on tombait sous le charme.»

Il le décrit comme un homme au grand sens de l'humour. «Il était drôle. Lorsqu'on voyageait en automobile, on devait arrêter parfois parce qu'on pleurait tellement on riait», relate-t-il avec un brin de nostalgie. Il raconte notamment la blague de Mad Dog à propos d'un adversaire pour qui il disait fabriquer un cercueil. «Lorsqu'on lui a fait remarquer que la boîte qu'il avait faite était trop petite, il avait répondu : "Quand je vais avoir fini avec lui, il va rentrer dedans."»

Celui qui a été près du lutteur de nombreuses années conserve l'image d'un homme dévoué à sa passion. «Malade ou blessé, il embarquait dans le ring. Il luttait pour ses fans et donnait toujours son 110 %.»

Connu du président des États-Unis

Il place Maurice Vachon parmi les plus grands représentants de la lutte québécoise avec Yvon Robert et Johnny Rougeau. Selon lui, il était possiblement le plus connu de tous à l'échelle internationale. «Are you Mad Dog?» lui a demandé un jour Ronald Reagan à l'aéroport de Chicago, tout juste avant de devenir président, raconte M. Longtin.

Au cours des dernières années, il a eu peu de contacts avec le gentil «Chien enragé», isolé par la maladie. «C'était difficile. J'avais trop une belle image de lui que je voulais garder.»

Maurice Vachon était tout à fait à l'opposé du personnage qu'il jouait en tant que lutteur professionnel. Et c'est ce qui explique le capital de sympathie dont il a profité.

«Une de ses plus grandes qualités, c'était sa générosité», a déclaré Yves Thériault, qui a réalisé un documentaire sur Vachon en 2009. «C'était quelqu'un qui donnait sans compter. [...]  En fait, quand on le connaissait dans la vie de tous les jours, il était presque le contraire du lutteur. Il avait le coeur grand comme le monde.»

Selon Thériault, Vachon a été un précurseur dans le domaine du sport-spectacle, ce qui a préparé la table pour les grands promoteurs de la lutte professionnelle tels que la WWE.  Au début de sa carrière, il lui arrivait d'ailleurs fréquemment d'acheter du temps d'antenne sur les ondes locales, avant le gala de la fin de semaine suivante, pour narguer ses adversaires et proclamer sa suprématie, ce qui ne manquait pas de faire courir les foules.

«Il a été le premier à comprendre le pouvoir de la télé, et il a été le premier à commencer à s'adresser directement à la caméra. De nos jours, on voit plein de lutteurs et de combattants qui parlent à la caméra, qui lancent des menaces et font leur spectacle de cette façon, mais Mad Dog a été le premier à faire ça.»

Cependant, Maurice Vachon condamnait la lutte pratiquée dans la WWE de Vince McMahon. «Ça n'a rien à voir avec la lutte», a-t-il déjà affirmé. «L'argent domine tout, il force à faire de vilaines choses. Tout ce sexe et toute cette violence.»  Avec La Presse Canadienne et La Presse

****

De kangourou à «chien enragé»

C'est au début des années 60 que Maurice Vachon a hérité de son célèbre sobriquet «Mad Dog» alors qu'il lutte en Oregon pour le compte du promoteur Don Owen. «À mon premier combat, je m'en vais en courant vers l'arène, je saute dans l'arène, d'un bord à l'autre de l'arène comme un kangourou. J'étais tout seul dans l'arène», a raconté Vachon lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, à Radio-Canada, en octobre 2006. «J'ai sauté sur mon adversaire la minute qu'il a mis les pieds dans le milieu de l'arène, je lui ai fait trois ou quatre bodyslams, je l'ai lancé en bas de l'arène, j'ai sauté en bas, je lui ai donné un bodyslam» sur le ciment.

«L'arbitre est arrivé, il a essayé de m'arrêter. J'ai refait la même chose. Là, il y a un constable qui passait, j'étais devenu fou, il a sorti sa garcette pour me donner un coup. J'ai passé en arrière. Je l'ai ''garroché'' dans la troisième rangée. J'ai embarqué dans l'arène, la cloche avait sonné. Un autre arbitre est venu, on m'a disqualifié, on m'a mis une amende, on m'a suspendu pour 15 jours. Quand je m'en venais vers le vestiaire, d'une grosse voix le promoteur m'a dit : "You look just like a mad dog"; "T'as l'air d'un chien enragé", qu'il a dit. J'ai dit que c'est le plus beau nom que j'ai jamais eu dans ma vie.»  La Presse Canadienne

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