«Pour l'instant, je n'ai pas commencé à regarder ailleurs. J'aurais pu le faire lors du lock-out de 2004-2005, car je n'avais pas d'enfants et ça aurait été plus facile d'aller jouer en Europe. Mais maintenant, ça ne me tente pas vraiment de partir pour l'Europe, de voler le poste de quelqu'un là-bas et de laisser tomber mon équipe si le conflit de travail se règle», explique-t-il au bout du fil.
Lors du dernier conflit, l'ailier natif de Sainte-Foy était resté au Québec, participant à la Caravane McDonald's, qui présentait aux quatre coins du Québec des matchs avec des joueurs québécois en lock-out à l'initiative du défenseur Joël Bouchard, maintenant pdg d'une équipe junior, l'Armada de Blainville-Boisbriand.
«Si ça ne se règle pas bientôt, je regarde bien plus pour préparer quelque chose pour présenter des matchs au Québec avec des joueurs de la LNH. Peut-être pas quelque chose d'aussi gros que la Caravane, mais nous sommes une trentaine de gars au total de Québec et de Montréal qui serions intéressés. Nous en avons parlé à mon tournoi de golf en août», poursuit-il.
Simon Gagné dit ne pas avoir été surpris du déclenchement du lock-out à minuit samedi soir. «Je n'étais pas très, très positif il y a deux ou trois semaines, mais quand même, il y avait des meetings et on espère toujours que ça se règle à la dernière minute», confie-t-il.
«Pour l'instant, j'essaie de voir ça du côté positif. Mes trois derniers étés ont été assez courts, alors ça me donne un peu plus de temps à Québec avec ma famille et mes amis», ajoute-t-il, conscient qu'il lui faudra attendre un peu avant de recevoir sa bague de la Coupe Stanley. «Ça aurait été l'fun de retourner à L.A., avoir nos bagues et voir lever les bannières au Staples Center, mais bon, nous resterons les champions un peu plus longtemps», philosophe-t-il.
Confiance en Fehr
Quant au défenseur Bruno Gervais, du Lightning de Tampa Bay, il pense que le conflit peut se régler rapidement. «J'ai confiance, car je ne vois pas ça comme une guerre. Ce que Don [Fehr, président de l'Association des joueurs de la LNH] amène comme point, c'est justement de sortir du pattern d'un lock-out à chaque fois qu'on a à négocier», commente le natif de Longueuil.
«Je crois encore que les deux parties se rapprochent et j'ai une grande confiance en Don. Il est très calme depuis le début, il laisse ses émotions à la porte quand il va négocier. J'ai beaucoup aimé aller aux réunions et aux négociations. On apprend beaucoup aux côtés de Don», résume-t-il.
La LAH pour les jeunes
Quant aux hockeyeurs plus jeunes, ils amorceront quand même la saison, mais dans la Ligue américaine (LAH). «Je me rapporterai aux Bulldogs de Hamilton dans quelques semaines et je crois que j'aurai la chance de m'améliorer, car le calibre sera très fort dans la Ligue américaine avec la présence de gars comme Jordan Eberle et Ryan Nugent-Hopkins», commente le joueur de centre Louis Leblanc, qui a disputé 42 matchs avec le Canadien de Montréal l'an dernier.
Même plan de match pour l'ex-Remparts Jonathan Audy-Marchessault, qui partira bientôt pour le camp d'entraînement des Falcons de Springfield, club-école des Blue Jackets de Columbus.
«Le lock-out, c'est un peu décevant pour les gars qui frappent à la porte de la LNH. En plus, après la saison que j'ai connue l'an dernier, je pensais bien pouvoir percer cette année. Cependant, c'est juste du business, alors il ne faut pas trop se casser la tête avec ça et continuer à rêver quand même», conclut-il.