Cette confiance tient surtout au contenu de la contre-offre que l'Association des joueurs de la LNH (AJLNH), menée par Donald Fehr, a élaborée au cours des dernières semaines. La proposition vise à solidifier les assises financières de la Ligue en instaurant un système de partage des revenus entre les propriétaires, tels qu'il en existe dans les trois autres grands circuits majeurs: la NBA, la NFL et la MLB.
«Les joueurs avaient fait des concessions importantes en 2004. Pourquoi couper encore une fois nos salaires de 24 %, alors que ça n'a rien changé la première fois? On l'a déjà essayé, ça, alors pourquoi ne pas essayer autre chose?» demande le défenseur des Sharks de San Jose, Marc-Édouard Vlasic.
Selon l'attaquant des Flames de Calgary, Alex Tanguay, le compromis proposé par l'Association des joueurs ne manque pas d'originalité et assurera la pérennité des petits marchés de la Ligue.
«Le plan que Donald Fehr a mis en place pour aider toutes les équipes m'impressionne vraiment. [...] Ce qu'on veut, c'est améliorer le partage des revenus, qu'il ne soit pas seulement fait par les joueurs, mais par les propriétaires aussi. C'est ce qui se fait dans les autres ligues. C'est ce qui permet aux Jaguars de Jacksonville d'être aussi compétitifs que les Giants de New York. Au baseball, les Yankees partagent avec les Padres. Au hockey, il va falloir que Toronto partage avec Columbus», affirme Tanguay.
Tanguay croit que les hausses de revenus et de salaires proportionnelles dans la LNH ne justifient pas de nouvelles concessions salariales de la part des joueurs.
«En écoutant M. Bettman à la télévision, la semaine dernière, ça m'a fait un petit peu rire. Il dit que le salaire moyen des joueurs avait augmenté de 40 %, mais les revenus aussi ont augmenté de 40 %! Alors, je ne vois pas où est le problème! C'est sûr que ce sont de gros montants d'argent pour les propriétaires et pour les joueurs. Mais quand on regarde les contrats qui se sont donnés cet été, il faut croire qu'ils en font, de l'argent..» a-t-il laissé entendre, tout en se gardant de parler du faramineux contrat de Shea Weber.
«Pas très sérieux»
Simon Gagné, lui, était un peu moins gêné de le faire! «Ce contrat-là a été approuvé trois jours après que Bettman ait dévoilé son offre, ce qui n'est pas très sérieux... On pensait qu'un cap salarial allait tout régler, que les équipes s'en tiendraient à leur budget, qu'elles ne pourraient pas dépenser autant. Mais on se rend compte que même en baissant nos salaires de 24 %, et en instaurant un cap salarial à 39 millions$, les propriétaires ont trouvé un moyen de contourner», remarque l'ailier gauche des Kings qui, comme tous ses collègues, n'a pas planifié de plan B, à part peut-être cogner à la porte de Patrick Roy, en cas de lock-out.
Ayant déjà vu sa carrière écourtée par un premier lock-out et des blessures, Patrice Bergeron refuse pour sa part de se résigner à un autre conflit de travail. «Des fois, il y a des choses qui se règlent très rapidement. Ça prend une rencontre qui fait avancer les choses, pour que ça aille vite...» a souhaité le no 37 des Bruins.