Pierre Lacroix ému par la reconnaissance de Joe Sakic

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Depuis que Pierre Lacroix s'est amené à la tête des Nordiques en 1994, Joe Sakic et lui ont toujours eu une belle relation.

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(Toronto) Homme de peu de mots, Joe Sakic a toujours su s'exprimer par ses gestes. Autant sur la patinoire que dans la vie de tous les jours. Intègre et surtout farouchement loyal, l'ex-capitaine de l'Avalanche a réservé sa plus belle délicatesse pour son patron Pierre Lacroix par un beau jour de juin 2009. Une attention qui, encore aujourd'hui, amène le président de la formation du Colorado au bord des larmes.

«Je pourrais vous raconter bien des faits saillants de mon association avec Joe, jaser de ses exploits sur la patinoire et de sa générosité dans la communauté», a confié Lacroix lors d'un long entretien dans la Ville reine, lundi après-midi. «Mais je préfère tout résumer en une belle histoire. La plus touchante de ma vie.»

Aux prises avec de sérieux problèmes de santé en 2008 et 2009, Lacroix ne sortait plus vraiment de la maison. Il ne pouvait se déplacer qu'à l'aide d'une marchette. «À un moment donné, le téléphone sonne. C'est Joe. Il me dit qu'il sait que je ne file pas, mais qu'il faut qu'il me parle. Il s'amène donc chez nous et me dit qu'il voulait que je sois le premier à savoir qu'il accrochait ses patins. Il en avait jasé avec sa famille la veille et c'était décidé.»

Touché, Lacroix le remercie pour la belle aventure vécue avec l'Avalanche. Mais Sakic n'avait pas terminé. «Il a poursuivi en disant que les prochains à le savoir seraient les hommes de hockey de l'organisation. Mais qu'il n'était pas question qu'on publicise la nouvelle. Il m'a dit : "Pierre, on va faire la conférence de presse quand tu vas pouvoir marcher par tes propres moyens".»

Bien calé dans son siège dans le lobby de l'hôtel, Lacroix a pris un grand souffle pendant que ses yeux s'embrumaient. Il a dû s'arrêter une trentaine de secondes, incapable de poursuivre. Il raconte l'histoire et ne peut s'empêcher d'avoir des trémolos dans la gorge. «Joe a finalement eu ce qu'il voulait, a-t-il enfin continué. Un mois et demi plus tard, je montais au podium en cachant ma canne. Je voulais vous le raconter, parce que ça résume parfaitement quel genre d'individu est Joe Sakic.»

L'héritage de Joe Sakic

Mais il était avant tout un joueur de hockey. Et capitaine de l'équipe lorsque Lacroix s'est amené à la tête des Nordiques en 1994. «Quand j'ai accepté le défi de Marcel [Aubut], je savais qu'il y avait un solide noyau. Et un bon jeune leader. Joe était le point de départ pour le projet de bâtir un club gagnant le plus rapidement possible.

«Je l'ai rencontré et il a tout de suite embarqué. J'avais ma bonne base avec le capitaine. Le reste a suivi. Il y a cru, il en a fait partie. Il a été mon meilleur supporteur, un trait d'union incroyable avec les joueurs. Sur la glace, il a été notre gars des grandes situations. Son record de Ligue de huit buts marqués en prolongation en séries éliminatoires parle par lui-même. Dans une période de 10 ans, nous avons gagné deux Coupes Stanley, pris part à six finales de conférence et gagné neuf titres de division de suite. C'est ça, l'héritage de Joe. Le Temple de la renommée n'est que la suite logique des choses.»

Québec n'avait plus de place pour Sundin

Pierre Lacroix était bien préparé lorsque le sujet de Mats Sundin a été abordé. Avec un peu d'humour et quelques explications bien documentées, il a répété à quelques reprises qu'il n'hésiterait pas à refaire la transaction aujourd'hui. «En raison des résultats obtenus, je n'aurais vraiment pas le choix», a-t-il lancé.

Échangé aux Maple Leafs de Toronto en juin 1994 en compagnie de Garth Butcher et de Todd Warriner en retour de Wendel Clark, Sylvain Lefebvre et Landon Wilson, le Suédois a continué à grandir et le voilà aujourd'hui qui entre au Temple de la renommée ironiquement en même temps que son ex-capitaine Joe Sakic.

«Je suis content pour lui, je suis content qu'il ait pu s'épanouir davantage ailleurs, a dit Lacroix. Mais il était impossible pour nous de garder ces trois gars-là [Sundin, Sakic et Peter Forsberg]. Trois joueurs qui doivent jouer chacun 25 minutes par match ne peuvent demeurer dans le même club. Je suis allé voir les dirigeants de la Ligue afin qu'ils fassent passer la durée des matchs de 60 à 85 minutes, mais ils ont refusé. On a donc échangé Sundin.»

La marche vers la Coupe

Et pour ceux qui s'amusent à dénigrer la transaction, Lacroix réplique très rapidement. «Ça nous a donné Clark et Lefebvre à court terme et en bout de ligne, Uwe Krupp et Claude Lemieux. Ceux qui ont suivi nos premières séries à Denver savent combien ces gars-là ont joué des rôles importants dans notre marche vers la Coupe Stanley.»

Lacroix est ensuite revenu sur son travail de bâtisseur. «La job que j'avais, c'était de prendre nos avoirs, de travailler avec, de les faire fructifier. Au terme de ton mandat, tu regardes le résultat. Il parle par lui-même. Gagner dans un sport d'équipe, c'est trouver le bon mélange d'ingrédients, jumeler les bonnes épices. Moi, je suis plutôt fier de notre grosse décennie (1995-2005). Nous étions toujours là à la fin. Nous avons gagné deux gros trophées et nous sommes passés tellement près à quatre autres reprises. Dont trois défaites lors de septièmes matchs en finale de conférence. Une affaire de pouces à chaque fois.»

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