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Pierre Harvey aux Jeux olympiques de Montréal en 1976
Archives Le Soleil
(Québec) Alors que les Jeux olympiques de Londres prennent leur envol, Le Soleil plonge dans les souvenirs d'anciens athlètes de la région de Québec pour comprendre la fébrilité entourant le coup d'envoi du plus grand rendez-vous sportif de la planète.
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Pierre Harvey
Le Soleil, Pascal Ratthé
Pierre Harvey: ouverture aux autres
Participations olympiques: Montréal (1976), Moscou (1980), Sarajevo et Los Angeles (1984) et Calgary (1988)
Discipline: cyclisme et ski de fond
Pierre Harvey avait l'habitude des grandes compétitions internationales. Mais en foulant le plancher du stade olympique montréalais en 1976, le cycliste a eu un choc. Il voyait, d'un simple coup d'oeil, toute la planète sport.
«Mon plus grand souvenir des Jeux olympiques, c'est dans la cafétéria aux Jeux olympiques à Montréal!» lance l'ancien compétiteur en ski de fond et vélo. «Être assis en train de dîner avec cinq autres cyclistes autour de la table, et là, regarder entrer l'équipe de basket de tel pays, les avironneurs, les lutteurs, les haltérophiles, les filles qui font le saut en hauteur, la haie. Tu n'es pas habitué de voir ça! Eh, c'est lui, tel joueur de l'équipe d'Italie. Tabarouette! C'est l'impression de tout voir ça. Ça n'arrive jamais!»
Admirer les grands de ce monde
Les rendez-vous sportifs sous les anneaux olympiques ont été pour Pierre Harvey l'occasion d'admirer les grands de ce monde, toutes disciplines confondues. «Tu vois les meilleurs athlètes de tous les sports au monde réunis à une place. Là, tu sors de ta bulle. Tu vois le meilleur sprinteur au monde. Tu le vois entrer à la cafétéria et aller dîner. Tu vois le cycliste qui a gagné tel tour, tu vois les gars du Tour de France. Tu vois les meilleurs athlètes de tous les sports au monde réunis à une place. Il n'y a rien qui se compare à ça.»
Le décompte commencera dès ce matin pour bien ces athlètes. Un décompte vers la fin des Jeux et le début d'une pente descendante pour la majorité des participants. «La plupart des athlètes se disent: "Aujourd'hui, je suis avec les meilleurs. Et c'est probablement la dernière fois que ça arrive"», raconte Pierre Harvey.
D'ici là, la nervosité ne prendra pas nécessairement le dessus, assure celui qui a accompli l'exploit de prendre part aux Jeux d'été et d'hiver la même année. «Ceux qui ont des chances de gagner, eux autres, ils ont un petit stress. Mais celui qui est 30e au monde, il sait très bien qu'il ne montera pas sur le podium. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Lui, il va là pour le plaisir d'aller là.»
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Jean Sayegh, qu'on voit ici aux Championnats du monde de natation de 2007, a participé aux Jeux olympiques de Pékin un an plus tard.
Photothèque Le Soleil
Jean Sayegh: frissons du stade
Participation olympique: Pékin (2008)
Discipline: water-polo
L'esprit de Jean Sayegh n'a pas arrêté de vaguer entre Pékin et Londres vendredi soir. L'ancien membre de l'équipe canadienne de water-polo a regardé avec émotion les cérémonies d'ouvertures des Jeux britanniques, retrouvant la conviction qu'il avait vécu un moment unique il y a quatre ans dans la capitale chinoise.
«La cérémonie d'ouverture, tu n'oublies jamais ça», a lancé Jean Sayegh vendredi soir, tout en admirant les prouesses scéniques des Londoniens. «Je n'arrête pas de partir dans la lune en regardant les images», ajoute le joueur de water-polo de Sainte-Foy.
«Dès que tu débarques dans une ville olympique, tu sens quelque chose de spécial. Tu le vois dès l'aéroport, tu le sais que tu es rendu et que c'est là que ça se passe. Mais lorsque tu arrives dans le stade, c'est spécial, c'est vraiment excitant.»
L'athlète a vécu l'expérience chinoise, où la cérémonie d'ouverture avait été saluée partout dans le monde pour sa flamboyance et son envergure sans précédent. De quoi inspirer les athlètes? «Une cérémonie d'ouverture, c'est comme un déclic supplémentaire. C'est une motivation de plus. Ça te rappelle tout ce que tu as fait pour en arriver là, ça te montre que tout ça est bien réel.»
«On dirait que c'était hier»
La musique, le théâtre, les feux d'artifice : les spectacles à grand déploiement en levée de rideaux des Jeux font parfois oublier le sport et l'essence des Jeux. «C'est vrai que tu mets un peu la compétition de côté dans ta tête quand tu vis ça», laisse entendre le poloïste.
Dans les prochains jours, Jean Sayegh compte profiter des Jeux de Londres, même s'il n'arrive pas tout à fait à se glisser dans la peau d'un spectateur. «Comme athlète, tu as l'impression qu'il s'est passé bien des choses depuis les Jeux de Pékin. Mais là, c'est très intense. On dirait que c'était hier. Je me sens comme un athlète.»
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Louis Garneau, qu'on voit ici en 1978, se souviendra toute sa vie de sa participation aux Jeux olympiques de Los Angeles.
Archives Le Soleil
Louis Garneau: un athlète olympique à vie
Participation olympique: Los Angeles (1984)
Discipline: cyclisme
«Dès que tu te rends aux Olympiques, tu demeures un olympien toute ta vie.» La déclaration provient originellement de la plongeuse Sylvie Bernier, mais le cycliste Louis Garneau l'a fait sienne depuis des décennies.
L'homme d'affaires a enfourché son vélo en 1984 aux Jeux de Los Angeles. Il n'a pas connu la plus grande performance de sa carrière, étant victime d'une chute. Mais il n'a jamais oublié son périple aux JO.
«Ce que je retiens des Jeux, c'est que tu restes olympien toute ta vie», raconte celui qui a des anneaux et les couleurs olympiques tatoués sur le corps - au sens propre comme au sens figuré.
«Les tattoos me rappellent que j'ai fait la plus grosse compétition au monde. J'en suis très fier, j'ai été très chanceux et j'en suis très reconnaissant.»
Près de 30 ans plus tard, l'ancien coureur cycliste a encore un peu de difficulté à regarder les cérémonies d'ouverture à la télé.
«Quand tu cours le lendemain, tu ne vas pas à la cérémonie... J'ai vécu pleinement les Jeux, la course, mais j'ai encore un pincement au coeur quand je vois les cérémonies.»
Il dit comprendre les athlètes qui évitent le stade olympique et se concentrent sur leurs compétitions. «Comme athlète, tu veux te mettre dans ta bulle. Tout ce que tu penses, c'est de t'allonger et de te reposer.»
Louis Garneau se rappelle avoir vécu des Jeux très émotifs à Los Angeles. «Pour moi et pour bien d'autres, c'est parfois la fin d'une grande aventure de jeunesse.» Dans son cas, il voyait déjà sa carrière, son monde après le vélo de compétition. «Il n'y a pas que les JO dans la vie, il n'y a pas juste le sport. Je savais que la vie me réservait autre chose.»
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Guylaine Dumont, aux Jeux d'Athènes, en 2004
Photothèque Le Soleil
Guylaine Dumont: au-delà des feux d'artifice
Participation olympique: Athènes (2004)
Discipline: volleyball de plage
Des centaines d'athlètes olympiques ratent tous les deux ans les spectacles à grand déploiement dans les stades. Pour eux, la magie olympique opère ailleurs.
En 2004, Guylaine Dumont n'a pas pu jeter un oeil à la cérémonie d'ouverture préparée soigneusement par les Grecs pendant des années. Comme bien d'autres, elle devait prendre part à une compétition très tôt dans les Jeux et a préféré se concentrer sur l'athlétisme.
«Ça avait été une décision difficile à prendre... À vrai dire, pas vraiment! Parce que pour nous, c'était clair qu'on ne participait pas à la cérémonie d'ouverture. Il faisait chaud à Athènes, c'était risqué de la faire», raconte la joueuse de volleyball de plage.
«Au niveau du symbole des cérémonies d'ouverture, c'est sûr qu'il y a une importance qui est attachée à ça au niveau médiatique. Mais comme athlète, quand on a des objectifs élevés, on va tout de suite dire : on ne les fait pas, les cérémonies», poursuit-elle.
À défaut d'avoir paradé dans les stades, Guylaine Dumont a accompli l'essentiel : prendre part aux Jeux. «Ce qui a été le plus symbolique pour moi, c'est de participer aux Jeux olympiques. Juste le fait d'y être, tout est spécial. Il y a une fébrilité dans l'air, les émotions sont à fleur de peau tout au long des Jeux.»
Rien de comparable
Un sentiment vécu par tous les athlètes olympiques qu'elle a côtoyés. «Il y avait des moments intenses d'émotion que tu vis dans aucune autre compétition internationale. Même si ce sont des championnats du monde, ce n'est pas la même chose. Il y a quelque chose de spécial relié aux Olympiques en soi. Au niveau du symbolisme et de toute l'énergie, ça n'a rien à avoir avec toute autre compétition. J'ai fait les universiades, j'ai fait tous les Jeux pan-am, Commonwealth, les championnats du monde junior, senior. Mais il n'y a rien de comparable!»