«Le concept des Coupes du monde a été initié par la Fédération mondiale et il a vu le jour l'année dernière», a expliqué Éric Boudreau, co-directeur du comité organisateur. «La "Fédé" a alors décidé qu'il y aurait deux compétitions du genre en 2012, soit une en République tchèque et une autre au Québec. Et ce qu'il y a de spécial cette année, c'est qu'il n'y a pas de mondiaux. La "Fédé" révise présentement sa manière de faire et il est question que les championnats du monde aient lieu aux deux ans.»
Boudreau a expliqué que contrairement aux Mondiaux, les coupes du monde étaient ouvertes à toutes les équipes désireuses d'y prendre part. «Elles permettent aux formations qui n'ont pas accès aux Championnats du monde parce qu'elles ne sont pas l'équipe nationale de leur pays de prendre de l'expérience. Nous avons ainsi déjà trois formations du Brésil qui se sont inscrites. La Coupe du monde disputée chez nous permettra aussi aux équipes canadiennes et québécoises d'affronter quelques-unes des meilleures formations au monde au lieu de se mesurer entre elles.»
C'est grâce à leurs nombreux contacts au sein de la Fédération internationale que le groupe de passionnés de rafting québécois s'est vu confier l'organisation de la Coupe du monde. La plupart sont d'anciens membres de l'équipe de rafting Stoneham qui a été championne canadienne pendant près de 10 ans et qui s'est signalée sur la scène internationale. Boudreau, qui fut capitaine et entraîneur de cette formation, siège maintenant au conseil d'administration de la Fédération internationale. Il est aussi directeur du comité qui est en charge des règlements des juges de la fédération.
Boudreau a expliqué qu'en raison de la crise économique en Europe, plusieurs équipes du Vieux-Continent auraient décidé de se concentrer sur la Coupe du monde qui se tiendra en République Tchèque. La Slovaquie sera cependant de la partie. Le comité organisateur espère accueillir 300 athlètes.
Formations attendues
«Nous devrions avoir une quinzaine d'équipes du Canada, en plus de formations des États-Unis. Et outre le Brésil, il y a aussi le Costa Rica qui a confirmé sa participation. Mais c'est encore tôt. Le rafting est un milieu où les gens ne sont pas toujours d'avance. On pourrait recevoir d'autres confirmations au cours des prochaines semaines.»
La Coupe du monde sera présentée du 19 au 24 septembre. Les premières épreuves seront disputées au Saguenay. Quant à la descente et aux cérémonies de clôture, elles auront lieu à Stohenam-et-Tewksbury pendant la fin de semaine.
Selon Boudreau, l'évènement pourrait être le prélude à la venue au Québec de la crème de la crème du rafting mondial.
«La présentation de la Coupe du monde est l'étape ultime avant la présentation des Championnats du monde, une compétition tenue sur 10 jours qui regroupe près de 500 athlètes et 40 pays. Pour nous, l'organisation de la Coupe du monde se veut un test qui nous dira si on peut faire une demande pour présenter les mondiaux et qui indiquera à la fédé si nous sommes capables d'organiser l'événement.»
Un avantage pour la formation nationale?
Membre du comité organisateur de la Coupe du monde de rafting, Annie Bergevin fait aussi partie de l'équipe canadienne qui compétitionnera lors de l'évènement tenu en sol québécois. La formation nationale s'entraînant sur la Jacques-Cartier pourrait-elle avoir un avantage sur ses rivales?
«Au niveau de la descente, on connaît bien les lignes et les passages à tous les niveaux, a expliqué Annie. Mais ce n'est pas le cas lors des sprints, des confrontations et du slalom. On ne peut pas savoir quel sera le tracé avant la compétition. De plus, le rafting est un sport où l'on ne peut pas avoir beaucoup de contrôle. Il y a toujours un petit quelque chose qui peut déstabiliser ton embarcation.
«Oui, au niveau de la descente on pourrait avoir un avantage, mais pour ce qui est des autres épreuves, le parcours va être nouveau pour tout le monde. Mais c'est certain que ça va être un privilège et un beau moment pour nous de compétitionner chez nous devant nos parents et amis», a conclu Annie, membre de la formation nationale depuis 2005 et avec laquelle a gagné un titre mondial en 2009 en Bosnie.