LNH: la nouvelle donne sourit à Québec

Le Conference Board estime que la LNH devra... (La Presse, Bernard Brault)

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Le Conference Board estime que la LNH devra revenir dans des marchés plus traditionnels, là où le hockey compte sur une base importante de fidèles. À Montréal, cette semaine, on a pu constater que le lock-out n'avait pas effrité l'enthousiasme des partisans du Canadien.

La Presse, Bernard Brault

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(Québec) Une nouvelle saison de hockey. Un nouveau contrat de travail. Et pourtant, le nouveau modèle d'affaires de la Ligue nationale de hockey (LNH) ne pourra empêcher le transfert de plusieurs franchises en difficultés financières au cours des prochaines années. Et Québec pourrait bien tirer son épingle du jeu.

L'an dernier, 13 des 30 équipes de la LNH ont perdu de l'argent. Cette année, même avec un calendrier écourté de 48 matchs, une douzaine de franchises ne devraient pas être rentables.

Selon les économistes Mario Lefebvre et Glen Hodgson du Conference Board, le nouveau modèle financier de la LNH ne tient pas la route pour les franchises à faibles revenus localisées principalement dans le sud des États-Unis, là où le hockey n'est pas très populaire.

Essentiellement, ce modèle d'affaires ne permettra pas aux équipes largement déficitaires de toucher des revenus importants en provenance du système de péréquation mis de l'avant par la Ligue et des droits de télédiffusion des matchs. Résultat: les équipes largement non rentables vont le demeurer. «Or, la seule façon pour la LNH de rétablir son modèle financier sera de déménager certaines franchises», croit l'économiste Mario Lefebvre.

Selon les calculs du Conference Board, les équipes du circuit Bettman pourront se partager annuellement des revenus supplémentaires de 250 millions$, soit environ 8 millions $ de plus par équipe.

La saison dernière, les joueurs ont empoché 57 % des revenus de la LNH, laissant 43 % aux propriétaires. Lors des 10 prochaines années, le partage des revenus a été établi à 50 % de chaque côté.

Dès l'an prochain, les 30 équipes de la LNH devront composer avec un plafond salarial de 64,3 millions$US, soit beaucoup moins que les 70,2 millions$ prévus cette saison (année de transition).

Cette bouffée d'oxygène sera toutefois insuffisante pour assurer la viabilité économique de franchises comme celles des Coyotes de Phoenix et des Blue Jackets de Columbus, qui ont perdu l'an dernier tout près de 20 millions$US chacune.

Dans l'État de la Floride, les franchises des Panthers et du Lightning seront également à surveiller alors qu'elles ont perdu plus de 12 millions$US chacune en 2012.

Télé: revenus insuffisants

Malgré une nouvelle entente de 10 ans avec le télédiffuseur américain NBC, la LNH touche des revenus de droits de télé largement inférieurs aux autres sports majeurs en Amérique du Nord, signale le Conference Board.

La LNH encaisse 500 millions$US de revenus pour les droits de télédiffusion de ses matchs en Amérique du Nord. Une bagatelle en comparaison avec les 4 milliards$US de droits de télé payés à la National Football League (NFL). De son côté, la National Basketball Association (NBA) reçoit 1 milliard$US.

Il faut savoir que la forte croissance des revenus de la LNH observée ces dernières années (revenus de 3,3 milliards$US l'an dernier) s'appuie principalement sur la force du dollar canadien.

La force du huard sur les marchés de change a ainsi permis aux équipes canadiennes de maintenir un niveau élevé de rentabilité depuis 2008.

La LNH peut d'ailleurs remercier les sept équipes canadiennes qui ont généré plus de 60 % des bénéfices d'exploitation des 17 équipes rentables la saison dernière.

En fait, les sept équipes canadiennes ont toutes été rentables l'an dernier d'après le magazine Forbes, générant des profits combinés de 219 millions $US.

L'arrivée des Jets à Winnipeg a été très salutaire pour la Ligue nationale. Les Jets ont réalisé un bénéfice d'exploitation de 13,3 millions$US sur des revenus de 105 millions$US.

Or, le portrait financier de la LNH serait très différent avec un dollar canadien s'échangeant à 70¢US. Les équipes canadiennes, qui doivent payer leurs joueurs en dollar américain, auraient alors à composer avec des dépenses supplémentaires de 20 millions $ par année.

La capitale est prête

Mais quoi qu'il en soit, le Conference Board est d'avis que la LNH devra revenir dans des marchés plus traditionnels comme Québec ces prochaines années, là où le hockey compte sur une base importante de fidèles partisans. Une donnée stratégique pour la survie d'une franchise de la LNH à long terme.

«La Ville de Québec n'aura plus à attendre trop longtemps pour avoir son équipe», assure l'économiste Lefebvre, qui croit que le «bon sens va finir par l'emporter» et qu'«une équipe du Sud aboutira dans le tout nouveau et tout beau colisée» de 18 000 places en 2015.

Dans le cas de Québec, la diversification et la vigueur de son économie n'ont rien à voir avec la situation observée lors du départ des Nordiques en 1995.

Pour Mario Lefebvre, la clé du succès pour une franchise de la LNH à Québec demeure toutefois la qualité de son actionnariat. «Il est certain que le futur propriétaire de l'équipe devra avoir les poches profondes. Il faudra qu'il soit capable d'absorber les coups durs et d'encaisser les pertes lorsqu'il y en aura parce qu'il va en avoir», dit-il.

D'ailleurs, le fameux plafond salarial imposé par la LNH sera un atout pour un marché comme Québec, rappelle le Conference Board.

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