Lock-out au hockey: la Suisse en attendant la LNH

L'entraîneur adjoint des Dragons de Fribourg-Gotteron, René Matte,... (Photo courtoisie Michaël Tschopp)

Agrandir

L'entraîneur adjoint des Dragons de Fribourg-Gotteron, René Matte, est d'avis que la venue des joueurs de la LNH dans la LNA fausse la course au championnat.

Photo courtoisie Michaël Tschopp

Partager

(Québec) En raison du lock-out dans la LNH, les joueurs doivent changer leurs habitudes. Pendant que certains font la tournée du Québec, d'autres s'exilent dans la KHL (Russie), la DEL (Allemagne) ou la LNA (Suisse). «Même s'il y a eu des mises sous contrat dans notre ligue, tout le monde est encore un peu prudent», note René Matte, entraîneur adjoint depuis sept ans chez les Dragons de Fribourg-Gotteron.

Le «Hockey Club» de la Ligue nationale A de la Suisse n'a pas enrôlé un hockeyeur de la LNH depuis le début du conflit. Il n'est pas dit que son équipe n'imitera pas ses voisines de Genève-Servette, Berne, Davos, Lugano, Ambri-Piotta et autres formations du deuxième circuit en importance sur le Vieux Continent.

«Pour l'instant, nous sommes satisfaits du rendement de nos joueurs. À Fribourg, on prend les décisions en comité. Si on ajoutait des joueurs et que le lock-out prenait fin dans un mois, ça pourrait saboter notre saison et briser la chimie dans l'équipe. Il vaut mieux attendre pour voir ce qui arrivera», racontait Matte la même journée que Daniel Brière et Claude Giroux, des Flyers de Philadelphie, signaient en Allemagne.

Qu'importe, ses adversaires ont bougé en ce sens. Des gros noms ont joint la LNA, comme Rick Nash, Joe Thornton, John Tavares, Max Pacioretti, Jason Spezza, Patrice Bergeron, Mark Streit, Henrik Zetterberg et Tyler Seguin. Au total, ils sont près d'une vingtaine à avoir opté pour le hockey suisse, dont le calibre serait plus rapide que dans la Ligue américaine, bien que moins physique, selon l'estimation de Matte, un enfant de Val-Bélair qui a fait ses classes dans le midget AAA et la LHJMQ, notamment avec les Remparts de Québec.

«Le hockey a beaucoup progressé en Suisse. Un joueur de la LNH ne peut pas faire la différence à lui seul. Bien sûr, il ajoute quelque chose à ton alignement, mais ce n'est pas comme dans le pee-wee où le meilleur peut prendre la rondelle derrière son filet et aller marquer à l'autre bout en déjouant tout le monde...»

Petite motivation

Deux jours avant notre entretien, Fribourg-Gotteron - qui ne mise sur aucun joueur en lock-out - avait battu Berne 3-1 même si le rival comptait Streit, Tavares et Roman Jusi dans ses rangs.

«Pour nos joueurs, c'est une motivation de se mesurer à des gars de la LNH. Ils veulent montrer qu'ils peuvent les suivre et qu'ils sont capables de joueur contre eux. Il y a deux différences entre eux et les réguliers de la LNA : les gars qui arrivent de la LNH sont grands et gros, mais ils sont aussi des spécialistes dans leur rôle. Nash et Thornton ont amassé sept points à leur premier match, mais on n'entend plus parler d'eux depuis», disait-il, bien que Nash ait été ensuite absent du jeu jusqu'à cette semaine.

Les équipes suisses peuvent aligner quatre «étrangers», mais disposent de huit licences. Lorsque l'on décide d'en réserver une à un patineur de la LNH, ce n'est pas le salaire qui fait réfléchir, puisqu'il est assumé par des «donateurs» dans certains cas, mais bien le montant de l'assurance. «Ça coûte cher pour assurer un contrat de 24 ou 30 millions $, quelque chose comme 50 000$ par mois. Il faut ajouter un salaire de base, un logement et une voiture de location», précisait Matte.

Selon lui, l'arrivée de quelques hockeyeurs du circuit Bettman fausse le championnat de la LNA. Certains clubs ont même effectué des transactions pour leur faire de la place. «Il n'y a pas de règlement qui interdit les échanges élastiques à la Léo-Guy», disait-il avec un clin d'oeil à l'endroit du coloré propriétaire du Titan d'Acadie-Bathurst.

«Tout le monde rêve à Crosby»

Les clubs suisses ne peuvent pas tous se payer de grandes vedettes. Pour un Rick Nash à Davos, il y a un Tyler Innis à Laugnau; pour un Patrice Bergeron à Lugano, on retrouve un Logan Couture à Genève-Servette. «Tout le monde rêve à Sidney Crosby», admet cependant René Matte. Dans le cas du numéro 87 des Penguins de Pittsburgh, il s'agit d'une question à bien plus que 100 000 $. «Comme on le dit en Suisse, ça coûte un saladier pour s'offrir un tel joueur, c'est dispendieux», reconnaît Matte, qui estime que la présence des joueurs de la Ligue nationale de hockey, bien qu'elle bouleverse la protection des «étrangers» déjà établis en Suisse et impose une pression sur les budgets des clubs, se veut un atout pour les fans.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer