Un amphithéâtre multifonctionnel de 18 500 places, construit au coût de 350 millions$US sur un terrain municipal, voisin du centre des congrès, à 15 minutes de marche de l'océan: c'est le projet qui fait jaser ces jours-ci la grande région de Virginia Beach, sur la côte est américaine.
L'échéancier, très serré, prévoit que l'amphithéâtre soit complété en 2015, en même temps que celui de Québec. Et ce, même si le conseil municipal de Virginia Beach ne s'est pas encore prononcé sur la proposition.
Les promoteurs, deux géants du sport et du divertissement, Comcast-Spectator et Live Nation, sont venus expliquer leur plan le 28 août dernier aux conseillers municipaux de Virginia Beach.
Comcast-Spectator est notamment propriétaire des Flyers de Philadelphie et son président, Peter Luuko, siège au bureau des gouverneurs de la Ligue nationale de hockey.
L'entreprise Live Nation, le plus grand producteur de spectacles au monde, a amené Madonna sur les Plaines au début du mois.
Les promoteurs sont venus dire que l'amphithéâtre sera bâti seulement s'ils peuvent signer une entente avec une équipe de la NBA (basketball) ou de la LNH (hockey) pour la déménager en Virginie.
Contrat de 25 ans
Si le projet va de l'avant, les promoteurs proposent un contrat de 25 ans à la Ville de Virginia Beach. Ils s'engagent, durant cette période, à louer l'amphithéâtre et à y produire 200 événements par année, pour attirer 1,4 million de visiteurs. Ils visent un ratio d'un quart de sport professionnel et de trois quarts de spectacles et autres grands événements.
Le conseiller municipal Glenn Davis ne cache pas son enthousiasme pour le projet. Surtout depuis que les promoteurs ont promis de gérer l'amphithéâtre sans frais pour la Ville, que l'aréna soit déficitaire ou profitable.
«Ce sont des joueurs très sérieux, fait-il valoir en entrevue au Soleil. Ils prennent aussi l'engagement d'amener une équipe de sport professionnel.»
Enfin, ajoute le politicien municipal, les gens de la grande région de Virginia Beach pourront aller voir des spectacles ou des matchs de sport sans conduire quatre heures jusqu'à Raleigh (Caroline du Nord) ou trois heures et demie jusqu'à Washington D.C. «Et ça, c'est quand il n'y a pas de trafic!» ajoute Glenn Davis.
Qui payera pour le complexe de 350 millions$? Pas clair encore, reconnaît le conseiller Davis.
Le maire de Virginia Beach, Will Sessoms, a déjà indiqué en entrevue dans les médias locaux que sa ville ne peut financer seule le projet d'amphithéâtre.
«Ce serait sûrement un partenariat public-privé, soumet le conseiller Davis. La Ville pourrait investir les taxes sur les billets et les taxes de vente des restaurants et commerces de l'amphithéâtre pour rembourser la construction.»
L'État de la Virginie, dont le gouverneur appuie le projet, pourrait aussi verser des subventions liées au développement économique.
Le sud-est de la Virginie, avec ses trois millions de citoyens, serait le plus grand marché aux États-Unis sans équipe de sport professionnel.
Le conseil municipal de Virginia Beach votera sur la proposition finale d'amphithéâtre au début novembre.
Pas inquiets
Au cabinet du maire de Québec, Régis Labeaume, on n'était pas au courant du projet d'amphithéâtre de Virginia Beach. Et surtout pas inquiet. «Pour nous, ça ne change rien», estime Paul-Christian Nolin, l'attaché de presse du maire.
Québec n'est pas la seule ville à estimer qu'il y a une fenêtre d'opportunité pour des déménagements d'équipe de hockey, rappelle M. Nolin. «Mais nous, on sera prêt», dit l'attaché de presse.