Expansion de la LNH: les Coyotes d'abord

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Le commissaire de la LNH Gary Bettman

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(Québec) Malgré le lock-out, les rumeurs d'expansion dans la Ligue nationale de hockey (LNH) ont refait surface ces derniers jours, et la ville de Québec était encore une fois mentionnée comme candidate potentielle. Pour le journaliste Jonathon Gatehouse, qui a récemment lancé le livre The instigator: How Gary Bettman Remade the League and Changed the Game Forever, il est clair que la LNH n'envisagera pas cette option avant d'avoir réglé pour de bon le dossier des Coyotes de Phoenix.

Il y a quelques jours, le rédacteur en chef du magazine The Hockey News relançait la machine à rumeurs en affirmant sur le réseau social Twitter qu'il y avait de fortes spéculations selon lesquelles Québec et une seconde équipe à Toronto soient confirmées comme équipes d'expansion dès que le lock-out prendrait fin. La LNH avait toutefois nié l'information quelques jours plus tard.

S'il n'écarte pas le scénario d'une expansion, le Torontois Jonathon Gatehouse estime toutefois que la LNH n'ira pas de l'avant avant d'avoir statué sur l'avenir des Coyotes. «C'est tout simplement impossible d'envisager une expansion tant que ce dossier n'est pas réglé. La LNH ne peut pas accorder immédiatement des franchises à de nouveaux marchés alors qu'elle pourrait avoir besoin de ces marchés pour y déménager les Coyotes. Elle doit se garder une porte de sortie au cas où la vente des Coyotes échouerait», a indiqué le journaliste du magazine Maclean's en entrevue au Soleil.

«Présentement, avec les 50 millions $ que la Ville de Glendale a payés au cours des deux dernières saisons pour garder les Coyotes et les sommes perçues du partage des revenus, les propriétaires des autres équipes de la LNH ne paient pas grand-chose pour cette équipe, même si elle accuse un déficit de 40 millions $ par année. Les conditions changeront si la vente à l'homme d'affaires Greg Jamison ne fonctionne pas», fait-il remarquer.

Peu de marchés potentiels

Selon le journaliste, la LNH commence sérieusement à manquer de marchés potentiels. «Il y a Québec, qui, selon moi, est l'option numéro un de la LNH, puis il y a Seattle, quand son nouvel amphithéâtre sera construit», analyse-t-il, estimant toutefois que Seattle pourrait avoir de la difficulté à faire vivre des équipes des quatre circuits majeurs si la LNH et la NBA y installaient des équipes en même temps.

«Après ça, il y a seulement le sud de l'Ontario comme marché potentiel. Je ne crois pas que Hamilton aura éventuellement une équipe. On entend beaucoup parler de Markham, car c'est là qu'il y a un projet d'amphithéâtre, mais ce pourrait être Kitchener ou Waterloo également», fait-il remarquer.

Le journaliste est toutefois convaincu que, si la LNH décidait d'ajouter une seconde équipe dans le sud de l'Ontario, elle le ferait au moyen d'une expansion. «Dans ce secteur, la Ligue pourrait facilement obtenir de 450 à 500 millions $ pour une équipe d'expansion. Quand on sait que Winnipeg n'a payé qu'une quarantaine de millions de dollars à la LNH pour le transfert des Thrashers d'Atlanta, le calcul n'est pas difficile à faire.»

Gatehouse ne considère pas Kansas City comme une candidate sérieuse malgré son amphithéâtre moderne. «La LNH ne veut pas aller là. Elle aurait pu y aller bien avant, mais elle ne l'a pas fait», fait-il remarquer au sujet de la ville du Missouri.

Il croit également qu'il y a très loin de la coupe aux lèvres pour Hartford, où l'ex-propriétaire des Whalers Howard Baldwin tente de faire rénover le XL Center dans l'espoir d'y ramener une équipe de la LNH, et pour Las Vegas, où «les gens ont arrêté de parler de la LNH, car ils sont incapables de bâtir un amphithéâtre».

Québec en tête

Pour Jonathon Gatehouse, il n'y a vraiment pas de doute que Québec, qu'il connaît bien pour avoir étudié le français à l'Université Laval au début des années 90, constitue présentement le marché le plus intéressant pour la LNH. «C'est le seul marché plausible pour un déménagement d'équipe et le marché numéro un pour une éventuelle expansion.»

«Québec est un bon marché de hockey, le dollar canadien est au pair avec la devise américaine et une équipe à Québec sera rentable. J'ai vu une quinzaine de matchs des Nordiques quand j'étais à Québec. C'était l'époque de Joe Sakic, de Mats Sundin et de Valeri Kamensky, mais l'équipe était vraiment mauvaise et ne gagnait pas souvent. Malgré tout, le Colisée n'était jamais vide», se souvient-il.

Le journaliste est de ceux qui croient que la LNH et Québecor ont déjà réglé les détails d'un éventuel transfert si jamais la vente des Coyotes à Greg Jamison devait échouer. «La LNH ne le dira pas, mais elle doit avoir un plan B. Elle en avait un dans le cas des Thrashers d'Atlanta, qui ont rapidement abouti à Winnipeg.»

«Même si, publiquement, tous disent le contraire, je suis convaincu que M. [Pierre Karl] Péladeau et le maire [Régis] Labeaume ont reçu une certaine forme d'assurance que Québec serait considérée en priorité si un nouvel amphithéâtre était bâti. Dans le cas des Thrashers, c'est clair que [le propriétaire des Jets de Winnipeg] Mark Chipman était à New York avec son stylo, prêt à signer dès que la Ligue s'est aperçue qu'elle ne trouverait pas d'acheteur désireux de garder l'équipe à Atlanta», poursuit-il.

Finalement, si Québec devait plutôt revenir à la LNH par une expansion, M. Gatehouse estime que le coût de la nouvelle franchise avoisinerait les montants pour lesquels des équipes de la LNH ont été vendues récemment, soit entre 180 et 200 millions$.

La fusion des Nordiques

Si les Nordiques de Québec se sont joints à la Ligue nationale de hockey (LNH) à l'occasion d'une fusion avec la défunte Association mondiale de hockey (AMH) en 1979, le regroupement qui a aussi permis aux Oilers d'Edmonton, aux Jets de Winnipeg et aux Whalers de Hartford d'intégrer la grande ligue avait plutôt les allures d'une expansion.

La fusion avait été rejetée une première fois par les propriétaires de la LNH en 1977, puis une seconde fois en 1979 alors que les refus du Canadien de Montréal, des Canucks de Vancouver, des Maple Leafs de Toronto, des Bruins de Boston et des Kings de Los Angeles avaient empêché le regroupement d'obtenir l'aval des deux tiers des propriétaires d'équipes requis.

Les Canucks et le Canadien ont toutefois changé leur fusil d'épaule lors d'un second vote tenu le 22 mars 1979, et les quatre formations de l'AMH ont pu intégrer la LNH la saison suivante moyennant un coût d'entrée de 6 millions$.

Le circuit alors dirigé par John Ziegler n'avait pas fait de cadeau aux anciennes équipes du circuit rival, ne leur permettant de conserver que deux gardiens et deux patineurs, les faisant sélectionner à la toute fin du repêchage et permettant aux autres équipes de la LNH de mettre la main sur des joueurs des équipes de l'AMH sans verser de compensation.

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